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	<title>HISTOIRES D&#039;ALSACE &#187; identité</title>
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	<description>Blog de Gabriel BRAEUNER, historien</description>
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		<title>La coopération des sociétés d’histoire de part et d’autre du Rhin : un essai à  transformer!</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Jan 2017 19:27:51 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/la-cooperation-des-societes-dhistoire-de-part-et-dautre-du-rhin-un-essai-a-transformer/th/" rel="attachment wp-att-623"><img class="alignleft size-full wp-image-623" alt="th" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2017/01/th.jpg" width="300" height="103" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Qui connaît le réseau des sociétés d’histoire du Rhin supérieur (<em>Netzwerk Geschichtsvereine am Oberrhein)</em> qui a vu le jour, le 16 juin 2012 à Lucelle, dans ce qui reste de l’ancien monastère cistercien ? Quatre ans  après ce pittoresque baptême, où en sommes-nous ? Ouvert à toutes les sociétés d’histoire de la région du Rhin supérieur, le réseau était censé développer les contacts transfrontaliers entre les uns et les autres à travers une structure souple et partager une information régulièrement actualisée. Est-il devenu ce lien incontournable du dialogue transfrontalier pour l’histoire régionale ou, au contraire, est-il venu grossir le rang de l’organigramme transfrontalier déjà abondamment fourni ?<br />
Evitons d’emblée tout malentendu. Les sociétés d’histoire dont il est question ici ne sont pas à confondre avec les sociétés savantes pour qui la rencontre transfrontalière et les compte rendus des travaux de recherche font partie des attributions naturelles ? Dans ce domaine, la <em>Zeitschrift für die Geschichte des Oberheins</em> (Z.G.O) et la Revue d’Alsace font un travail admirable depuis des décennies. Non, les sociétés d’histoire dont nous parlons sont celles de tous ces passionnés d’histoire, amateurs au sens premier du terme, plus de cent vingt rien qu’en Alsace, regroupées dans la très entreprenante Fédération des sociétés d’histoire et d’Archéologie d’Alsace, nettement moins nombreuses de l’autre côté du Rhin mais non moins valeureuses. Elles constituent toutes une part de notre identité régionale, au même titre que nos sociétés de gymnastique et de chant choral autrefois. Les plus anciens de ces sociétés d’histoire locale remontent au temps du <em>Reichsland</em>.<br />
La souplesse de son organisation est un atout indéniable du réseau. A sa tête, un comité trinational élu pour un mandat de deux ans, constitué d’un représentant français, allemand et suisse, assisté par un suppléant chacun. Aucune hiérarchie dans leurs rapports, pas de président mais une assemblée plénière tous les deux ans pour renouveler le comité et fixer les grandes lignes du programme à mener. Les six se réunissent en général tous les semestres et disposent d’un siège symbolique au <em>Dreiländermuseum</em> de Lörrach qui leur offre un site internet, comptabilise les sociétés membres et publie, trois fois par, an un bulletin d’information que nos amis allemands s’évertuent à appeler Newsletter, où figurent la plupart des informations transfontalières susceptibles d’intéresser ses membres.<br />
L’organisation, tous les deux ans, d’un colloque d’histoire transfrontalière accentue sa visibilité. Il en est aujourd’hui à sa troisième édition et se déroulera l’année prochaine à Offenburg, après Strasbourg (2013) et Liestal(2015). Six chercheurs, deux par pays, présentent leurs travaux de recherche ou évoquent un point d’histoire transfrontalière au cours d’une journée en général bien fréquentée. Plus de quatre vingt personnes avaient ainsi participé au colloque de Strasbourg, en octobre 2013, à la Maison de la région Alsace, la moitié provenant d’Allemagne et de Suisse. Constat réjouissant, les organisateurs n’ont jamais été en panne de sujets ou d’intervenants, preuve indirecte que les thèmes traités sont mobilisateurs et que le Rhin supérieur ne connait pas de frontière, du moins dans ce domaine-là.<br />
Autre atout non négligeable, la publication régulière de la lettre d’information publiée sur la toile et relayée, pour la partie alsacienne, par le Bulletin de liaison trimestriel de la Fédération des sociétés d’histoire et d’archéologie d’Alsace.<br />
Tout serait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, celui de l’Oberrhein, en l’occurrence ? Voilà un réseau qui fonctionne depuis quatre ans, sans anicroche aucune. La cohésion voire l’amitié régnant entre les membres du comité fait plaisir à voir. L’auteur de ces lignes peut en témoigner.<br />
Mais qui aime bien, châtie bien selon le vieil adage. Les militants de la cause transfrontalière, aux têtes désormais chenues, restent un peu sur leur faim. Probablement, dans l’ambiance bucolique de Lucelle, espéraient-ils davantage ? Mais pouvait-on mieux faire que d’assurer ce service minimum qui a le mérite d’exister à défaut d’enthousiasmer ? Ce sentiment d’appartenance au Rhin supérieur, pour généreux qu’il soit, ne se heurte-t-il pas toujours et encore à quelques disparités juridiques et administratives, sinon culturelles et politiques dont, entre autres, l’obstacle de la langue. On a beau en faire une incantation, vouloir apprendre la langue du voisin, et pire, compte tenu de l’âge des participants, se piquer de la connaître, la réalité est désespérante : On se précipite sur les écouteurs et les traductions simultanées quand on organise un colloque transfrontalier. Les revues d’histoire ignorent dans leur écrasante majorité la langue du voisin. Quant aux sociétés d’histoire locale, reconnaissons, qu’à de rares exceptions près, la préoccupation transfrontalière reste secondaire quand elle n’est pas inexistante. On garde le regard rivé sur l’horizon de son territoire, qu’il soit urbain ou rural. On dépasse rarement le ban communal et si l’intercommunalité est administrativement de mise, on se gardera cependant de franchir le Rhin. Autre monde, autres mœurs ? On a assez à faire avec l’histoire de sa petite <em>Heimet</em>, sa petite patrie. Il n’est pas certain que le réseau répondait pour la majorité des sociétés d’histoire à une véritable attente. Elles étaient, et sont toujours, apparemment heureuses dans le cadre étroit de leur périmètre.<br />
Plus de cent vingt sociétés d’histoire pour un territoire aussi petit que L’Alsace, voilà une situation originale qui n’a pas d’équivalent dans le reste de la France, pas davantage en Allemagne et en Suisse. C’est à la fois réjouissant et inquiétant. Réjouissant, car le phénomène témoigne d’un bel attachement au patrimoine local, inquiétant, parce que cet émiettement, caractéristique de l’Alsace, contribue à renforcer le sentiment qu’on ne s’intéresse qu’à son petit territoire et qu’en dehors, comme disait Montaigne, c’est déjà l’étranger. On ne peut manquer d’être frappé par la difficulté que rencontre la lettre d’information à chaque parution pour collecter des informations qui soient vraiment transfrontalières.<br />
Compte-tenu du nombre de nos sociétés d’histoire en Alsace, une structure centralisée comme la Fédération s’impose. Elle permet à ses membres de parler, de temps en temps, d’une seule voix et se montre fort utile et efficace quand il s’agit d’organiser une manifestation d’envergure, comme un colloque d’histoire transfrontalière par exemple. La mobilisation est rapide, l’information partagée et les négociations avec les pouvoirs publics facilitées dans le mesure où ces derniers n’ont qu’un seul interlocuteur qui parle au nom d’une centaine d’autres. Rien de tout cela n’existe chez nos partenaires de proximité qui envient notre organisation  et notre efficacité. Bel et paradoxal éloge de la centralisation par des praticiens, de longue date, de la décentralisation On en rougirait presque mais on se refusera de bouder notre plaisir.<br />
Ainsi fonctionne notre réseau entre le souhaitable et le possible. Cela fait quelques années que cela dure et il y a des projets pour quelques années encore. Le pragmatisme et la flexibilité sont les atouts majeurs du réseau. Ce dernier n’est qu’une pierre qui aide à bâtir l’édifice de la coopération transfrontalière. Non pas essentielle mais à sa place. Comme toutes les initiatives transfrontalières qui s’évertuent à démontrer, jour après jour que le Rhin est autant porte que pont, <em>Tür und Brücke</em>.<br />
Gabriel Braeuner<br />
article publié par la Revue <em>Land un Sproch/ Les cahiers du bilinguisme n</em>° 199, septembre 2016.</p>
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		<title>Qu’est-ce être Alsacien aujourd’hui ?</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Jan 2017 19:19:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Dans ma quête identitaire, ce n’est pas à Clio, à qui je rends un culte empressé tous les jours depuis des décennies, que je me référerai d’abord, mais à sa sœur Calliope qui de la poésie épique fut la &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/quest-ce-etre-alsacien-aujourdhui/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
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<p style="text-align: justify;">Dans ma quête identitaire, ce n’est pas à Clio, à qui je rends un culte empressé tous les jours depuis des décennies, que je me référerai d’abord, mais à sa sœur Calliope qui de la poésie épique fut la muse.<br />
Je ne connais pas définition plus vraie de l’Alsace que celle du poète alsacien de langue française, Jean–Paul de Dadelsen (1913-1957), qui dans l’admirable Goethe en Alsace, poème posthume, nous présentait ainsi  notre région :<br />
« <em>Pays du milieu, pays façonné par le légionnaire romain et le moine missionnaire irlandais, pays où les Bibles familiales gardent la trace d’aïeules ukrainiennes, polonaises, souabes, grisonnes, piémontaises, franc-comtoises, flamandes, pays qui se souvient des grands-ducs d’Occident et de Napoléon, pays qui a semé de jeunes morts la Palestine et les Allemagnes, l’Egypte et le Mexique, l’Indochine et toutes les Russies. Pays du général Rapp, aide de camp de l’Empereur. Pays de Kléber. Pays d’Albert Schweitzer. Par sa vitalité, sa solidité, sa lourdeur, ses lits à hauts édredons rouges, carrefour de tous les rangs d’Europe, pays fait pour durer.</em> »<br />
J’en ai fait mon hymne, le texte par lequel je commence toutes mes présentations sur l’Alsace. C’est ma prière quotidienne. Je la chanterai volontiers si elle avait été mise en musique. Pour moi, être Alsacien aujourd’hui c’est professer ce que Dadelsen, en tant que poète, énonça si clairement.<br />
Pays du milieu… dont la géographie détermine l’histoire, l’économie et même son identité politique et culturelle : celle de la via media comme du corridor.<br />
Pays façonné par le légionnaire romain… et tous ceux qui suivirent. Façonné, c&rsquo;est-à-dire construit lentement et laborieusement, dans la douleur le plus souvent. Dont l’identité ne s’est pas faite en un jour mais qui fut forgée pas à pas. Une identité ouverte, constituée de l’apport des uns et des autres, de l’héritage germanique comme de l’héritage français et non pas réductible à l’un ou à l’autre. Il faut se référer, à ce propos, à l’admirable texte de Werner Wittich, universitaire allemand, sur la <em>Deutsche und französiche Kultur im Elsass</em> parue… en 1900 dans la Revue Alsacienne Illustrée.<br />
Pays ou les bibles familiales gardent la trace d’aïeules ukrainiennes …flamandes, soit un mélange aussi incertain que réjouissant qui devrait nous préserver à tout jamais de la tentation du nombrilisme, de l’ethnicité et de l’égarement raciste.« Dans ce pays, il n’y a pas qu’une seule ethnie, mais toutes sortes de gens &#8211; observait au milieu du XVIe siècle, le Bâlois d’adoption Sébastien Münster dans sa Cosmographie, ils accourent du pays souabe, de la Bavière, de la Bourgogne et de la Lorraine et ne repartent que rarement. »<br />
Pays qui se souvient des grands-ducs d’Occident et de Napoléon… Soit un pays de la mémoire, des châteaux, de la cathédrale, des églises, des stèles et des cimetières, des monuments aux morts, des musées et des champs de bataille : nos lieux de mémoire ! Par son paysage et ses monuments, l’Alsace demeure un livre d’histoire perpétuellement ouvert.<br />
Pays qui a semé de jeunes morts… le monde entier ! Qui dit mieux que le poète le destin de tous ces jeunes Alsaciens partis à la guerre, de tout  temps, et qui ont laissé leur vie dans des conflits qui les dépassaient ?<br />
<em>Wo sin die vun Namur un Narwick ?</em><br />
<em>Die vun Moskau bis zum Schwarzen Meer</em><br />
<em>Die vun Italie, die vun Afrik</em><br />
<em>Un beau jour, Ils sont partis à la guerre…</em><br />
<em>Do sin se… mini Kumbel vum Cuntad</em><br />
(Germain Muller, extrait de la revue du Barabli, <em>D’Litt han kaan Geld</em>, 1948)<br />
Pays de Kléber et d’Albert Schweitzer… De l’homme de guerre comme de l’homme de paix. Le monde était leur l’horizon et pour le dernier, l’humanisme son credo, l’altérité sa mission, et le respect de la vie, de toutes les vies, la philosophie !<br />
Voilà pour la profession de foi. À partir de là découlent quelques pratiques, je n’ose écrire une liturgie, que bien modestement j’ai essayé de suivre depuis quelques décennies. J’ai bricolé dans mon coin une façon d’être Alsacien. Égoïste mais pas seul, convaincu qu’une conversion avant d’être collective est d’abord individuelle. Que me chaut de sauter sur ma chaise comme un cabri en disant « Alsace, Alsace », si je ne la vis pas d’abord au quotidien et sur la durée. «<em> Je crois dans la mesure où j’agis </em>» disait Albert Schweitzer qui continue de m’inspirer.<br />
Cela fait 25 ans, que je regarde chaque jour un journal télévisé français et son équivalent allemand, que je lis un journal français et un journal allemand, ou à défaut, l’éditorial d’un des grands journaux de part et d’autre du Rhin. Malgré notre position frontalière, nous connaissons mal la réalité politique culturelle, économique et sociale contemporaine de nos voisins allemands. La réciproque est tout aussi vraie en Pays de Bade. Je suis effaré par la permanence des clichés qui subsistent ici et ailleurs. Comme en toute bonne pédagogie Il y a, au préalable, des connaissances à acquérir .<br />
Je reste persuadé de la nécessité de continuer à privilégier la langue du voisin et n’ai pas le sentiment qu’on y tende actuellement. Ni en Alsace ni chez nos voisins malgré l’urgence économique. Je suis prêt à me battre pour que l’histoire d’Alsace soit enseignée à l’école. Elle n’est pas seulement méconnue  à l’extérieur, mais également en Alsace et particulièrement par ceux qui s’en revendiquent.<br />
J’ai longtemps cru que le dialecte était un constituant identitaire essentiel. Je continue de le pratiquer avec délectation basculant de plus en plus dans une «triphonie weckmanienne ».  Mais J’ai épousé une fille de l’intérieur et mes enfants ne parlent pas un traître mot de mon dialecte mais se sentent pourtant tout aussi Alsacien que moi. Il y a donc autre chose, d’autres valeurs, d’autres références qui nous caractérisent. Et c’est tant mieux.<br />
Il s’appelle Sébastien Bizotto, il est d’origine italienne et habite le Haut-Rhin. Il a écrit une superbe pièce de théâtre sur Germain Muller qui s’appelle La chère main de Germain. Il ne parle ni l’allemand ni l’Alsacien, Pourtant, il a tout compris. Comme quoi… et comme lui, il y  a d’autres des milliers de jeunes d’origine étrangère qui sont nés ici, feront souche et pour qui se posera immanquablement la question de leur appartenance identitaire. Selon le principe vérifié de l’acculturation, leur culture s’enrichira de la nôtre et réciproquement.<br />
Quand Érasme est venu en Alsace au XVIe siècle, c’est parce qu’on excellait dans le latin et les belles lettres, l’imprimerie et l’histoire, une certaine idée de la paix et de la pédagogie, une ouverture sur l’Europe et le monde, une foi engagée. L’humanisme quoi ! Voyez Schweitzer, la seule personnalité comparable à Érasme, qui partageait toutes les qualités précitées en y ajoutant une autre : celle de continuer à parler… le dialecte jusqu’au soir de sa vie !<br />
Fort de ce qui précède, la réforme territoriale qui nous intègre désormais dans un Grand Est nébuleux ne me fait ni chaud ni froid. Elle ne change rien à l’affirmation de mon identité. Si je la dénonce ce n’est pas parce qu’elle aurait supprimé L’Alsace, ce qui est une ineptie, mais parce que c’est une mauvaise réforme mal pensée, mal préparée, mal expliquée, mal rédigée, sans moyens matériels et financiers, en un mot inutile.<br />
Pourquoi voulez vous que je m’inquiète, je reste convaincu comme le poète que «  l’Alsace est le carrefour de tous les sangs d’Europe, pays fait pour durer »/ K<em>rizung vun àlla Blüater vo Europa, Land wo gemacht isch fer za düra</em> ( Gérard Leser).</p>
<p>Gabriel Braeuner<br />
Article paru dans la revue <em>Land un Sproch</em>/ les cahiers du bilinguisme, n° 199, Septembre 2016</p>
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