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	<title>HISTOIRES D&#039;ALSACE &#187; culture et solidarité</title>
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	<description>Blog de Gabriel BRAEUNER, historien</description>
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		<title>Hommage à l&#8217;Homo benevolus</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Aug 2015 18:06:55 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Comment vous résumer chers amis bénévoles, comment vous décrire,  comment vous dire merci ? Sinon par un poème pardi «  Je n&#8217;ai que deux mains (habitées par l&#8217;esprit) ou le pouce rejoint les quatre doigts, je repousse, étreins, malaxe, serre &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/hommage-a-lhomo-benevolus-2/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/hommage-a-lhomo-benevolus-2/bonhomme-pour-emplois2/" rel="attachment wp-att-538"><img class="alignleft size-full wp-image-538" alt="bonhomme-pour-emplois2" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2015/08/bonhomme-pour-emplois2.jpg" width="966" height="1254" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Comment vous résumer chers amis bénévoles, comment vous décrire,  comment vous dire merci ?<br />
Sinon par un poème pardi<br />
«<em>  Je n&rsquo;ai que deux mains (habitées par l&rsquo;esprit) ou le pouce</em><br />
<em>rejoint les quatre doigts, je repousse, étreins, malaxe, serre</em><br />
<em>la gluante et coupante matière. Du bout des doigts</em><br />
<em>je fixe le joint au bois, force le fer et le tords, </em><br />
<em>une figurine en terre qui traversera les siècles. Pour rien.</em><br />
<em>Comme un cadeau de  ma pogne</em><br />
<em>de géant je brise l&rsquo;atome et pilant mon regard dans le télescope,</em><br />
<em> je le jette</em><br />
<em>aux étoiles. C&rsquo;est fête là-haut. Puis je lisse le ciel avec la paume</em><br />
<em> de ma pensée.</em><br />
<em>Je bâtis mon berceau et ma bière, où je dors</em><br />
<em>je fais de l&rsquo;or, du feu</em><br />
<em>je mets mes yeux à la poupée de mon enfant</em><br />
<em> je dessine une femme nue sortant de l&rsquo;onde</em><br />
<em>ou des hiéroglyphes sur un temple. Ou un bison</em><br />
<em>j&rsquo;émets des sons, devise avec de petits pâtés</em><br />
<em>ronds et une queue qui pend sur la portée</em><br />
<em> je caresse mon aimée, je panse l&rsquo;inconnu blessé, </em><br />
<em>je pense avec mes doigts.</em><br />
<em>J&rsquo;écris mon nom sur la plage, sur la page du monde, fils de Roi</em><br />
<em>je vous offre ( de ma main à votre main)</em><br />
<em>un rose qui va mourir. Je n&rsquo;ose vous en dire davantage,</em><br />
<em>je fais tout cela pour  rien.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Jean  Mambrino (1923-2012), Homo benevolus extrait de  L&rsquo;odyssée inconnue<br />
&#8230; poète et jésuite.</p>
<p style="text-align: justify;">J&rsquo;aime ce rien qui nous motive. On nous dit que le bénévolat est en crise, on dit qu&rsquo;on trouve de moins en moins de gens prêts à donner un peu de leur temps. On nous dit que c&rsquo;est la faute à la misère et à notre temps. On nous dit individualiste et consommateur compulsionnel, autiste au monde, et que sais-je encore et je vois qu&rsquo;à Espoir, la bien nommée, on affiche au 31 décembre dernier, date de référence, le nombre de 252 bénévoles avec 35 nouveaux candidats cette année-là. Et que pour le premier trimestre 2014, Ghislaine  a déjà rencontré une trentaine de personnes. En trois mois !</p>
<p style="text-align: justify;">Quand on leur demande à ses primo arrivants du bénévolat, ces candidats à l&rsquo;aventure quelle est leur motivation, ils nous répondent qu&rsquo;ils veulent offrir de leur temps libre et donner un sens à leur vie autre que familiale et professionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Donner un sens à leur vie. Tout ne serait donc pas désespéré. Point de nihilisme, point d&rsquo;abattement chez eux, l&rsquo;espérance malgré tout et l&rsquo;espoir au bout de la route parce que peut-être leur engagement ajouté à tous les autres engagements, même s&rsquo;il n&rsquo;est qu&rsquo;une goutte d&rsquo;eau dans la l&rsquo;océan de la misère, aura contribué à améliorer, oh un petit peu, la situation des plus  démunis.</p>
<p style="text-align: justify;">Se dire, qu&rsquo;année après année, la charte d&rsquo;Espoir a quand même été lue et même entendue : Reconnaître en tout homme un être capable d&rsquo;aimer et digne d&rsquo;être aimé&#8230; faire surgir l&rsquo;amour à la place du jugement et de la répression  » cela veut apparemment, pour certains encore dire, quelque chose. Soyons impudique un bref instant. Ce furent ces mots-là qui furent à l&rsquo;origine de mon engagement de bénévole à Espoir. Mais on n&rsquo; est pas bénévole tout  seul. On l&rsquo;est parmi d&rsquo;autres et des plus méritants encore, et des plus anciens assurément qui le sont depuis tellement plus longtemps.</p>
<p style="text-align: justify;">On ne fait pas du bénévolat parce qu&rsquo;on est pharisien ( « quand tu fais l&rsquo;aumône que ta main droite ignore ce que fait la main gauche »). On n’ attend aucune rétribution, ce serait le comble ! On fait ça pour rien, comme dit le poète, et l&rsquo;on s&rsquo;aperçoit qu&rsquo;on est payé en retour au centuple. Exemple personnel et vécu : Notre quarantième anniversaire, ce programme d&rsquo;abord théorique puis progressivement incarné, grâce à l&rsquo;engagement de tous ceux que nous avons sollicités. Des artistes de talents, des connus et des consacrés. Il y en pas un qui a refusé. On les pense égoïstes, les yeux rivés sur leur carrière et leur agenda promotionnel et on les découvre présents, solidaires, fraternels. Vous me direz qu&rsquo;on n&rsquo;a pas pris de risque, que ceux que nous avons choisi étaient peu ou prou des compagnons de route, que n&rsquo;importe comment ils partageaient nos valeurs. Peut-être, mais nous n&rsquo;étions assurés de rien, nous ne savions pas comment ils avaient évolué et  connaissant une gloire récente ou perpétuant une gloire déjà ancienne avaient- ils encore gardé une âme militante, avaient-ils encore du temps pour nous, pour les accueillis d&rsquo;Espoir, les salariés, les bénévoles, la population colmarienne qui nous a suivi. Ils avaient peut-être dans leurs agendas des sollicitations plus prestigieuses et des lieux de destination plus people que Colmar certes « belle et plaisante cité » comme on disait d&rsquo;elle au XVIIe siècle mais quand même&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Le bénévolat a probablement encore de belles pages à écrire. Nous devrions nous en réjouir. Le travail accompli par les bénévoles d&rsquo;Espoir est tout simplement admirable.  Parce qu&rsquo;il est régulier et durable : 22 345 Heures en 2012 soit 12 ETP ! ce travail comme vous le savez  est indispensable dans les services pour accueillir et accompagner les personnes. Vous en connaissez le territoire : les actions associatives (la revue, les animations scolaires, l&rsquo;atelier d&rsquo;écriture en maisons d&rsquo;arrêt et les expositions qui les accompagnent, la médiation pénale, le groupe Flora qui intervient auprès des personnes prostituées, l&rsquo;administration, l&rsquo;alphabétisation, les comités de pilotage, Les ventes et appels de dons.  Mais aussi les interventions dans les structure, au CAVA et la boutique du Petit Bazard, admirable et créative, vitrine de notre association où des milliers d&rsquo;heures sont consacrées à transformer le vil objet, l&rsquo;objet banal en objet d&rsquo;art, preuve d&rsquo;un savoir-faire de vrais professionnels.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà, c&rsquo;est fait, j&rsquo;ai utilisé le terme de professionnel pour qualifier non seulement les bénévoles qui partout apportent leur savoir-faire issu de leur vie antérieure ou parallèle, mais surtout les salariés d&rsquo;Espoir, un peu plus d&rsquo;une soixantaine,qui accompagnent professionnellement les personnes accueillies et animent, gèrent et font tourner nos structures. Soit une addition de compétences théoriques et pratiques sans lesquels l&rsquo;entreprise Espoir ne saurait fonctionner. Il ne s&rsquo;agit pas de leur rendre hommage uniquement pour se donner bonne conscience mais il s&rsquo;agit de reconnaître que sans eux, la boite ne saurait tourner. Vous avez bien entendu la boite. Et c&rsquo;est bien-là l&rsquo;originalité et parfois l’ambiguïté de notre mouvement à la fois association et entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;">On n&rsquo;anime pas l&rsquo;un comme on gère l&rsquo;autre. Avec la meilleure des volontés possibles.  Les logiques de fonctionnement dans les deux cas diffèrent. A la liberté associative, ou supposée telle, où la parole est reine, la capacité d&rsquo;indignation exprimée et la parole prophétique revendiquée et assumée, s&rsquo;opposent des règles de fonctionnement législatives, règlementaires, administratives et comptables. En un mot on peut peut être dire n&rsquo;importe quoi mais on ne peut pas faire n&rsquo;importe quoi.</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;historien que je suis peux rendre compte de l&rsquo;évolution d&rsquo;Espoir en 40 ans.  Je vous ai dit l&rsquo;année dernière que nous pensions faire en 1973 un rapide CDD et que nous sommes depuis lors en CDI pour longtemps. Nous sommes probablement les seuls à nous plaindre de cet état de fait. Quel est le CDD dans ce pays qui ne rêve pas d&rsquo;un CDI ? 40 ans après notre naissance, nous sommes toujours hélas indispensables.  Les précarités, marginalisations et exclusions ont dramatiquement augmenté. On s&rsquo;aperçoit aujourd&rsquo;hui que les trente glorieuses auxquelles nous nous sommes identifiées comme si elles devaient être éternelles sont une parenthèse de l&rsquo;histoire. Une de plus qui n&rsquo;est pas prête de se rouvrir. Autrement dit, il faut apprendre à vivre avec la crise. Ce qui suppose qu&rsquo;à Espoir aussi on réfléchisse, et c&rsquo;est parti, à la façon d&rsquo;évoluer le plus professionnellement possible sans pour autant renier nos vertus et références fondamentales à l&rsquo;incontournable et toujours exemplaire charte d&rsquo;Espoir.</p>
<p style="text-align: justify;">C&rsquo;est un vaste chantier, pas si incongru que cela au regard de 40 ans d&rsquo;existence. En 40 ans ce n&rsquo;est pas seulement la situation économique et sociale qui a changé, c&rsquo;est aussi toute l&rsquo;armature technique et juridique qui s&rsquo;est enrichie, densifiée, complexifiée même. S&rsquo;il nous faut des bénévoles, il nous faut aussi des professionnels diplômés, compétents  et actifs. Il faut que ces deux mondes se rencontrent, s&rsquo;apprivoisent, dialoguent, se comprennent et comprennent surtout comment fonctionne l&rsquo;autre. Un simple constat : le comité, l&rsquo;organe politique au sens de l&rsquo;orientation de notre organisme, celui qui  fixe les lignes, détermine les moyens, tranche et décide, est à côté de quelques rares membres fondateurs du canal historique d&rsquo;Espoir essentiellement composé de membres bénévoles et souvent récents, dont la formation initiale et continuée devient impérieuse afin que collégialement puissent être pris les bonnes décisions en parfaite connaissance de cause. Toute indignation mérite l&rsquo;écoute, mais toute décision implique des conséquences.Vaut mieux, sans nous substituer à l&rsquo;expertise des responsables salariés, savoir de quoi on parle et le savoir bien.</p>
<p style="text-align: justify;">C&rsquo;est que les temps ont changé et la gouvernance d&rsquo;Espoir doit être également source de questionnement. Nous ne sommes plus en 1973 et ceux qui vous ont passionnément et fidèlement servi ont blanchi sous le harnais et s&rsquo;interrogent légitimement sur la meilleure et plus efficace façon de passer le témoin et d&rsquo;assurer la relève. Je vous rassure, ils s&rsquo;y emploient et cela phosphore dur ces derniers temps.</p>
<p style="text-align: justify;">Chers amis, bénévoles et salariés, seuls nous ne sommes rien. La solidarité doit être notre credo et la collégialité aussi bien chez les politiques que les salariés, notre mode de fonctionnement. <em>Homo benevolu</em>s et <em>homo faber</em>, nous sommes appelés à continuer à cheminer ensemble. Pour la plus grande gloire d&rsquo;Espoir et à titre individuel pour notre bien à tous.  Cela pourrait être une formule de jésuite !</p>
<p style="text-align: justify;">Vous savez bien que «  le poète a toujours raison et qu&rsquo;il a le futur pour horizon » C&rsquo;est Aragon cela&#8230;<br />
<em>Tant de sentiers</em><br />
<em> un seul passage</em><br />
<em> plus mince que le fil de feu</em><br />
<em>le tranchant de la brise</em><br />
Ce n&rsquo;est pas Aragon ni François Cheng, même si cela lui ressemble, non, c&rsquo;est toujours en encore Jean Mambrino, extrait de l&rsquo;Oiseau Coeur, (1979).<br />
Prière à Phil :<br />
Dessine nous pour Espoir un oiseau de coeur !</p>
<p style="text-align: justify;">Gabriel Braeuner, Assemblée générale de l’Association Espoir, avril 2014</p>
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		<title>&#171;&#160;Espoir&#160;&#187; aux yeux de l&#8217;histoire</title>
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		<pubDate>Sun, 09 Jun 2013 16:04:45 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Passé trente ans ne plante plus d’arbre à miroirs,  Passé à quarante, taille court l’arbre à gloire Passé cinquante, arrose l’arbre à silence, Pour qu’un matin, descendant au verger,  Pleuvent sur toi les fleurs de la tranquillité. Jean-Paul de Dadelsen &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/espoir-aux-yeux-de-lhistoire/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/espoir-aux-yeux-de-lhistoire/affiche-espoir-2013-red/" rel="attachment wp-att-367"><img class="alignleft size-full wp-image-367" alt="AFFICHE Espoir 2013 red" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2013/06/AFFICHE-Espoir-2013-red.jpg" width="339" height="480" /></a>P<em>assé trente ans ne plante plus d’arbre à miroirs,</em><br />
<em> Passé à quarante, taille court l’arbre à gloire</em><br />
<em>Passé cinquante, arrose l’arbre à silence, </em><br />
<em>Pour qu’un matin, descendant au verger, </em><br />
<em> Pleuvent sur toi les fleurs de la tranquillité.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Paul de Dadelsen , le verger de Tombouctou</p>
<p style="text-align: justify;">Après 40 ans comment caractériser Espoir ? Que sont quarante ans aux yeux du temps long de l’histoire de la ville dont la création remonte au tout début du XIIIe siècle ? Un court instant dans une histoire qui additionne plus de mille ans quand on sait que Columbarium émargea  au temps des carolingiens ?  Une séquence importante de notre histoire contemporaine. L’âge adulte à l’aune humaine. Un sacré bout de temps quand les fondateurs ici présent se retournent sur leur passé en se disant qu’ils n’ont pas vu le temps passer ! Tout est affaire de point de vue. Et si le temps ne fait rien à l’affaire, quarante ans pour une association c’est plus qu’un âge mûr, cela pourrait être celui de la consécration car à cet âge-là on n’a plus rien à prouver. C’est fait depuis longtemps.</p>
<p style="text-align: justify;">Seulement voilà, avec Espoir rien n’est simple. L’association est une incongruité pour ne pas dire une imposture. En fait, elle ne devrait plus exister depuis longtemps. Quand elle est créée en 1973, c’est pour un CDD, un contrat à durée déterminée, le temps de mettre un peu d’ordre, du social et du lien dans une société d’abondance et de consommation qui avait oublié en route quelques marginaux. Rien de bien grave en somme, un petit oubli à réparer. En deux temps et trois mouvements. <em>Et rose, elle (devait) vivre ce que vivent les roses, l’espace d’un matin&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;">40 après, la rose est fanée depuis longtemps. Ne reste que l’herbe, la mauvaise herbe diront certains, mais elle est bien là celle-là. Adventice ou malherbe, elle porte le nom d’un poète fameux, cité à l’instant et selon un autre, qu’à Espoir nous célébrons souvent &#8211; c’est à dire Victor Hugo : « <em>Avec quelque peine qu’on prendrait, l’ortie serait utile ; on la néglige, elle devient nuisible. Alors on la tue. Que d’hommes ressemblent à l’ortie ! […] Mes amis, retenez ceci, il n’y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n’y a que de mauvais cultivateurs</em>».</p>
<p style="text-align: justify;">Nous voilà au coeur du sujet. Si nous sommes encore là c’est qu’il y a eu comme un raté. La voie royale qui nous était promise, les trente glorieuses  que nous pensions au minimum doubler voire tripler, se révélèrent être un chemin de traverse plein de ronces et d’épines. Dans cette belle ville qu’est Colmar, si proprette  et  si douillette, dégoulinante de géraniums et  lourde de colombages, astiquée et ripolinée, si bourgeoise en apparence et tellement habile et diplomate, qui depuis toujours et aujourd’hui encore affiche sa bonne conscience comme les maréchaux de l’ex Union soviétique leurs décorations, il y avait de la misère, des meurtrissures et des souffrances, des paumés et des oubliés, des filles de joie triste et d’autres battues, des immigrés à la pelle, primo-arrivants ou clandestins. Voltaire avait vu dans cette ville singulière une ville mi-allemande, mi-française et tout à fait iroquoise.  On lui en voulut. Il avait raison. Il a encore et toujours raison, trois siècles plus tard. Colmar est aussi une ville d’indiens, a<em> Indianer Stadt</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’histoire d’Espoir n’est rien d’autre que l’histoire d’un échec.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Celle d’une société, la nôtre, celle d’une ville, la nôtre encore, certes comme toutes les autres, ni meilleure, ni pire qui en croissant mais croît elle encore ? a généré une foule d’exclus, de redoublants, de retardataires, qui ont loupé le train parti à très grande vitesse, ont perdu leur boussole et ne retrouvent plus le chemin de la gare depuis longtemps. Et n’en déplaise aux fabricants de cartes postales pour touristes, aux chantres de la ville à dimension humaine,  aux auto-proclamés héritiers de l’humanisme rhénan,  Colmar, à coté de ses  incontestables réussites, de ses monuments classés, de son musée prestigieux, de son secteur sauvegardé, de son pole multiculture et de son <em>stadium</em>, de son excellence fiscale et de ses « budgets extraordinaires », de son Noël qui tombe dès le 25 novembre, Colmar, oui Colmar connait aussi des échecs scolaires, des violences urbaines, des voitures brûlées, son quart monde alsacien qui n’a pas d’équivalent dans la région, sa politique de la ville, sa zone urbaine sensible, son CUCS (contrat urbain de cohésion sociale) sa prostitution de misère depuis qu’en l’an 2000 l’expression Nach Colmar gehen, Aller à Colmar comme on allait autrefois rue Blondel quand on était en goguette à Paris, est redevenue d’actualité.</p>
<p style="text-align: justify;">Inutile de noircir le tableau, ni de charger la barque pour faire du misérabilisme mais rappeler une évidence que nous avions déjà souligné il y a dix ans : « Espoir ne jure pas dans un tel paysage. Son existence n’y est point incongrue. Sa présence répond à un besoin réel et vient épauler quand elle ne se substitue pas à elle, l’action des pouvoirs publics.  La marginalité et les marginaux restent sa priorité- écrivions nous alors.  Sur ce créneau, elle ne rencontre guère de concurrence. Espoir est donc à sa place !» Le constat reste vrai mais   qu’observons-nous aujourd’hui sinon que la marginalité est de moins en moins périphérique. La fragilité et la précarité ne se situent plus exclusivement à la marge. Elles touchent aujourd’hui ceux qui hier encore se sentaient à l’abri, qui parfois même se croyaient définitivement nantis. Il y a du pain sur la planche et notre CDD plus que jamais est devenu un CDI. Nous sommes probablement les seuls en France à ne pas nous réjouir de cette transformation. Seul l’inverse eût pu nous satisfaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors finalement qu’est Espoir aux yeux de l’histoire locale ? Pas seulement une incongruité, pas davantage un anachronisme. Une belle aventure certes qui dure maintenant depuis plusieurs décennies. Mais encore ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Espoir est d’abord une référence éthique</strong> &#8211; n’ayons pas peur des mots &#8211; dont l’esprit est la charte que l’association s’est donnée en 1979. Il faut la relire sans cesse, la méditer, la ruminer, l’écouter encore une fois, l’apprendre par coeur s’il le faut, s’en imprégner à tout moment : « Reconnaitre en tout homme quels que soient sa race, son histoire, ses handicaps, un être capable d’aimer et digne d’être aimé est la conquête la plus difficile et cependant la plus indispensable de notre société&#8230;Faire surgir l’amour à la place du jugement, de la haine et de la répression, comme le remède universel à toutes les souffrances humaines, est l’unique chemin qui conduit à la restauration de notre vie&#8230;». 34 ans après, il n’y a rien à rajouter, rien à jeter. Tout est consommable, tout est bon !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Espoir, c’est ensuite une aventure collective au service de l’homme.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comme tout destin collectif, elle fut inspirée par une personne volontaire réactive et visionnaire, en l’occurrence Bernard Rodenstein. L’abbé Pierre , fondateur d’Emmaüs avait servi de modèle, certes, mais Espoir fut façonné par Bernard. Il a marqué l’association définitivement de son empreinte et ce sceau-là n’est pas prêt de disparaitre. Tant mieux, nous connaissons sa personnalité forte, persuasive et séduisante pour les uns, plus encombrante et irritante pour les autres. Le moins que l’on puisse dire, ou écrire, c’est qu’il n’a laissé personne indifférent et même s’il est prématuré  de faire le bilan de son action, loin d’être achevée, l’historien peut d’ores et déjà témoigner, qu’il figure parmi les acteurs majeurs de l’histoire contemporaine de notre ville.</p>
<p style="text-align: justify;">On ne saurait expliquer ni concevoir Espoir sans Bernard mais qui serait aujourd’hui Bernard s’il n’y avait pas eu Espoir. L’osmose est parfaite, l’homme et l’association se sont nourris mutuellement. Car l’association c’est aussi une aventure collective qui n’a jamais été au service d’une homme mais de l’homme : de l’homme souffrant, de l’homme de douleur tellement ancré dans l’imaginaire médiéval du Rhin supérieur et toujours aussi actuel.<br />
Espoir, ce n’est ni une église, ni une secte. Son credo, si j’ose dire, se réduit à une portion congrue mais essentielle : la foi en l’homme. A ceux qui nous rejoignent nous ne demandons qu’une chose : ne pas désespérer de l’humanité. Voilà pourquoi on y trouve des croyants et des mécréants, des gens de gauche et de droite, du centre aussi et même des Bas-Rhinois : c’est-dire l’esprit d’ouverture d’une association à nulle autre pareille !<br />
Espoir à travers sa singularité associative à vocation entrepreneuriale, c’est l’histoire de techniciens aguerris et d’une multitude de bénévoles qui ont essayé d’être des hommes et des femmes comme le grand Goethe les avaient définis et rêvés et dont en Alsace, Albert Schweitzer fut l’incarnation<br />
«<em> A toi même, sois fidèle et fidèle à autrui</em><br />
<em> Et que la peine que tu donnes soit de l’amour</em><br />
<em> Et que la vie que tu mènes soit action.»</em><br />
L’homme selon Goethe s’il est un homme d’action est d’abord un homme de méditation  <em>« Essaie d’atteindre en toi la vraie humanité. Deviens toi-même un homme conscient, libéré intérieurement et disposé par là à agir selon ta nature »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un laboratoire privilégié du questionnement intellectuel</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Point d’action à Espoir sans réflexion préalable, sans esprit critique et remise en cause, sans confrontation, sans débat. Ce que j’ écrivais il y a dix ans, je le reprends aujourd’hui, sans y changer une ligne :<br />
«Espoir c’est la plus formidable de nos universités populaires, le premier de nos instituts de formation qui vit passer quelques maitre prestigieux pour présenter ou débattre de sujets toujours actuels et souvent précurseurs. Il suffit de parcourir la liste des colloques, conférences et séminaires pour s’en convaincre et s’apercevoir que les thèmes d’aujourd’hui avaient été pressentis naguère. La liste des thèmes abordés est impressionnante. Elle rend justice à l’extraordinaire apport intellectuel d’Espoir à la vie de la cité. Aucun organisme associatif ou universitaire n’a réussi à faire venir à Colmar, dans toute son histoire, autant de philosophes, de religieux, d’écrivains, de journalistes, de savants, de magistrats et de politiques de tout échiquier ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un lieu de mémoire</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans Colmar l’esprit d’une ville, paru il y a deux ans, j’ai essayé de montrer que l’histoire de cette ville n’est pas la propriété de ces quelques rares figures ou institutions d’exception qui sont censés « faire » l’histoire et que nous n’arrêtons pas de célébrer ou de commémorer mais qu’au contraire elle a été autant écrite par une majorité d’anonymes qui ne figurent dans aucune chronique, ne disposent d’aucune plaque, n’ont jamais habité de maison qui avait pignon sur rue ni bénéficié de mausolées devant lesquels on continue de s’incliner.  C’est avec gourmandise que j’ai essayé de rendre justice à ces sans-grades dont on ne parle jamais : Oui, j’ai donc joué à mon Robin des Bois et fait figurer dans le panthéon local, l’étranger qui démarre l’histoire de la ville et celui qui la clôturera, quelque bâtards issus d’un gynécée, des tacherons anonymes bâtisseurs de cathédrale, des victimes de la peste, des exilés de la lèpre, un écrivain alcoolique, des moniales oubliées, des peintres sans grade, des maraichers laborieux, des vignerons guerroyant contre l’ennemi horbourgeois, un pasteur originaire de Jebsheim, un juif supplicié sur la roue, d’autres massacrés aux portes de la ville, des femmes asservies, des prostituées sordides, un harem d’Antéchrist, un architecte truandé par les jésuites, quelques autonomistes égarés, quelques nazis patentés, quelques rockers défoncés, quelques artistes incompris. Eux aussi font partie de l’histoire de la cité.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme font partie de sa mémoire ceux qui, seul, Espoir continue d’honorer, mois après mois, depuis 40 ans, ces pauvres hères qui ont échoué là, qui jamais n’encombreront les notices nécrologiques officielles, les panégyriques de circonstance, les Leichenpredigte rituelles et convenues. Le bulletin d’Espoir leur rend un dernier hommage quand ils nous quittent. L’association se souvient d’eux alors que plus personne ne pense à eux. Elle fait oeuvre de mémoire, elle est un lieu de mémoire. Mémorial des oubliés, Espoir conserve la trace de ceux qui n’en laissent pas et leur rend justice d’avoir été, comme chacun d’entre nous, un être humain, c’est-à-dire unique, digne et donc irremplaçable.<br />
Rien que pour cela l’aventure d’Espoir méritait d’être vécue !</p>
<p style="text-align: justify;">Gabriel Braeuner      8 juin 2013</p>
<p style="text-align: justify;">Annexes</p>
<p style="text-align: justify;">Faire ta part&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Commence, recommence n’importe où !</em><br />
<em>Il importe désormais</em><br />
<em>Seulement que tu fasses chaque jour</em><br />
<em>Un quelconque travail, un travail</em><br />
<em>Fait seulement avec attention, avec</em><br />
<em>Honnêteté. Il importe seulement</em><br />
<em>Que tu apportes à bâtir indéfiniment la réalité</em><br />
<em>( jamais finie) ta très petite part quotidienne&#8230;</em><br />
<em>A travers la lunette ou par l’oeil encore unique</em><br />
<em>Tu vois lentement, en détail très mal</em><br />
<em>Au total assez bien.  Assez pour t’orienter. Assez pour savoir marcher, le chemin qui peu à peu</em><br />
<em>Se découvre. Assez pour que tant bien que mal</em><br />
<em>Faire ta part. D’ailleurs, en fait,</em><br />
<em> Importe-t-il, le détail du travail,</em><br />
<em> Le détail des formes du pied dans le sable</em><br />
<em> Ou bien le but où tu finis, tard, assez las,</em><br />
<em> Où tu finis peut-être, parfois, par arriver ?</em><br />
<em>Mais il n’y a pas de but non plus.</em><br />
<em> Le but recule toujours vers les sables non </em><br />
<em>Atteints.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Paul de Dadelsen  (1913-1957), Pâques 1957</p>
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		<title>40 ans d&#8217;Espoir  à Colmar : Culture et solidarité</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Dec 2012 19:24:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Colmar]]></category>
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		<description><![CDATA[C’est par une présence culturelle que nous souhaiterions fêter nos quarante ans de solidarité à Colmar et sa proche région. Parce que nous sommes convaincus de l’importance de la culture dans le renforcement du lien social. Surtout en ce temps &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/40-ans-despoir-a-colmar-culture-et-solidarite/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">C’est par une présence culturelle que nous souhaiterions fêter nos quarante ans de solidarité à Colmar et sa proche région. Parce que nous sommes convaincus de l’importance de la culture dans le renforcement du lien social. Surtout en ce temps de crise où la part culturelle<a href="http://www.histoires-alsace.com/40-ans-despoir-a-colmar-culture-et-solidarite/logoespoir01/" rel="attachment wp-att-201"><img class=" wp-image-201 alignleft" alt="logoespoir01" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2012/12/logoespoir01-300x242.jpg" width="240" height="194" /></a> prend tout son sens parce qu’elle permet de lutter, elle aussi, contre l’exclusion et contribue à la réhabilitation de la personne. Nous savons par expérience que trop de gens, à Espoir et ailleurs, n’ont pas accès aux biens artistiques et culturels qui devraient pourtant être notre héritage commun, une richesse à partager.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’est-ce la culture sinon une porte et un pont : <em>Tür und Brücke</em> ? Quelque chose qui nous entraîne vers le haut, l’accès à un bien supérieur, un enrichissement personnel, l’éveil de tous nos sens, l’ouverture aux autres. Elle intègre parfaitement les préoccupations d’Espoir et pourrait naturellement prolonger notre charte qui « reconnait en tout homme un être capable d’aimer et digne d’être aimé ». « Faire surgir l’amour à la place du jugement et de la répression » est un geste éminemment culturel.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors Espoir, une association culturelle de plus ? Non, nous n’avons aucune vocation à nous substituer aux acteurs et institutions culturelles existantes. Nous n’avons pas la prétention de les remplacer. Nous avons horreur d’une culture qui soit « instrumentalisée » devenant une force supplétive, selon les modes et les ressources financières, des politiques de communication, de développement économique, d’action touristique voire même de justification sociale. Quand rien ne va plus, faisons appel à elle. Elle a peut-être une idée, elle va peut être nous dépanner. C’est la mépriser et la réduire, c’est nier ce qu’elle a de profondément irréductible : une liberté absolue de création, de critique et même de subversion. Qu’elle dérange et alors <em>? Die Gedanken sind frei, wer kann sie erraten</em> ?  Les pensées sont libres, qui peut les deviner ?</p>
<p style="text-align: justify;">Si la culture est une aspiration à nous élever, elle est aussi une vocation, et pour parler, clairement, un métier.  Oui, il y a des gens qui en vivent et de plus en plus chichement en ces temps de crise. Des gens qui depuis toujours se battent pour la reconnaissance de leur « art ». Excommuniés autrefois, au temps de Molière encore, souvent laissés pour compte aujourd’hui. Toujours marginalisés ! Parce que jugés non productifs dans une société qui a érigé la rentabilité comme valeur suprême. « Vous servez à quoi » ? Y-a-t-il terme plus condescendant pour les désigner que celui d’ « intermittent du spectacle » ?</p>
<p style="text-align: justify;">Ceci rappelé, à chacun son histoire, à chacun sa spécialité ! Ce qui n’empêche ni les rencontres, ni les regards croisés, ni les solidarités. Ni d’explorer ces espaces intermédiaires où le social rencontre le culturel. Nous serions totalement en dehors de notre rôle si nous n’affirmions pas, fidèle à notre charte, la nécessité d’amener le plus large nombre de personne à ce bien capital, à ce patrimoine commun qu’est la culture. Si nous ne nous préoccupions pas d’une offre culturelle qui se soucie aussi de ceux qui en sont les plus éloignés. Et si on reparlait de « démocratisation culturelle », pour reprendre un terme aujourd’hui « ringardisé » parce qu’il nous renvoie à des décennies d’échec en la matière ? Voilà une notion bien enterrée. Fâcherait-elle encore ?</p>
<p style="text-align: justify;">Car la culture se décline aussi avec la santé, avec le handicap, avec les marginalités, avec la justice, l’éducation populaire et plus généralement avec le « vivre ensemble » dont il convient de faire autre chose qu’une belle expression ou une incantation.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle nous invite d’abord à changer de regard sur la culture des autres, de ceux qui sont venus de loin, étrangers d’origine ou gens du voyage, membres aujourd’hui, et pour certains depuis toujours, de notre communauté de vie. Leur patrimoine et bien culturels valent la nôtre. Mais qu’en connaissons-nous ? L’histoire de l’humanité ne s’arrête pas aux seules portes de l’Occident ni à celle des villes et villages alsaciens. Pas davantage aux populations sédentaires. Il nous faut aider à les valoriser. Mais peut-être faudrait-il au préalable consentir à les découvrir ?</p>
<p style="text-align: justify;">Elle nous conduit ensuite à reconnaitre la citoyenneté et l’identité de chacun et l’apport de tous à notre culture nationale. Ce qui fait qu’au bout du compte la culture d’un pays est une somme de valeurs ajoutées par une multitude d’origines diverses</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne s’agit pour autant de succomber aux facilités du syncrétisme ou du mille-feuille culturel en reniant ce qui constitue le socle de nos valeurs propres : les droits de l’hommes, la laïcité, la lutte contre l’exclusion et la reconnaissance des minorités ! Mais la nécessaire vigilance, l’intransigeance même sur quelques valeurs essentielles ne nous dispense pas de continuer à prévenir le rejet, à lutter contre la discrimination, l’intolérance et le racisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Les personnes en situation de précarité et d’exclusion, minorités migrantes, réfugiés et demandeurs d’asile doivent pouvoir accéder à l’art et la culture française, rhénane et européenne, puisque, que diable, nous vivons en Alsace. Pour eux aussi et surtout l’éducation artistique et culturelle est une nécessité que nous devons encourager et favoriser. Comment ? En en les aidant à fréquenter nos lieux de formation et de diffusion culturelle et en stimulant la création artistique de chacun d’entre eux.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pas du luxe ! C’est ainsi que se dénomme le Festival culturel de l’abbé Pierre.  C’est pas du luxe, c’est aussi notre conviction à Espoir. C’est une simple évidence hélas pas si évidente que cela en temps de crise, de repli de soi, et de frilosité économique et culturelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Espoir a toute sa place dans un débat culturel qui s’interroge sur la place de l’homme dans une culture marchande soumise aux injonctions et à la tyrannie de ce que l’on nomme aujourd&rsquo;hui, l’industrie culturelle. Soit une production de masse, technologique et despotique, qui fixe les règles, les modes et les comportements et fait de nous des consommateurs passifs d’une culture bling-bling, aseptisée, politiquement correcte et tout à fait abrutissante. Si l’homme de 50 ans qui n’a pas sa rollex est un raté que dire du gamin de 20 ans qui n’a pas la dernière version d’I Phone ?  La honte, le bouffon !</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons choisi délibérément la culture pour nos 40 ans. Avec tout au long de l’année, quelques rendez-vous festifs et militants que nous vous proposons avec des artistes qui partagent nos valeurs et notre engagement. Nulle intention de notre part de récupérer quoi que ce soit mais l’intime et ferme conviction que des passerelles existent et se vivent au quotidien. Et que la culture produit du sens, de l’échange et de la solidarité.</p>
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