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	<title>HISTOIRES D&#039;ALSACE &#187; Schongauer</title>
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	<description>Blog de Gabriel BRAEUNER, historien</description>
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		<title>Hans von Schlettstadt , un peintre mythique ?</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Apr 2020 15:29:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> <a style="text-align: justify;" href="http://www.histoires-alsace.com/hans-von-schlettstadt-un-peintre-mythique/308px-meister_des_frankfurter_paradiesgartleins_001/" rel="attachment wp-att-755"><span style="color: #000000;">A en croire de nombreux historiens et historiens de l’art, il fut un de nos plus grands peintres.  L’équivalent du colmarien Martin Schongauer, mais pour la première moitié du XVe siècle. Probablement originaire de Sélestat. Il est peut être même né, juste à côté, à Dieffenthal. Il apparait à Bâle sous le nom de Hans Tieffenthal à partir de 1418. Pour compliquer le tout, des historiens l’appellent Hans Tieffenthal von Schlettstadt ou simplement Hans von Schlettstadt. Selon l’humeur ou leur embarras. </span></a></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/hans-von-schlettstadt-un-peintre-mythique/308px-meister_des_frankfurter_paradiesgartleins_001/" rel="attachment wp-att-755"><span style="color: #000000;"><img class="alignleft size-full wp-image-755" alt="308px-Meister_des_Frankfurter_Paradiesgärtleins_001" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2020/04/308px-Meister_des_Frankfurter_Paradiesgärtleins_001.jpg" width="308" height="240" /></span></a></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/hans-von-schlettstadt-un-peintre-mythique/308px-meister_des_frankfurter_paradiesgartleins_001/" rel="attachment wp-att-755"><span style="color: #000000;"> </span></a></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/hans-von-schlettstadt-un-peintre-mythique/308px-meister_des_frankfurter_paradiesgartleins_001/" rel="attachment wp-att-755"><span style="color: #000000;">Essayons de le cerner sans décrocher en cours de route  Il y a un Hans Moler qui apparaît dans les document de Sélestat comme propriétaire en 1391. Est-ce le même? Celui de Bâle, qui vient  effectivement de Sélestat, obtient un contrat en 1418 de la part de la grande cité rhénane pour réaliser le décor de la chapelle de l’<i>Elend Kreuz,</i> à <i>Klein Base</i>l sur la rive droite du Rhin. On lui demande de s’inspirer du plafond, un ciel étoilé, de l’église des Chartreux de Champmol en Bourgogne. On sait que la Bourgogne est un foyer artistique important à l’époque. Faire ses classes dans la région est un bagage pour l’avenir. Les Bâlois, qui sont des gens de goût, connaissent les bonnes adresses. Ils utilisent également les bons peintres et Hans von Schlettstadt l’est incontestablement. On le tient en haute estime. La ville le charge alors de refaire le grand tableau surmontant l’entrée de la cité  par le pont du Rhin. Travail qui lui vaut le droit de Bourgeoisie à titre gracieux. </span></a></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/hans-von-schlettstadt-un-peintre-mythique/308px-meister_des_frankfurter_paradiesgartleins_001/" rel="attachment wp-att-755"><span style="color: #000000;"> </span></a></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/hans-von-schlettstadt-un-peintre-mythique/308px-meister_des_frankfurter_paradiesgartleins_001/" rel="attachment wp-att-755"><span style="color: #000000;">Même dans la grande ville de Bâle, un Sélestadien reste un Sélestadien. La <i>Heimweh </i>le fait revenir dans sa ville natale. Il vend sa maison de Bâle en 1423 et revient au bercail. L’année suivante, il construit une maison au <i>Wafflerhof</i> face à l’hôtel de ville de Sélestat. Dix ans plus tard, Hans von Schlettstatt entame une carrière strasbourgeoise, autre tentation sélestadienne récurrente. En 1433, il habite une maison dite du<i> Kirschbaum</i>, rue des orfèvres à Strasbourg, tout près de la cathédrale, enfin en voie d’achèvement. Il deviendra même membre du conseil de la ville en 1444. En sa qualité de maître, il dirige un atelier et emploie des collaborateurs dont le futur peintre Jost Haller. Mais au fait, est ce toujours le même Hans von Schlettstatt ? Un fils, de même nom, ne se serait-il pas glissé dans cette édifiante histoire? Au même moment, dans les documents strasbourgeois apparaît, en outre, un Hans von Schlettstatt, orfèvre de son état, qui se rend à Metz. C’est qui lui ? Le même ? Après tout, Schongauer, un peu plus tard était lui  aussi issu d’un milieu d’orfèvres. On finit par perdre sa trace. Heureusement d’ailleurs, sinon Schongauer aurait pu craindre la concurrence.</span></a></span></p>
<p style="text-align: justify;"><b><i>On ne prête qu’aux riches </i></b></p>
<p style="text-align: justify;"> Hans von Schlettsadt, à la biographie incertaine, laisse une oeuvre considérable. D’autant plus importante qu’aucune ne peut lui être attribuée de façon … certaine ! L’oeuvre bâloise, seule, est incontestable. Et c’est elle qui est à l’origine des toutes les attributions ultérieures. Car ce voyage en Bourgogne interroge. Il confère à l’intéressé une aura artistique. Ses pérégrinations sélestadienne et strasbourgeoise, par la suite, en font un propagateur artistique idéal. En Alsace d’abord, mais bien plus loin, dans le Rhin supérieur, notre <i>Oberrhein</i> qui produira une foule d’artistes.</p>
<p style="text-align: justify;">Goûtons notre plaisir. On lui attribua le fameux <i>Paradisgaertlein</i>, vers 1420, aujourd’hui conservé à Francfort (voir la vignette introductive). Un peinture délicate et fondatrice « Dans un jardin clos d’un muret crénelé, la Vierge est assise lisant tandis que l’enfant Jésus s’essaye au jeu du psaltérion et qu’un ange s’entretient avec deux jouvenceaux parmi des arbres, de oiseaux et des fleurs aux significations symboliques » (Victor Beyer). Les historiens de l’art, s’appuyant sur des considérations stylistiques objectives, ont été frappé par le caractère alsacien voire strasbourgeois de cette peinture. L’intimité poétique se mêlant au détail prosaïque, dans la droite ligne d’une inspiration mystique bien rhénane.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà que dans la foulée, le tout aussi charmant tableau de la « Vierge au fraisier » de Soleure pourrait également lui être attribué et, pour faire bonne mesure, les panneaux du couvent de Saint-Marc à Strasbourg, dépôt des Hospices Civils au musée de l’oeuvre Notre Dame de Strasbourg : « le doute de Joseph et « le bain de l’enfant » On y décèle même des influences françaises et italiennes, de l’école de Sienne notamment. Et pour que notre joie sélestadienne soit complète, on en fait également l’auteur de certains vitraux du choeur de l’église paroissiale Saint-Georges ; celles toujours existantes, illustrant la légende de sainte Catherine et l’histoire de l’empereur Constantin et de sa mère Hélène. On en profite également pour lui attribuer la paternité de  quelques vitraux de la collégiale de Thann.</p>
<p style="text-align: justify;">Quel beau destin que celui de Hans von Schlettstadt qui continue de nous interpeller et qui fut fort utile aux historiens de l’art, il n’y a pas si longtemps Aujourd’hui, on aurait tendance, à la suite de Philippe Lorentz qui enseigne à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, de penser  que « le » Hans Tieffenthal que l’on fait travailler successivement à Bâle, Sélestat et Strasbourg a été forgé par l’historiographie du XIX e siècle en quête d’un artiste susceptible d’égaler la grandeur d’un  Schongauer pendant la première moitié du XVIe siècle ». Une petite rivalité avec Colmar ? On se disait bien…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Pour en savoir plus :</em></strong></p>
<p>Dictionnaire historique Suisse : Notice Hans Heinrich Tieffenthal.<br />
Nouveau Dictionnaire de Biographie alsacienne : notice Hans von Schlettstadt.<br />
Victor Beyer, 2000 ans d’art en Alsace, Oberlin, 1999.<br />
Philippe Lorentz, Strasbourg 1400, un foyer d’art dans l’Europe gothique, catalogue de l’exposition tenue à l’ouvre Notre Dame du 28 mars au 8 juillet 2008, Strasbourg, 2008.<br />
Philippe Lorentz, Histoire de l’art du Moyen-Age occidental, Annuaire de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, 140, 2009.</p>
<p><em><strong>Gabriel Braeuner</strong></em>, DNA Sélestat, 14 décembre 2019, Hans von Schlettstadt, rubrique  :Ces hommes et ces femmes qui ont fait l&rsquo;histoire de Sélestat</p>
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		<title>La miraculeuse rencontre  entre Martin  Schongauer et Matthias Grunewald en l&#8217;église des Dominicains de Colmar</title>
		<link>https://www.histoires-alsace.com/444/</link>
		<comments>https://www.histoires-alsace.com/444/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 18 Aug 2015 16:56:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[  Rencontre longtemps jugée impossible et pourtant réelle que celle de la Vierge au buisson de roses et du retable d’Issenheim. Par le biais -la grâce devrait-on écrire -de travaux d’agrandissement  du musée d’Unterlinden  à Colmar qui conduisit la première &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/444/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Rencontre longtemps jugée impossible et pourtant réelle que celle de la Vierge au buisson de roses et du retable d’Issenheim. Par le biais -la grâce devrait-on écrire -de travaux d’agrandissement  du musée d’Unterlinden  à Colmar qui conduisit la première à accueillir le second, chez elle, en l’église des dominicains de Colmar. Matthias dit Grünewald, dont on sait peu, y rencontra enfin Martin Schongauer, dont on sait davantage. Ils ne s’étaient jamais croisés jusque-là. Schongauer avait peint son œuvre maitresse, la Vierge au buisson de roses, à la fleur de l’âge, en 1473 ; Grünewald conçut son immense retable vers 1515-1517. Le « beau Martin » était mort depuis longtemps, victime de la peste en 1491. Aux Dominicains de Colmar, ils se font face. Dans un dialogue unique et poignant où la Vierge au buisson de roses  est confrontée  à  la crucifixion de Grünewald.<br />
On la connait cette dame qui n’a plus vingt ans depuis longtemps, le regard absent, perdu au loin, dont se détourne le charmant bambin. On la connait cette vierge monumentale, entourée d’un parterre de fleurs, le regard triste, fixant un horizon incertain dont elle pressent qu’il sera douloureux. Mais là on sait, on découvre avec elle, en même temps qu’elle, cette horrible vision, ce futur qu’elle voit désormais dans toute son horreur : la crucifixion de sa chair et sa propre pâmoison. Elle est là, au pied de la croix, de blanc vêtue, soutenue par Jean le disciple que son fils aimait. Elle est là, en train de défaillir, pâle, exsangue même, voyant l’immense corps de son fils se tordre de douleur sur le bois de l’infamie. Figure immense d’un christ souffrant qui va rendre l’âme, qui pourtant se bat encore alors qu’elle a renoncé depuis longtemps, comme l’humble servante qu’elle a toujours été. Jamais on ne représenta ainsi l’horreur du supplice de la croix. Un corps immense, vert comme un cadavre, qui se tordant de douleur tord en même temps le bois de la croix. Un corps trop grand fait pour attirer le regard dans une sorte de fascination morbide, n’eût été cette présence anachronique d’un géant hirsute qui d’un doigt proéminent le désigne en disant : Il importe qu’il grandisse et que moi par contre je diminue. Parole de Jean-Baptiste, dernier prophète de l’Ancien Testament, qui s’efface après avoir montré le chemin. Mais elle, Marie, ne voit que son fils, souffrant et mourant, elle ne voit qu’un homme qui va rendre l’âme. Qu’elle soit au pied de la croix, ou entourée de son massif de roses, là juste en face, elle ne voit que cela, l’obscurité du Golgotha, soit l’irrémédiable fin de son fils devenu homme, pleinement homme, uniquement homme ?<br />
Elle ne voit pas encore, de l’autre coté. Cet autre coté, cet autre panneau de Grünewald, où lumière dans la nuit, dans une enveloppe éthérée qui n’est plus un corps, son fils triomphe de la mort, ressuscité et transfiguré, s’élevant au dessus des gardes du tombeau atterrés. Qui, hormis Grünewald, nous restitua avec une telle force la radicalité de ce mystère ?  Sans la Vierge de Schongauer, l’aurions-nous éprouvée avec une telle intensité ? N’est-ce pas là le miracle de cette confrontation éphémère de deux œuvres réunies fortuitement pour le plus grand bonheur des visiteurs qui eurent la fortune d’en être les témoins.</p>
<p style="text-align: justify;">Gabriel Braeuner, mars 2015</p>
<p style="text-align: justify;"> publié dans les Annales 2015 se l&rsquo;Académie des Sciences, Lettres et Arts d&rsquo;Alsace</p>
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		<pubDate>Tue, 18 Aug 2015 16:49:06 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>La miraculeuse rencontre de Martin Schongauer et de Matthias Grünewald en l&rsquo;église des Dominicains de Colmar.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Rencontre longtemps jugée impossible et pourtant réelle que celle de la Vierge au buisson de roses et du retable d’Issenheim. Par le biais -la grâce devrait-on écrire -de travaux d’agrandissement  du musée d’Unterlinden  à Colmar qui conduisit la première à accueillir le second, chez elle, en l’église des dominicains de Colmar. Matthias dit Grünewald, dont on sait peu, y rencontra enfin Martin Schongauer, dont on sait davantage. Ils ne s’étaient jamais croisés jusque-là. Schongauer avait peint son œuvre maitresse, la Vierge au buisson de roses, à la fleur de l’âge, en 1473 ; Grünewald conçut son immense retable vers 1515-1517. Le « beau Martin » était mort depuis longtemps, victime de la peste en 1491. Aux Dominicains de Colmar, ils se font face. Dans un dialogue unique et poignant où la Vierge au buisson de roses  est confrontée  à  la crucifixion de Grünewald.<br />
On la connait cette dame qui n’a plus vingt ans depuis longtemps, le regard absent, perdu au loin, dont se détourne le charmant bambin. On la connait cette vierge monumentale, entourée d’un parterre de fleurs, le regard triste, fixant un horizon incertain dont elle pressent qu’il sera douloureux. Mais là on sait, on découvre avec elle, en même temps qu’elle, cette horrible vision, ce futur qu’elle voit désormais dans toute son horreur : la crucifixion de sa chair et sa propre pâmoison. Elle est là, au pied de la croix, de blanc vêtue, soutenue par Jean le disciple que son fils aimait. Elle est là, en train de défaillir, pâle, exsangue même, voyant l’immense corps de son fils se tordre de douleur sur le bois de l’infamie. Figure immense d’un christ souffrant qui va rendre l’âme, qui pourtant se bat encore alors qu’elle a renoncé depuis longtemps, comme l’humble servante qu’elle a toujours été. Jamais on ne représenta ainsi l’horreur du supplice de la croix. Un corps immense, vert comme un cadavre, qui se tordant de douleur tord en même temps le bois de la croix. Un corps trop grand fait pour attirer le regard dans une sorte de fascination morbide, n’eût été cette présence anachronique d’un géant hirsute qui d’un doigt proéminent le désigne en disant : Il importe qu’il grandisse et que moi par contre je diminue. Parole de Jean-Baptiste, dernier prophète de l’Ancien Testament, qui s’efface après avoir montré le chemin. Mais elle, Marie, ne voit que son fils, souffrant et mourant, elle ne voit qu’un homme qui va rendre l’âme. Qu’elle soit au pied de la croix, ou entourée de son massif de roses, là juste en face, elle ne voit que cela, l’obscurité du Golgotha, soit l’irrémédiable fin de son fils devenu homme, pleinement homme, uniquement homme ?<br />
Elle ne voit pas encore, de l’autre coté. Cet autre coté, cet autre panneau de Grünewald, où lumière dans la nuit, dans une enveloppe éthérée qui n’est plus un corps, son fils triomphe de la mort, ressuscité et transfiguré, s’élevant au dessus des gardes du tombeau atterrés. Qui, hormis Grünewald, nous restitua avec une telle force la radicalité de ce mystère ?  Sans la Vierge de Schongauer, l’aurions-nous éprouvée avec une telle intensité ? N’est-ce pas là le miracle de cette confrontation éphémère de deux œuvres réunies fortuitement pour le plus grand bonheur des visiteurs qui eurent la fortune d’en être les témoins.</p>
<p style="text-align: justify;">Gabriel Braeuner, mars 2015</p>
<p style="text-align: justify;">publié ans les Annales 2015 de l&rsquo;Académie des Sciences, Lettres et Arts d&rsquo;Alsace</p>
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		<title>Portraits de femmes</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Dec 2012 20:56:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il s’agit de trois visages. De trois visages de femmes.  Des femmes du temps de Schongauer et de Grünewald. Ici à Colmar, chez les dominicains et chez les dominicaines d’Unterlinden, leurs voisines de l’autre côté de la rue. Regard croisé &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/portraits-de-femmes/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Il s’agit de trois visages. De trois visages de femmes.  Des femmes du temps de Schongauer et de Grünewald. Ici à Colmar, chez les dominicains et chez les dominicaines d’Unterlinden, leurs voisines de l’autre côté de la rue. Regard croisé sur une galerie de portraits qui n’a pas d’équivalent en Alsace. Des portraits de la Vierge, donc de toutes les femmes. Aux différents âges de sa vie, de leurs vies : jeune fille, mère et vieille enfin. Trois visages qui se suivent, s’enrichissent et se complètent. Trois visages pour nous approcher d’un mystère : celui d’un féminin qui serait éternel.<br />
Il s’agit des visages de Marie, bien sûr. Mais d’une Marie qui ne serait ni vierge, ni reine. Ce n’est pas l’icône que nous avons choisie mais l’incarnée. Il n’y a là nul blasphème, nulle provocation. Mais une dévotion qui serait profane, une prière sans liturgie, un hommage qui ne serait pas (encore) une action de grâce.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Révoltée</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Que diable ce grand escogriffe est-il venu faire dans son cabinet de prière ? Elle était là agenouillée, orante, ne s’attendant à rien. Et voilà qu’il est entré avec une violence inouïe, rompant brutalement la quiétude du lieu. On serait surprise à moins. Elle, elle en est toute retournée. Les bras lui en tombent.  Le livre de prière, devant elle, aussi. Elle avait enfin trouvé à se concentrer un peu. Il n’est pas facile pour une adolescente de vaquer longtemps à la prière. Son esprit se disperse rapidement, l’imagination lui joue mille tours. Voilà qu’elle rêvasse, d’un rêve à l’autre, éveillée.<br />
Elle avait enfin trouvé ce calme intérieur, ce repos de l’esprit et des sens dont elle avait besoin pour s’adonner à la prière véritable. Et voilà que cet individu, ce grand dadais de Gabriel, par son entrée aussi violente qu’inopinée, rompt le charme. Tout est à refaire. Elle est en colère, elle lui en veut. Elle lui lance un de ces regards noirs, qui ailleurs et en d’autres temps aurait fait fuir l’ange messager, fût il archange.<br />
Elle fulmine, elle enrage. Le rouge au front et sur les pommettes, la lèvre épaisse et boudeuse, elle a le courroux de l’enfant qu’elle est encore. Petite paysanne mal dégrossie, pas vraiment jolie, affublée d’un double menton qui ne l’avantage guère. La coquetterie n’est pas son souci. Elle ne pense pas encore à séduire. Si elle le pouvait, elle se précipiterait sur lui avec une violence identique à la sienne et lui règlerait son compte. Dans une bagarre comme font les garçons et les filles de s<a href="http://www.histoires-alsace.com/portraits-de-femmes/grunewald-annonciation/" rel="attachment wp-att-41"><img class="size-full wp-image-41 alignright" alt="Grunewald, annonciation" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2012/12/Grunewald-annonciation.jpg" width="176" height="172" /></a>on âge.<br />
Oui, elle est en colère. Celle-ci est sur le point d’éclater. On sent qu’elle a envie de tout envoyer promener.<br />
Mais elle est déjà dans la situation où tout se joue, où se scelle un destin. Elle est dans l’instant où tout reste possible, cette fraction de seconde où elle peut encore dire non mais où déjà cependant elle acquiesce. Tout paraît ouvert et tout cependant est joué.<br />
Malgré son irritation, ce dernier soubresaut de son enfance, elle a fini par consentir. Avait-elle le choix ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mélancolique</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/portraits-de-femmes/vierge-au-buisson-de-roses/" rel="attachment wp-att-42"><img class="alignleft size-full wp-image-42" alt="Vierge au buisson de roses" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2012/12/Vierge-au-buisson-de-roses.jpg" width="330" height="491" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Elle a beau être couronnée, d’une couronne bien trop grande pour elle que portent de sombres angelots; elle a beau donner l’impression d’avoir trouvé le calme dans ce jardin clos où rien ne semble devoir la troubler; elle a beau habiter de son élégante présence ce Paradisgärtlein, où au milieu de buissons de roses pépient une foule d’oiseaux; elle a beau, tendrement maternelle, porter dans ses bras le plus charmant des bambins, elle est bien mélancolique notre dame.<br />
Sur son fin visage, se lit une insondable tristesse. Cette femme-là n’a plus vingt ans. Aux commissures des paupières, quelques rides déjà apparaissent. Le temps est allé vite pour elle. Trop vite !<br />
Pourtant l’annonce qui lui fut faite, c’était hier à peine. Aujourd’hui elle n’est plus l’insouciante jeune fille qui obtempéra au message de l’archange. Son regard s’est perdu au loin, au très loin. Comme si elle se projetait dans un avenir qui aurait la noirceur de la nuit du Golgotha. Le délicieux enfant qu’elle porte n’arrive pas à la distraire. D’ailleurs leurs regards divergent. S’éloignent-ils déjà l’un de l’autre ?<br />
La dame est belle encore, mais d’une beauté fragile. Les traits de son visage effilé sont délicats tout comme ses longues mains qui effleurent plus qu’ils ne soutiennent le nouveau-né.<br />
Elle n’est pas d’ici. Elle n’est pas rhénane. Elle n’a pas la corpulence ni la solidité de nos paysannes. Elle n’est pas une fille de la glèbe. Elle a l’altière silhouette des filles de la ville. D’une ville du nord probablement, flamande peut-être ?<br />
Elle est lasse. Cette couronne n’est pas fait pour elle. Elle ne se voit pas reine des cieux. Elle n’est pas mue aujourd’hui par cette espérance et l’orgueil n’est pas son péché. Elle n’est que femme et mère inquiète. Elle ne sait pas de quoi demain sera fait. Elle ne l’a jamais su. Elle s’est laissée porter par les événements. Elle n’a pas, elle n’a jamais su dire non. Elle est une humble servante, elle l’a toujours été.<br />
Elle est une femme parmi toutes les femmes. Humaine, tendrement et douloureusement humaine.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Endeuillée</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/portraits-de-femmes/grunewald-vierge-crucifixion/" rel="attachment wp-att-43"><img class="alignleft size-full wp-image-43" alt="grunewald, vierge, crucifixion" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2012/12/grunewald-vierge-crucifixion.jpg" width="160" height="314" /></a>Ce n’est pas un visage, ce n’est plus son visage. C’est un masque, un masque mortuaire. Au pied de la croix, dans les bras de Jean qui la soutient, elle n’est plus qu’un gisant. Elle tombe en pâmoison mais n’est-elle pas morte déjà?<br />
En face d’elle, son fils agonise sur le bois de l’ignominie. Il se tord de douleur. Ses mains et ses pieds se crispent. Il lutte encore alors qu’elle, déjà, ne réagit plus. A croire que c’est Marie la trépassée. Yeux clos, bouche fermée, elle est livide. La couleur de son visage se confond avec le voile qu’elle porte sur la tête. Ce voile est plus qu’un voile. Il recouvre tout son corps. C’est un linceul. Celui qui, tout à l’heure, recouvrira le corps se son fils.<br />
La vie l’a abandonnée. Que reste-t-il des traits de la jeune fille replète qui tenta de résister à l’ange ?  Où est le charme troublant de la noble dame mélancolique surprise dans le jardin clos où les buissons étaient de roses.<br />
Ses lèvres ont la couleur bleue des lèvres des cadavres. Ses mains seules semblent encore vouloir bouger. Elles sont comme l’ultime réceptacle d’une vie qui la fuit. Mais à la différence de celles de Marie-Madeleine qui les tend ostensiblement devant elle, dans l’attente d’un impossible miracle, les siennes n’expriment plus que la résignation et l’abandon, sa soumission à une volonté qui n’est pas la sienne. Quand Marie-Madeleine implore encore, Marie déjà se soumet. Comme elle l’a toujours fait. Depuis ce jour lointain, il y a plus de trente-trois ans, quand un violent archange la subvertit.<br />
Elle est arrivée au bout du chemin. Au bout d’un voyage que, vision fugace, elle entrevit un jour, quand, en son jardin, son regard se détourna de celui de son fils.<br />
Tout semble accompli. Aujourd’hui comme hier, elle n’a pas la force d’affronter le regard du crucifié. Elle se meurt dans les bras de Jean qui, pathétique, la regarde partir comme un fils regarderait mourir sa mère.<br />
Aujourd’hui pas davantage qu’hier, elle n’est reine. Aucun nimbe ne l’illumine, aucune auréole ne la couronne. Elle est dépourvue du moindre attribut divin. Elle est restée l’humble servante.<br />
Décharnée, dépouillée, meurtrie et souffrante. Autant que son fils, au même moment, mais autrement, elle est fille de l’humanité.</p>
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