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	<title>HISTOIRES D&#039;ALSACE &#187; Moyen-âge</title>
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		<title>Sainte Odile et Sélestat</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Apr 2020 09:49:39 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La sainte la plus vénérée d’Alsace est particulièrement présente à Sélestat. Elle apparaît sur les vitraux de deux de nos églises, Sainte -Foy et Saint-Georges. Une statue en pleine ville de même que le nom d’une rue lui sont consacrés. &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/sainte-odile-et-selestat/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La sainte la plus vénérée d’Alsace est particulièrement présente à Sélestat. Elle apparaît sur les vitraux de deux de nos églises, Sainte -Foy et Saint-Georges. Une statue en pleine ville de même que le nom d’une rue lui sont consacrés. Sa vie comme sa légende s’inscrivent dans les balbutiements de l’histoire de notre province. Elle qui vécut au temps lointain des mérovingiens, n’a rien perdu de sa popularité.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><b><i>Sainte Odile , patronne de l’Alsace </i></b></p>
<p style="text-align: justify;"> <a href="http://www.histoires-alsace.com/sainte-odile-et-selestat/download-6/" rel="attachment wp-att-798"><img class="alignleft size-full wp-image-798" alt="download" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2020/04/download3.jpg" width="180" height="280" /></a>Elle notre sainte la plus connue. Canonisée par Léon IX, notre seul pape alsacien, qui occupa le trône pontifical de 1048 à 1054. Qui ne connaît Odile en Alsace dont elle est devenue la sainte patronne depuis … 1946 ! Présente depuis longtemps et particulièrement persévérante. En réalité, on sait très peu de choses sur sa vie. La légende ou les histoires arrangées la concernant sont plus importantes que sa biographie. Notre Alsacienne à vécu à l’époque mérovingienne. Elle est la fille du duc Etichon ou Adalric qui gouverna l’Alsace. Née vers 660, elle mourut en 720. Elle fut l’abbesse du couvent de Hohenburg que son père avait fondé. Le reste n’est que littérature ou récit hagiographique. D’ailleurs, sa vie ne fut écrite que 200 ans après sa mort. On eut le temps de l’embellir. Nous avons tous entendu parler de la noire colère de son père qui attendait de son épouse Bereswinde, un héritier mâle, quand Odile vint au monde. Quand il apprit, en outre qu’elle était aveugle, il se sentit humilié et chercha à la tuer. Sa mère réussit à préserver sa vie en l’éloignant. Elle fut élevée au monastère de Palme qu’on identifie parfois avec Baume-les-Dames. Elle recouvra la vue : Odile ne signifie-t-il pas «  fille de la lumière »? Elle finit par se réconcilier avec son père qu’il lui confia son château transformé en monastère. Mais la Hohenburg était difficilement accessible aux fidèles et pèlerins. L’abbesse Odile fit construire un second établissement un peu plus loin, le monastère d’en bas, appelé « Niedermünster.»</p>
<p style="text-align: justify;"> Difficile de démêler l’écheveau de la légende de celle de l’histoire. Mais le fait est que sa mémoire fut préservée. Le Mont-Saint-Odile est connu bien au delà nos frontières. C’est un peu notre montagne sacrée, un lieu ou souffle l’esprit. Toutes les aspirations politiques, culturelles et religieuse de la province se sont focalisées sur lui. Avant Odile, le mur païen déjà. Depuis Odile, des communautés de moniales attentives à l’accueil des pèlerins et des déshérités. Aujourd’hui encore, on s’y relaie pour la <i>laus perennis</i>, cette prière qui jamais ne cesse. Pendant la première guerre mondiale, on publia même un texte latin apocryphe connu sous le nom de <i>La prophétie de sainte Odile</i>. On le réemploya durant la seconde guerre. Il avait le bon goût d’annoncer, à chaque fois, la chute de la belliqueuse Allemagne. Odile avait toujours protégé l’Alsace. Et en parfait petit soldat, elle servit encore.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><b><i>Sainte Odile à Sélestat</i></b></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/sainte-odile-et-selestat/images-5/" rel="attachment wp-att-799"><img class="alignleft size-full wp-image-799" alt="images" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2020/04/images2.jpg" width="194" height="259" /></a> Odile n’a pas de lien étroit avec notre ville. Elle n’en est pas moins présente. Il est vrai qu’en tant que sainte patronne de l’Alsace pour les catholiques, Sélestat fait également  partie… de son diocèse. Une rue importante, une des plus longues de la ville, lui est consacrée depuis les années trente. Un axe nord-sud qui longe  approximativement la ligne du chemin de fer.</p>
<p style="text-align: justify;"> Vous l’avez tous vu,  au moins une fois, sur la place du Marché Vert à l’angle d’un édifice commercial. Elle semble veiller sur nous sans que nous la voyons immédiatement. Nous avons oublié de lever les yeux. Elle porte les siens sur un livre ouvert.C’est comme cela que nous la reconnaissons. C’est sa marque identitaire, son attribut de sainteté. Née aveugle, elle  a retrouvé la foi par le baptême.</p>
<p style="text-align: justify;"> C’est avec les mêmes attributs qu’elle figure sur le vitrail du croisillon nord de l’église Sainte Foy. Elle se trouve à côté de saint Léon IX, celui la même qui la canonisa dans son court pontificat. Léon, en réalité Bruno d’Eguisheim qui avait été évêque de Toul et qui fut  l’oncle de Hildegard de Buren, avait vécu au XIe siècle. Odile, trois siècles plutôt. Entre les lieux une belle filiation qui narre les balbutiements de l’histoire de l’église d’Alsace. Qu’ils soient réunis tous deux dans une église à Sélestat est naturel</p>
<p style="text-align: justify;"> Nous présentons  par ailleurs  le beau vitrail contemporain dédié à la vie de sainte Odile  dans le choeur de l’église Saint-Georges.  Sait-on  qu’on la retrouve enfin, indirectement, à travers la mention en latin  de ses parents, Adalric et Bereswinde, sur le portail officiel, rue du Sel, de l’hôtel d’Ebersmünster.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Le vitrail d&rsquo;Odile </strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/sainte-odile-et-selestat/img_7444/" rel="attachment wp-att-800"><img class="alignleft size-full wp-image-800" alt="IMG_7444" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2020/04/IMG_7444.jpeg" width="322" height="640" /></a> Dans le vaste choeur de l’église Saint-Georges, Odile a trouvé sa place. Tout un vitrail lui est consacré. Elle se retrouve en bonne compagnie, à coté de Notre Dame, à qui le sanctuaire autrefois fut consacré, sainte Catherine, saint Georges et saint Michel, sainte Hélène et sainte Agnès. Elle n’y figurait pas au Moyen-Age et n’est pas recensée parmi les vitraux du XVe siècle aujourd’hui conservés ( 55 panneaux sur 288). Elle est arrivée plus récemment, en même temps que Michel et Georges. Elle fait partie des petits derniers. Elle n’est cependant pas la moindre. Son géniteur, si l’on peut dire, est le grand maître-verrier Max Ingrand (1908-1969) qui restaura, après-guerre, les vitraux de la fin du Moyen Age, et remplaça les panneaux manquants par des nouveaux qui ne déparèrent pas. Au contraire, le miracle des vitraux du chœur de l’église Saint-Georges réside dans la complémentarité et l’harmonie des verrières historiques et des contemporaines. Du grand art pour tous les spécialistes. A première vue d’ailleurs, avant que le regard ne s’habitue, on a même du mal à les dissocier. C’est en 1967, que Sélestat retrouva, en quelque sorte, sa « sainte chapelle ».</p>
<p style="text-align: justify;"> La première des sept fenêtres du chœur est consacrée à la vie légendaire de sainte Odile. Quatorze panneaux narrent son extraordinaire aventure : la naissance de l’enfant aveugle, le secret de son éducation, le baptême qui la guérit de la cécité, la première réconciliation avec son père, sa charité envers les pauvres, son refus de se marier malgré les menaces de son père, son nouvel exil, sa vie errante de mendiante, sa réconciliation définitive avec son père, la fondation d’une communauté religieuse, la retraite des parents d’Odile auprès de leur fille devenue abbesse, ses oeuvres de charité, sa mort.</p>
<p style="text-align: justify;">Le tout se déroule dans une architecture adaptée qui sert de cadre et fait se côtoyer une riche gamme de couleurs qui laissent passer la lumière et concourent ainsi à faire du chœur de l’église cette anticipation du Royaume auquel aspirent les enfants de Dieu.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Pour en savoir plus :</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Marie-Thérèse Fischer, La vie de sainte Odile et les textes postérieurs, Strasbourg, Editions du signe, 2006</p>
<p style="text-align: justify;"> René Bornert, Notice Odile (sainte), Nouveau Dictionnaire de Biographie Alsacienne, p. 2893-2896.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Gabriel Braeuner</strong></em>, DNA  Sélestat, 13 juillet 2019, Ces hommes et ces femmes qui ont fait l&rsquo;histoire de Sélestat.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Saint Georges et Sélestat</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Apr 2020 13:37:08 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#160; Il a pignon sur rue, à Sélestat, « notre » saint Georges.  Il est même devenu le patron de l’école paroissiale au cours du XVe siècle. Personnage historique autant que légendaire, il fait partie des saints particulièrement vénérés au Moyen Age. &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/saint-georges-et-selestat/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Il a pignon sur rue, à Sélestat, « notre » saint Georges.  Il est même devenu le patron de l’école paroissiale au cours du XVe siècle. Personnage historique autant que légendaire, il fait partie des saints particulièrement vénérés au Moyen Age. Comme saint michel, l’archange, il terrassa un dragon, incarnation absolue du mal et du péché. L’église Saint-Georges possède en son coeur un admirable vitrail contemporain réalisé par le très talentueux maitre verrier  Max Ingrand à la fin des années 60. A voir  ou à redécouvrir.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/saint-georges-et-selestat/saint_george_and_the_dragon_by_paolo_uccello_paris_01/" rel="attachment wp-att-784"><img class="alignleft size-medium wp-image-784" alt="Saint_George_and_the_Dragon_by_Paolo_Uccello_(Paris)_01" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2020/04/Saint_George_and_the_Dragon_by_Paolo_Uccello_Paris_01-300x169.jpg" width="300" height="169" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><b><i>saint Georges à Sélestat</i></b></p>
<p style="text-align: justify;">Saint Georges est un saint étonnant. On le connaît un peu par l’histoire, on le connaît davantage par sa légende. Il est l’un de nos saints les plus vénérés, à l’égal de saint Martin qui cumule, en Europe, le patronage des églises. On sait qu’il fut valeureux. On n’est pas pour rien le patron des chevaliers. Brave oui, mais téméraire au point de détrôner la Vierge Souveraine à Sélestat, on ne s’y attendait pas. On dira que c’est osé. Pendant des siècles, l’église paroissiale de Sélestat était dédiée à Notre Dame. Puis à la fin du Moyen Age, au XVe siècle, sans doute, sans qu’on sache vraiment ni quand ni pourquoi, elle fut dessaisie au profit du preux chevalier  dont on raconte qu’il terrassa un jour un épouvantable dragon, qui ressemblait probablement  à celui que chevauche Daenerys Targaryen dans Game of Thrones.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Pourquoi à Sélestat préféra-t-on la mâle attitude d’un chevalier à la rassurante présence protectrice de la mère du Christ ? On remit cela un siècle plus tard quand fut édifiée la belle chaire dont la cuve est portée par Sansom, autre mâle puissant avant que Dalila se décidât à lui couper les cheveux. Au moment du « putsch », le reine des cieux ne donna guère l’impression de s’accrocher à son siège. Elle acquiesça et consentit à s’effacer. Il est vrai qu’elle avait l’habitude de ces intrusions violentes. L’archange Gabriel, jadis déja&#8230; Mais qu’on se rassure, Marie a du souffle , c’est une coureuse de fond, elle reviendra.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Mais qui est ce Georges qui apparaît sur la scène locale? Pour l’histoire, il est né en Cappadoce vers 275-80 et mourut martyr, le 23 avril 303, sous l’empereur Dioclétien. Son père était un noble arménien, sa mère était originaire de Palestine. Quand son père mourut, sa mère revint en Judée, dans la région de Lydda ( Lod, en Israel ). A quinze ans, il entre dans l’armée romaine, est remarqué par Dioclétien qui le fait chevalier et même chef de sa garde personnelle. Grâce à ses aptitudes militaires et à ses origines, il obtint le commandement des régions sensibles comme la Syrie, la Palestine, l’Egypte et la Libye. Il fut même élevé au rang de préfet. Quand l’empereur reprit la persécution des chrétiens, en 303, Georges s’opposa à lui, démissionna de son poste, entra en dissidence à côté des chrétiens avant d’être arrêté pour avoir, à Nicodémie, détruit une tablette sur laquelle figurait l’édit obligeant la population à s’adonner au culte d’ Apollon.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Arrêté, il est soumis à une série de supplices dont il survit miraculeusement avant d’être décapité. Il est enterré à Lydda « où il avait vaincu le dragon ».  Son culte se répandit dans tout le Proche Orient puis, plus tard, dans l’Europe chrétienne. Le roi Clovis le promut, les croisades le rendirent populaire, il devint le patron de l’ordre du temple, de l’ordre teutonique, de l’ordre de la Jarretière également appelé ordre de Saint-Georges. <i>La Légende dorée (</i>XIIIe s.) qui raconte, en l’embellissant, la vie d’environ 150 saints, du dominicain Jacques de Voragine, archevêque de Gênes, assure sa gloire et sa légende dont les artistes s’emparent. Au XIIIe siècle, il rejoint la cohorte des Saints Auxiliaires qu’on invoque lors des grandes épidémies. Son audience s’élargit encore. Nos voisins de Fribourg en Brisgau en font leur saint patron, tout comme le Royaume Uni ou plus récemment les scouts&#8230; L’armée l’a récupéré depuis longtemps. « <i>Et par saint Georges » </i>est la devise de l’armée blindée et de la cavalerie française. Il en va de même chez nos voisins suisses.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Finalement, il ne dépare pas dans la bonne ville de Sélestat.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/saint-georges-et-selestat/images-4/" rel="attachment wp-att-785"><img class="alignleft size-full wp-image-785" alt="images" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2020/04/images.png" width="201" height="250" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
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<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><b><i>Le dragon de saint Georges</i></b></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Il a beau être martyr, ses attributs le désignent non pas par la palme et le supplice du martyr, mais juché sur un cheval et terrassant un dragon. Cette image est quasi figée depuis le XIIIe siècle quand fut rédigée la <i>Légende dorée</i>. Georges de Lydda, officier de l’armée romaine, traversa un jour la ville de Silène, en proie à la terreur. Elle était persécutée par un dragon qui non seulement dévorait tous les animaux de la contrée mais exigeait qu’on lui livrât chaque jour, deux jeunes gens tirés au sort. Celui-ci tomba sur la fille du roi, le jour où Georges entra en ville. Il promit de la délivrer et engagea un féroce combat avec le monstre qu’il transperça d’un coup de lance avec l’aide du Christ et après un signe de croix. La princesse fut délivrée et le dragon amadoué la suivit comme un chien fidèle. La foule resta cependant tétanisée à la vue du dragon que Georges finit par occire par l’épée.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La légende a fini par l’emporter sur l’histoire. Le dragon était probablement un brigand de grand chemin qui terrorisait et rançonnait les habitants de Lydda. On connaît même son nom : <i>Naphr</i> ! Mais que pèse l&rsquo;histoire face à l’impact de la légende ? Dans l&rsquo;édification du chrétien,  elle est autrement plus efficace : le dragon est une allégorie de Satan, autrement dit du Mal. Dans son imaginaire, enfin, il est suffisamment monstrueux pour nourrir les angoisses du pécheur  face à son salut.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Petite indication à ceux qui auraient tendance, devant une statue ou une peinture, à confondre saint Georges et saint Michel, qui lui aussi terrassa un dragon : Michel n’a pas de monture, il porte des ailes !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Le vitrail de Max ingrand </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/saint-georges-et-selestat/img_7443-2/" rel="attachment wp-att-786"><img class="alignleft size-full wp-image-786" alt="IMG_7443 2" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2020/04/IMG_7443-2.jpeg" width="302" height="617" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Dans le très beau jeu des vitraux  de l’église paroissiale réalisé par Max Ingrand dans les années soixante, qui complète les vitraux d’origine du XVe siècle, saint Georges a trouvé sa place et il est à sa place. Soit à la droite de la Vierge (à gauche dans le choeur) et en face de saint Michel, autrement dit du coté nord du choeur dont le vitrail principal, celui du chevet, est entièrement consacré à la Vierge. Comme quoi tout est rentré dans l’ordre. Marie a retrouvé sa primauté et la hiérarchie a repris ses droits.<br />
Le cycle de saint-Georges est un vitrail contemporain. Il s’inspire de la <i>Légende dorée</i> et, en seize panneaux, narre l’essentiel de la vie de saint Georges enrichie par la légende : Il apparaît sous les traits d’un chevalier. Un dragon ravage les alentours de la ville de Silène, la fille du roi est désignée pour servir de prochaine victime de la bête,  elle croise le chevalier qui s’engage à la sauver, celui-ci blesse le dragon, la jeune femme passe sa ceinture autour de son cou avant que Georges achève la bête. Le chevalier convertit le roi, se dépouille de ses armes pour vêtir  le manteau des chrétiens. Il refuse d’adorer les dieux païens, on le soumet au supplice, Dieu lui apparaît dans le cachot où il a été jeté. Georges échappe au poison du magicien, survit à la chaudière de plomb fondu et renverse les idoles du temple avant d’être décapité.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La qualité esthétique du travail réalisé par le maitre verrier Max Ingrand est, comme nous l’avons déjà souligné dans une précédente chronique, tout à fait admirable. Il est à la fois fidèle à la tradition et moderne dans son expression. Le panneau consacré à la vie de saint Georges le confirme une fois encore</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour en savoir plus :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><i>La Légende dorée</i> de Jacques de Voragine, 2t., Flammarion 1999</p>
<p style="text-align: justify;">Georges Daix,<i> Dictionnaire des saints</i>, Lattès, 1996</p>
<p style="text-align: justify;"><i>Reclams Lexikon der heiligen und der biblischen Gestalten</i>, Stuttgart, 1984</p>
<p style="text-align: justify;"><i>Biographisch-bibliographisches Kirchenlexikon</i>(BBKL). Band 2, Bautz, Hamm 1990,</p>
<p style="text-align: justify;"><i>Sept siècles de vitraux, Eglise Saint-Georges de Sélestat</i>, Sélestat 2010</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Gabriel Braeuner</em></strong>, DNA  Sélestat, 12 octobre 2019, extrait de la rubrique  Ces hommes et ces femmes qui ont fait l&rsquo;histoire de Sélestat</p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Les imprimeurs sélestadiens de l&#8217;Humanisme et de la Réforme</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Apr 2020 10:04:21 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La genèse de l’imprimerie en Alsace est incontestablement marquée par la contribution des imprimeurs sélestadiens. A côté de Jean Mentelin, le premier grand imprimeur alsacien à Strasbourg, nous comptons avec Matthias et Lazare Schürer, puis Crato Mylius, trois autres imprimeurs de &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/les-imprimeurs-selestadiens-de-lhumanisme-et-de-la-reforme/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>La genèse de l’imprimerie en Alsace est incontestablement marquée par la contribution des imprimeurs sélestadiens. A côté de Jean Mentelin, le premier grand imprimeur alsacien à Strasbourg, nous comptons avec Matthias et Lazare Schürer, puis Crato Mylius, trois autres imprimeurs de qualité, qui avec des fortunes diverses ont fortement contribué au rayonnement de cette industrie nouvelle</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/les-imprimeurs-selestadiens-de-lhumanisme-et-de-la-reforme/buchdrucker-1568/" rel="attachment wp-att-779"><img class="alignleft size-medium wp-image-779" alt="Buchdrucker-1568" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2020/04/Buchdrucker-1568-256x300.png" width="256" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><b><i>Matthias Schürer, au service de la République des Lettres </i></b></p>
<p style="text-align: justify;">Les imprimeurs sélestadiens jouèrent, comme on le sait,  un rôle essentiel  dans le développement de l’imprimerie. L ’apport de notre concitoyen Jean Mentelin fut déterminant à Strasbourg tout de suite après le passage de Gutenberg. La contribution de notre ville ne s’arrêta pas là. Deux de ses enfants, Matthias et Lazare Schürer, l’oncle et le neveu, prirent le relais peu de temps après. En s’inscrivant tout à fait dans une époque marquée par le mouvement humaniste et l’avènement de la Réforme protestante.</p>
<p style="text-align: justify;">Matthias est le plus connu. Né vers 1470 à Sélestat, il avait été élève de l’École latine. Puis avait poursuivi ses études supérieures à l’Université de Cracovie avant de venir à Strasbourg auprès de son cousin Martin Flach et de son oncle Jean Knobloch qui l’initièrent au métier d’imprimeur. Il finit par s’installer à son compte, dans la ville libre d’Empire, à partir de 1508. Il allait faire de la publication des livres de l’antiquité latine et des écrits d’humanistes sa spécialité. Dans sa courte mais féconde carrière &#8211; il mourut en 1519 &#8211; il publia plus de 270 titres, presque exclusivement en latin,  pour au moins 120 auteurs. Fidèle en l’occurrence à cette profession de foi datée de 1506, quand il était encore en apprentissage, où il proclamait : « Je m’efforcerai dans la mesure de mes forces d’aider et de faire croître, grâce à nos caractères d’imprimerie, la République des Lettres, en imprimant tous les livres les plus savants des hommes les plus savants. »</p>
<p style="text-align: justify;">Il tint parole. Son catalogue était vaste. Érasme y figure en bonne place : quarante-deux publications dont la première édition datée de « L’Éloge de la Folie » en 1511, immédiatement après celle non datée de Paris. Érasme apprécia la qualité de son travail. Il le rencontra en 1514 et lui confia, en novembre, l’édition de la version définitive de son chef d’œuvre. Le grand humaniste confessait « qu’il aimait Matthias de toutes ses forces ». Et il n’oublia pas de le citer dans son « Éloge de Sélestat » daté de 1515. Les écrivains de l’antiquité classique dont les humanistes étaient les spécialistes ne manquaient évidemment pas dans l’officine de Matthias Schürer. Cicéron, Virgile, Horace, Ovide, Plaute et Térence mais aussi Valère Maxime et Aulu-Gelle furent offerts à la curiosité des  « studieux des bonnes lettres ». Et cela, grâce à l’un de ses conseillers éditoriaux, Nicolas Gerbel</p>
<p style="text-align: justify;">Son atelier est également représentatif des préoccupations pédagogiques et spirituelles de son temps. « L&rsquo;homme ne naît pas homme, il le devient » avait fort justement proclamé Érasme. C’est par l’éducation qu’il le devenait. Voilà pourquoi notre imprimeur réserva une place de choix aux ouvrages à vocation pédagogique. Ouvrages sur la langue latine, parmi lesquels une version courte des <i>Adages</i> d’Érasme. <i>Fables</i> d’Ésope et les <i>Préceptes moraux</i> de Caton pour le plus jeunes ; biographies de philosophes ou compilations de doctrine philosophique dues à  Philostrate, Plutarque et Apulée pour les aînés.</p>
<p style="text-align: justify;">Les auteurs contemporains n’étaient pas oubliés. Beatus Rhenanus, qui travailla pour Schürer dès 1508, proposa la publication d’auteurs italiens, parmi lesquels Michel Marulle, qui inspira tant notre Ronsard. D’autres Sélestadiens, Kierher, Spiegel ou leurs amis, lui donnèrent des textes d’Italiens à imprimer. Jacques Wimpfeling n’est pas étranger à l’édition des sermons de Geiler de Kaysersberg, en allemand ou traduits en latin. Les libraires Alantsee de Vienne lui confièrent, entre autres, l’édition de poèmes de l’humaniste allemand Conrad Celtis.</p>
<p style="text-align: justify;">Wimpfeling n’hésitait pas à l’appeler « son compatriote bien aimé, vénérable non seulement par sa science mais aussi par son honnêteté et sa sincérité. » L’hommage était mérité. Ses éditions avaient la réputation d’être exemptes de fautes typographiques. Les humanistes étaient ses amis. Il les servait avec ferveur.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Lazare Schürer, imprimeur engagé</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Lazare, son neveu, était devenu l’associé de son oncle peu de temps avant son décès. De retour à Sélestat fin 1519, il s’installa dans la maison de sa mère, non loin de l’église Sainte-Foy dans la maison « Zum grossen Greifen ». Sur place il trouva la Société littéraire que Wimpfeling avait créée en 1515. Il publia plusieurs ouvrages de ses membres : une lettre de soutien à Luther de Wimpfeling, les <i>É</i><i>pigrammes</i> de Sapidus et un pamphlet antipapal du curé de Saint-Georges Paul Phrygio. Un <i>Commentaire</i> sur une œuvre de Prudence due à Spiegel, juriste et secrétaire des empereurs Maximilien I<sup>er</sup> et Charles Quint.</p>
<p style="text-align: justify;">Si sa production n’atteignit pas l’ampleur de celle de son oncle, Lazare Schürer n’en produisit pas moins une cinquantaine de publications dont la moitié porte sur la défense de Luther, les dérives de l’Église, les relations entre Rome et l’Empire. Des textes satiriques qui s’en prennent aux adversaires de Luther et d’Érasme, avant leur rupture, ou de Reuchlin, le vieil humaniste de Pforzheim, menacé par l’Inquisition pour avoir voulu sauver les ouvrage juifs des flammes et de la destruction. L’imprimerie de Lazare Schürer participe ainsi à la guerre des pamphlets avec quelques signatures qui font autorité : Ulrich von Hütten, Philipp Melanchthon, Otto Brunfels, Willibald Pirckheimer, Conrad Nesen ou Juan Luis Vives. On y défend fortement les bonnes lettres menacées par  la scolastique, philosophie et théologie enseignées au Moyen Age, qui fit la part belle au formalisme et à la dialectique aux dépens de la rhétorique .</p>
<p style="text-align: justify;">Son catalogue témoigne de l’effervescence intellectuelle et spirituelle de son temps. La belle unité intellectuelle dont faisaient preuve tous ces humanistes va voler en éclat. Le mouvement de la Réforme, qui partout progresse, va provoquer des dissensions entre les amis d’autrefois. Sapidus et Phrygio, ont choisi leur camp. Ils quitteront la ville au lendemain de la Guerre des Paysans, en 1525. Sélestat demeura fidèle à Rome. Beatus  suivit Érasme qui avait rompu avec Luther. Lazare Schürer fut suspecté de faire partie des Luthériens de la cité. On l’accusa de tenir des réunions secrètes dans la maison de sa mère. Le magistrat lui interdit « de prêcher et de lire aux laïques ». Criblé de dettes, fragilisé par des procès à répétition, il se battit comme un beau diable pour laver son honneur et rester à Sélestat. Il se maintint et devint même le directeur de l’école latine en 1526. Il était trop tard. L’école avait perdu sa réputation, ses enseignants et ses élèves. Elle n’avait plus rien à voir avec celle de Sapidus. En pleine régression, elle ne put être sauvée par Schürer. Il ne se remit jamais de ses déboires successifs et mourut en octobre 1528.</p>
<p style="text-align: justify;"><b><i>Crato, l’homme de liaison</i></b></p>
<p style="text-align: justify;">Il passe presque inaperçu à côté des Schürer.  Pourtant Kraft Müller (Crato Mylius), né vers 1503 à Sélestat, avait aussi été imprimeur à Strasbourg, où, en 1536, il acheta l’officine de Georges Ulricher. Gagné à la Réforme, il y édita une centaine de livres, essentiellement en latin. Ce sont principalement des écrits humanistes (des commentaires d’auteurs anciens, dont les deux premiers livres de <i>L’Iliade</i>, en grec) et théologiques (des commentaires de textes bibliques et des textes en allemand de Luther ou, en 1546, de Martin Bucer) mais aussi de l’histoire et du droit. Il publia également une des premières pièces bibliques en latin, « L’Anabion », écrite par Jean Sapidus qui avait été le dernier grand directeur de l’école latine de Sélestat avant de prendre le parti des protestants et de devoir quitter Sélestat pour Strasbourg.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour la petite histoire, Kraft Müller était le demi-frère de Lazare Schürer et avait fait ses études à l’École latine de Sélestat. Il fréquenta par la suite l’Université de Wittenberg et suivit les cours de Melanchthon dont il devint l’ami et dont il publia régulièrement les ouvrages. Il mourut  à la bataille de Mühlberg,au service de la ville de Strasbourg,  quand l’empereur Charles Quint vainquit les princes protestants et la ligue de Smalkalde en 1547. Sa veuve, Margaretha reprit l’officine.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour en savoir plus :</p>
<p style="text-align: justify;">François Ritter, <i>Histoire de l’imprimerie alsacienne aux XVe et XVIe siècles</i> (Publication de l’Institut des Hautes Etudes Alsaciennes, t. XIV), Strasbourg-Paris, Éditions F.-X. Le Roux, 1955.</p>
<p style="text-align: justify;">Marie-Odile Burckel, « Les imprimeurs Matthias et Lazare Schürer et les écrits en faveur d’une réforme, notamment de 1518 à 1522 », dans <i>Beatus Rhenanus de Sélestat (1485-1547) et une réforme de l’Église : engagement et changement, Actes du colloque international tenu à Strasbourg et Sélestat du 5 au 6 juin 2015</i>, édités par James Hirstein, Turnhout, Brepols, 2018.</p>
<p style="text-align: justify;">Marie-Odile Burckel, « Humanisme et imprimerie, l’exemple de deux imprimeurs sélestadiens Matthias et Lazare Schürer », dans <i>Humanistes et humanisme à Sélestat aux XVe et XVIe siècles, Actes du colloque tenu le 21 octobre 2017 à Sélestat</i>,  Les Amis de la Bibliothèque Humaniste de Sélestat, 2018.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Gabriel Braeune</em>r, avril 2020</p>
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		<title>Les origines de la communauté juive de Sélestat</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Apr 2020 16:31:25 +0000</pubDate>
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<p>La présence juive à Sélestat est consécutive à la fondation de la ville sous le règne de Frédéric II de Hohenstaufen au début du XIIIe siècle. La date du  milieu du XIIIe siècle est aujourd’hui communément admise par les historiens. La jeune ville était alors nantie de fortifications, cette marque de distinction qui caractérise les villes à l’opposé des villages qui n’en  bénéficient pas. Comme à  Colmar, sa voisine, également fondée à la même période,  de nombreux réfugiés juifs venus de France, victimes des persécutions du roi Philippe le Beau à partir de 1306 grossissent le nombre de la communauté d’origine.  Cette dernière était surtout issue de la région du Rhin. Les villes de Mayence, Spire et Worms constituaient, en ce temps-là, un lieu important de présence et de diffusion de la culture et de la spiritualité juives. Avec les centre français de Narbonne et de Champagne, la Rhénanie avait contribué à la réputation de savoir et de piété du judaïsme en Europe et fait du Talmud une oeuvre largement occidentale. Il est intéressant de constater que les quelques rares noms juifs recensés au XIVe siècle à Sélestat se partagent entre des patronymes à consonance latine et germanique. Les familles juives, présentes dans la ville, s’étaient regroupés autour d’une première synagogue dont la construction était datée du début du XIVe siècle. Elle se trouvait  dans une ruelle entre la rue des Clefs et la rue Sainte-Barbe.</p>
<p style="text-align: justify;">La communauté juive de Sélestat est moins connue que celle des villes voisines dont elle partage pourtant le destin chaotique et fragile, menacé perpétuellement, au cours du XIVe siècle, dans son  intégrité physique et économique. On  ne sait si elle fut touchée par la furie des  bandes d’Armleder qui s’en prit surtout au juifs de Haute Alsace en  1338. Par contre, elle subit des violences en 1347 et n’échappa pas au terrible massacre de 1349 consécutif à la peste qui submergea l’Occident alors et pour laquelle il fallut trouver  un bouc émissaire : les juifs !</p>
<p style="text-align: justify;">Ceux de Sélestat, comme les membres des communautés voisines de Strasbourg, Fribourg, Breisach furent accusées d’avoir empoisonné l’eau des puits. Les pogroms qui s’en suivirent anéantirent la plupart des communautés locales, y compris celle Sélestat, à l’exception d’un pauvre malheureux qui se fit baptiser. L’ensemble de la fortune des familles juives fut spoliée sans que l’empereur, en l’occurence Charles IV, ne levât le petit doigt pour condamner les villes et  les auteurs de l’effroyable méfait.</p>
<p style="text-align: justify;">A la fin des années 1360, une nouvelle communauté s’était reconstituée à Sélestat. Cette seconde communauté survécut vaillamment mais difficilement jusqu’à l’expulsion définitive des Juifs des principales villes d’Alsace en 1519.</p>
<p>Pour en savoir plus:</p>
<p>Gerd MENTGEN, Geschichte der Juden in der mittelalterlichen Reichstadt Schlettstadt, <i>Annuaire des Amis de la Bibliothèque Humaniste de Sélestat</i>, 1990.</p>
<p>Claude GENSBOURGER, Un coup d’oeil rétrospectif : la communauté israélite de Sélestat, ses origines, ses synagogues in : <i>Cérémonie de consécration  de la synagogue  restaurée de Sélestat, 11 septembre 1960.</i></p>
<p><em><strong>Gabriel Braeuner</strong></em>, <em>Samuel Schlettstadt</em>, extrait de l&rsquo;article DNA Sélestat du 9 novembre 2019 : Ces hommes et ces femmes qui ont fait l&rsquo;histoire de Sélestat</p>
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		<title>Samuel Schlettstadt&#8230;jusqu&#8217;au Moyen-Orient !</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Apr 2020 16:12:43 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Son nom suggère son origine. Il reste l’un de nos « illustres » inconnus. Rabbin à Strasbourg sans qu’il apparaisse dans l’Urkundenbuch de la ville. Un rabbin érudit auteur d’un abrégé du Mordhekai, vaste commentaire du Talmud, qu’au XIIIe siècle avait entrepris &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/samuel-schlettstadt-jusquau-moyen-orient/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><b><i><a href="http://www.histoires-alsace.com/samuel-schlettstadt-jusquau-moyen-orient/download-5/" rel="attachment wp-att-743"><img class="alignleft size-full wp-image-743" alt="download" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2020/04/download2.jpg" width="264" height="191" /></a></i></b></p>
<p style="text-align: justify;">Son nom suggère son origine. Il reste l’un de nos « illustres » inconnus. Rabbin à Strasbourg sans qu’il apparaisse dans l’<i>Urkundenbuch</i> de la ville. Un rabbin érudit auteur d’un abrégé du <i>Mordhekai</i>, vaste commentaire du Talmud, qu’au XIIIe siècle avait entrepris Rabbi Mordekhay ben Hillel de Nuremberg.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L’essentiel du travail de Samuel, qui serait né vers 1309,  avait été rédigé, au XIVe siècle au château du Hohlandsbourg non loin de Colmar. Que diable notre Sélestadien allait-il faire dans cet imposant château de Haute-Alsace ? S’y réfugier pour fuir Strasbourg où il avait quelques ennuis. Un tribunal, qu’il avait présidé, avait condamné à mort deux coreligionnaires délateurs au service de chevaliers bandits qui dépouillaient, entre autres, des marchands juifs. En exécution de la sentence, l’un des traîtres fut noyé. Les sires d’Andlau, car c’étaient eux les pillards, n’apprécièrent guère. Il décidèrent de s’en prendre à Samuel Schlettstadt.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Celui fut menacé puis poursuivi. Il quitta l’Alsace pour trouver refuge auprès de ses coreligionnaires de Spire, Worms et Mayence. Il poussa même jusqu’ à Erfurt. En vain! La lassitude le gagna. Il songea à retourner à Strasbourg. N’était il pas innocent ? N’avait-il pas  fait son devoir en tentant de protéger les siens ? Mais Strasbourg, où il avait officié, par crainte de représailles ne voulut pas de lui.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Alors il s’en fut, loin, très loin. Pour laver son honneur, il quitta l’Europe et se rendit à Bagdad, oui Bagdad , l’ancienne capitale des Abbassides, sur les bords du Tigre. Pourquoi si loin ? Parce que y vivaient le plus hautes autorités de la communauté juive de l’exil : Les <i>exilarques </i>ou chefs des exilés. Longtemps à Babylone, à Bagdad ensuite. Il faut s’imaginer ce que fut le périple de Samuel. Il s’y rendit au péril de sa vie. Convainquit les autorités de sa communauté de son innocence. Il en revint, échappant maintes fois aux vols, violences et à la mort. Il n’avait eu cesse de laver son honneur. Muni d’un sésame, établi par ses frères de Bagdad, qui vouait à la malédiction ceux qui s’opposaient à son retour.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">C’est ce document qu’il voulait rapporter à Strasbourg. Aussi courageux qu’indigné, il débarqua  dans la ville où il fut rabbin autrefois. S’il réussit à laver son honneur, le malheur ne l’épargna pas. Son fils, qui était allé à sa rencontre, se noya dans le Rhin.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Telle est l’histoire de Samuel Schlettstadt, homme de loi et de lettres. Originaire de notre ville où la communauté juive était présente depuis quelques temps avant les  horribles persécutions de 1349. Les épisodes relatant sa vie se trouvent dans un manuscrit londonien , le <i>Montefiore 130</i>, qui fut, un temps, la propriété de Josselmann de Rosheim, l’avocat de juifs dans l’Europe de Charles-Quint, au XVIe siècle.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Quel destin que celui de Samuel Schlettstadt. Grâce à lui, le nom de Sélestat a été porté jusqu’au Moyen-Orient.</p>
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<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Pour en savoir plus:</p>
<p style="text-align: justify;">Gerd MENTGEN, Geschichte der Juden in der mittelalterlichen Reichstadt Schlettstadt, <i>Annuaire des Amis de la Bibliothèque Humaniste de Sélestat</i>, 1990.</p>
<p style="text-align: justify;">Claude GENSBOURGER, Un coup d’oeil rétrospectif : la communauté israélite de Sélestat, ses origines, ses synagogues in : <i>Cérémonie de consécration  de la synagogue  restaurée de Sélestat, 11 septembre 1960.</i></p>
<p style="text-align: justify;">Gabriel BRAEUNER, Sélestat, <i>Éloge de la belle inconnue</i>, Editions du Tourneciel, 2016.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Gabriel Braeuner</strong></em>, extrait des DNA 9 novembre 2019, rubrique<em> Ces Hommes et ces femmes qui ont fait l&rsquo;histoire de Sélestat.</em></p>
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		<title>Mentelin, notre Gutenberg</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Apr 2020 09:44:50 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[  Jean Mentel, ou Mentelin, est un de nos grands imprimeurs. Sélestadien comme il se doit. Ce quasi contemporain de Gutenberg est le premier grand imprimeur… strasbourgeois. On lui doit notamment, dès 1460, aux balbutiement de cet art nouveau qu’est &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/mentelin-notre-gutenberg/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"> <a href="http://www.histoires-alsace.com/mentelin-notre-gutenberg/download-1-3/" rel="attachment wp-att-736"><img class="alignleft size-full wp-image-736" alt="download-1" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2020/04/download-11.jpg" width="275" height="183" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Jean Mentel, ou Mentelin, est un de nos grands imprimeurs. Sélestadien comme il se doit. Ce quasi contemporain de Gutenberg est le premier grand imprimeur… strasbourgeois. On lui doit notamment, dès 1460, aux balbutiement de cet art nouveau qu’est l’imprimerie, l’impression d’une Bible en latin et surtout, en 1466, la première Bible en langue allemande, bien avant celle de Luther (1522).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Il était né dans notre ville vers 1410. Nous sommes très mal renseignés sur sa jeunesse. Mais on l’identifie à Strasbourg en 1447 quand il obtient le droit de bourgeoisie de la cité. Il est inscrit à la corporation des peintres puisqu’il exerce d’abord le métier d’enlumineur,(« Goldschreiber »). Sa polyvalence étonne. Il est en même temps notaire épiscopal. Ses connaissances de la langue latine l’ont fait remarquer par l’évêque de Strasbourg. Devenu familier de l’art typographique, il va ouvrir un atelier en ville. Rue de l’Épine probablement. Il y fera fortune. Il créera même une dynastie d’imprimeurs en mariant ses deux filles à deux remarquables techniciens Adolph Rusch et Martin Schott qui prolongeront son oeuvre et son entreprise . Il connaîtra la gloire aussi. Sa première Bible en langue allemande lui vaut d’être anobli par l’empereur Frédéric III. A noter qu’il obtint l’autorisation de porter dans ses armoiries, le lion de la sa ville natale. On a beau s’exiler, on reste Sélestadien pour toujours. Quand il mourut, le 12 décembre 1478, il fut enterré au cimetière de la chapelle Saint-Martin de la cathédrale. On raconta même qu’il fut enterré à l’intérieur de celle-ci. On ne prête qu’aux riches !</p>
<p style="text-align: justify;">
Il doit sa notoriété à son art. Son officine strasbourgeois fut fort actif. On le crédite de l’impression de 45 publications. Outres les deux Bibles précitées qui ont fait sa gloire, son catalogue couvre la champ de la pastorale religieuse, de la théologie, du droit et de la littérature. Il a même édité un <i>Parzifal </i>! Son atelier est plus qu’un atelier. C’est une entreprise. Il ne se contente pas d’imprimer, mais il va à la rencontre de ses clients et lecteurs. Il a organisé le métier. N’a-t-il pas publié, à partir de 1469, les premiers prospectus publicitaires pour annoncer ses nouveautés ? Sa gloire fut durable. Son petit-fils, Jean Schott, avait réussi un joli coup promotionnel en proclamant, pour d’évidentes raisons commerciales, que son grand-père avait tout bonnement été l’inventeur de l’imprimerie. Sa légende était née. Pour autant, il fut un artisan d’art de talent. Le grand humaniste Jacques Wimpfeling, autre Sélestadien de renom s’extasiait  en 1505  encore sur la qualité de ses « nombreux volumes marqués par la pureté et la finition »</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Les deux B<a href="http://www.histoires-alsace.com/mentelin-notre-gutenberg/download-4/" rel="attachment wp-att-737"><img class="alignleft size-full wp-image-737" alt="download" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2020/04/download1.jpg" width="288" height="175" /></a>ibles de Mentelin</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Notre sélestadien imprima le premier libre imprimé en Alsace ( !) en 1460. Soit cinq ans après la Bible à 42 lignes de Gutenberg (1455). La sienne possède 49 lignes et peut être considérée comme un vrai chef d’oeuvre comme toutes ses productions d’ailleurs. Mentelin  apporte un soin particulier à ses productions. A cette époque, il n’y a que trois villes qui disposent de presses au sein de l’Empire germanique: Mayence, Bamberg et Strasbourg. Pour l’admirer aujourd’hui, il faut se rendre à Colmar, où elle sera un joyau du futur musée des Dominicains,  à la Bibliothèque nationale et au musée Condé de Chantilly. Les volumes sont richement illustrés. Les initiales peintes sont nombreuses. Un décor floral, rehaussé d’or encadre les feuillets illustrés. Le décor peint provient probablement du groupe de scribe d’ Henri de Villencus, moine chartreux que l’on sait actif à Bâle au milieu du XVe siècle. Un beau livre donc qui n’étonne pas quand on connait un peu l’exigence de qualité et les talents de calligraphe du Goldschreiber qu’était Mentelin quand il apprit le métier.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Six ans plus tard, sort des atelier de sa presse, une monumentale Bible, en langue allemande, la première au sein du Saint-Empire romain germanique. Plusieurs versions manuscrites en usage au Moyen Âge ont servi de modèle. Pendant soixante ans, elle va connaitre la notoriété avant que la Bible de Luther ne la supplante. Ce qui n’enlève rien ni à la précocité ni à la qualité de la Bible de Mentelin. Le texte imprimé est rehaussé d’initiales à la plume en bleu, vert et vermillon. La qualité « mentelienne » toujours et encore. Elle aussi sera visible à Colmar qui en conserve deux exemplaires. La Bibliothèque nationale en conserve une autre.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Résumons, nous devons au Sélestadien le premier livre imprimé en Alsace et la première Bible  en langue allemande … d’Allemagne. De quoi figurer en bonne place dans le panthéon prestigieux de Sélestat et de l’Alsace.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>La légende de  Mentelin</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/mentelin-notre-gutenberg/download-2-2/" rel="attachment wp-att-738"><img class="alignleft size-full wp-image-738" alt="download-2" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2020/04/download-2.jpg" width="192" height="263" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Strasbourg et Mayence, on le sait, se disputent depuis longtemps l’insigne privilège d’avoir été</p>
<p style="text-align: justify;">le berceau de l’imprimerie. Est-ce à Strasbourg où dans sa ville natale que Gutenberg devint le génial inventeur de cette technique qui révolutionna le monde ? L’affaire est tranchée depuis le  XVIIIe siècle mais elle continua d’ occuper les esprit ; Elle rebondit au rythme des conflits qui opposèrent la France et l’Allemagne.On en vint même à contester que ce fut Gutenberg. On lui substitua un Sélestadien, rien que cela ! L’illustre Jean Mentel ou Mentelin qui fut un des pionniers de l’imprimerie à Strasbourg comme on vient de le voir.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Promenez-vous à l’intérieur de la Bibliothèque Humaniste. Que peut-on lire sur cette statue en albâtre, datée du XIXe siècle, où le couple de sculpteurs, Sichler-Majastre, le représente en buste sinon que Jean Mentelin est bien l’inventeur de l’imprimerie. La statue vous accueillait naguère encore à l’entrée de la bibliothèque de Beatus Rhenanus. Aujourd’hui, elle se fait plus discrète, un peu à l’écart, juste derrière l’installation où les visiteurs s’épuisent avec entrain à imprimer leur nom selon la technique de Gutenberg.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">C’est qu’en réalité, il existe une belle légende concernant et Gutenberg et Mentelin. On la racontait encore au siècle dernier. La voici :</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"> « Jean Mentel, libraire à l’enseigne de la Ménagerie au Fronhof à Strasbourg, inventa en 1440 l’art d’imprimer. Les résultats obtenus par le natif de Sélestat furent si extraordinaires que les gens de métier, les scribes exprimèrent leur incrédulité. Il leur était impossible de faire la différence entre imprimés et manuscrits, tant les premiers ressemblaient à s’y méprendre aux seconds. Un de ces scribes se fit alors engager chez Mentel pour s’approprier la nouvelle technique. Quand il en sut assez, il disparut pour s’établir à Mayence chez un dénommé Gutenberg auquel il confia le secret de l’invention. Un jour, un Strasbourgeois, qui séjournait à Mayence, reconnut le scribe et s’en alla raconter à l’honnête et naïf Gutenberg, l’histoire véritable de l’invention de l’imprimerie. Gutenberg, qui était un honnête homme, fut outré par le comportement indélicat du scribe et le chassa. Il s’en voulut de s’être ainsi fait posséder et tenta de réparer la faute en décidant de se rendre à Strasbourg pour y rencontrer Mentelin et faire amende honorable.  Arrivé sur place, il trouva la maison de Mentel close et s’enquit auprès des voisins du lieu où il pouvait trouver son illustre devancier. On lui indiqua la cathédrale toute proche. Il interrogea le bedeau qui lui fit comprendre que si le sieur Mentelin est ici, il est mort de douleur  parce que sa découverte a été volée » Effondré, Gutenberg se rendit chez Conrad Sasbach afin qu’il lui fabriquât une presse semblable à celle de Mentel. Il s’établit à Strasbourg et « produisit ses plus belles oeuvres à qui il devait gloire et richesse. »</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L’histoire est exquise. Fausse, bien entendu, mais qui nous empêchera de continuer à y croire ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Gabriel Braeuner, DNA, </strong></em>extrait de la rubrique Ces femmes et ces hommes qui ont fait l&rsquo;histoire de la ville, 8 février 2020</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Josel de Rosheim, l&#8217;homme exemplaire</title>
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		<pubDate>Sun, 23 Dec 2012 18:14:47 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Portraits d'Alsaciens]]></category>
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		<description><![CDATA[Il fut « un homme exemplaire » selon Selma Stern qui nous a laissé une biographie qui ne l’était pas moins. Josel de Rosheim ( 1478?-1554 ) est une figure majeure du judaïsme allemand en ce début des temps modernes, &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/josel-de-rosheim-lhomme-exemplaire/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/josel-de-rosheim-lhomme-exemplaire/josel-de-rosheim/" rel="attachment wp-att-71"><img class="alignleft size-full wp-image-71" alt="Josel de Rosheim" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2012/12/Josel-de-Rosheim.jpg" width="177" height="285" /></a>Il fut « un homme exemplaire » selon Selma Stern qui nous a laissé une biographie qui ne l’était pas moins. Josel de Rosheim ( 1478?-1554 ) est une figure majeure du judaïsme allemand en ce début des temps modernes, si médiévaux pourtant encore par maints aspects. Rien ne le destinait à devenir le<em> Gemeiner Jüdischkeit Regierer im deutschen Land</em>, titre dont seul l’Empereur pouvait se prévaloir alors : Le chef de la nation juive du Saint-Empire. Rien sinon le courage, le culot, une solide éducation juive, une foi ardente nourrie par la prière, la mystique et l’étude des Ecritures. L’exigence éthique comme impératif, soit une ligne directrice forte dont jamais il ne dévia.</p>
<p style="text-align: justify;">Avocat des juifs, dès sa jeunesse, quand en 1507 la communauté le chargea de défendre les juifs d’Obernai, menacés d’expulsion devant l’empereur. Avocat dès lors et toute sa vie pour ceux de Mittelbergheim, où il résida un temps avant de s’établir à Rosheim, de Blienschwiller et de Nothalten, de Dangolsheim, pour les juifs alsaciens d’abord, en péril,  pour ceux ceux du Saint-Empire ensuite, de Moravie, de Saxe, de Brandebourg, de Silésie. Toute sa vie sur les chemins, plaidant pour sa nation, contre les accusations d’usure immorale, de meurtres rituels, de profanation d’hostie, devant les plus hautes autorités : magistrat des villes, princes, grands Electeurs, et jusqu’à l’empereur lui-même, jusqu’à Charles Quint avec qui il tissa des liens inattendus, d’estime réciproque, de sympathie, peut-être.</p>
<p style="text-align: justify;">De la longue liste de ses actions, qui sont autant d’épopées, retenons deux dates. Celle de 1520 où Charles Quint le convoque pour « disputer» avec Anton Margarita, auteur d’un pamphlet antisémite dangereux pour tous les juifs de l’empire. Il s’y colle, démonte l’argumentaire et démontre qu’il n’y a pas de haine chez les juifs contre les chrétiens. Il impressionne l‘empereur qui expulse le manipulateur ; celle de 1544, où sur ses instances, Charles Quint accorde aux juifs du Saint-Empire le « grand privilège », la sécurité dans leurs déplacements et dans leur travail, l’assurance de ne pas être arrêtés, torturés, dépouillés, tués, des procès équitables, pas de signe distinctif en dehors de leur résidence. La charte, hélas, en resta au stade des promesses, l’empereur n’avait plus, depuis longtemps les moyens de sa politique. Mais lui Josel avait essayé, avait plaidé, une fois encore la cause de l’empereur auprès des siens, s’était battu contre Luther pour ses écrits contre les juifs, contre les attaques de Bucer aussi, guère plus charitable à leur endroit. Docte et pieux, il aurait préféré, s’il avait pu, « s<em>’éloigner de la vanité du monde et ne s’occuper que des choses de Dieu</em> ». Au lieu de quoi son destin fut de parcourir, pendant quarante ans, les routes dangereuses de l’Europe pour défendre les siens contre la folle rumeur, la violence gratuite, la torture et la mort, sans complaisance aucune  pour les compromissions de certains de ses coreligionnaires à qui il sut imposer une éthique rigoureuse.</p>
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