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	<title>HISTOIRES D&#039;ALSACE &#187; XXe</title>
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	<description>Blog de Gabriel BRAEUNER, historien</description>
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		<title>Hommage à Marcel Thomann</title>
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		<pubDate>Sun, 31 May 2020 10:42:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits d'Alsaciens]]></category>
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<p><b><i><a href="http://www.histoires-alsace.com/hommage-a-marcel-thomann/download-8/" rel="attachment wp-att-824"><img class="alignleft size-full wp-image-824" alt="download" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2020/05/download1.jpg" width="201" height="250" /></a></i></b></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Le monde de l’histoire est en deuil. Une fois de plus. Après Christian Wilsdorf, il y a un an, Francis Rapp, il y a deux mois, c’est autour de Marcel Thomann de prendre congé de nous, à 96 ans. C’est une page qui se tourne, une génération d’historiens talentueux, nos aînés, qui viennent de se retirer. Marcel Thomann a été un remarquable historien du droit, un connaisseur rare de nos institutions et de leurs évolutions. Il fut le très entreprenant et efficace président de la Fédération des Sociétés d’histoire et d’Archéologie d’Alsace de 1978 à 1993, la hissant au sommet et en en faisant un acteur incontournable de la vie publique et culturelle alsacienne. Il la professionnalisa, assura son indépendance et réussit à préserver ce subtil équilibre entre le monde de la recherche universitaire et celui des sociétés d’histoire particulièrement nombreuses en Alsace. Qui mieux que lui pouvait les représenter ? Ce remarquable spécialiste de Christian Wolff, philosophe, mathématicien et juriste allemand de la <i>Frühaufklärung</i> était aussi un militant associatif apprécié. Son engagement pour les orgues en général et pour celles de Marmoutier, en particulier étaient connus. Au sein de la « Fédé », il contribua à maintenir la revue d’Alsace à un exceptionnel niveau de rigueur et d’exigence  scientifique  et fut l’initiateur, l’animateur et l’âme de ce beau cadeau à l’histoire d’Alsace qu’est le Nouveau Dictionnaire de Biographie Alsacienne (N.D.B.A.), si utile, si précieux aux chercheurs et à tous les amateurs de l’histoire de notre région.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Esquisse d&#8217;une Histoire Culturelle de l&#8217;Alsace entre 1918-1939</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Apr 2020 12:51:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[entre-eux-guerres]]></category>
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		<category><![CDATA[histoire d'Alsace]]></category>
		<category><![CDATA[renaissance]]></category>

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		<description><![CDATA[    Une double rupture ? La période qui suivit la fin de la Grande Guerre, fut en Alsace une nouvelle rupture. Voire une double rupture. On revint Français après avoir été durant presque un demi-siècle, sujets allemands. La France &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/esquisse-dune-histoire-culturelle-de-lalsace-entre-1918-1939/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.histoires-alsace.com/esquisse-dune-histoire-culturelle-de-lalsace-entre-1918-1939/festival_de_musique_de_strasbourg-1932/" rel="attachment wp-att-792"> </a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><span id="more-790"></span> </span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/esquisse-dune-histoire-culturelle-de-lalsace-entre-1918-1939/festival_de_musique_de_strasbourg-1932/" rel="attachment wp-att-792"><img class="alignleft size-medium wp-image-792" alt="Festival_de_musique_de_Strasbourg-1932" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2020/04/Festival_de_musique_de_Strasbourg-1932-194x300.jpg" width="194" height="300" /></a></span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Une double rupture ?</strong></em></span></h2>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">La période qui suivit la fin de la Grande Guerre, fut en Alsace une nouvelle rupture. Voire une double rupture. On revint Français après avoir été durant presque un demi-siècle, sujets allemands. La France qu’on redécouvrait n’était plus tout à fait la même que celle qu’on avait laissée en 1870. L’Alsace aussi avait changé. On ne peut pas dire qu’elle fut tout à fait malheureuse durant l’intermède germanique. Elle était devenue une région riche aussi bien économiquement que culturellement. Il est vrai qu’elle avait joué un rôle d’ambassadeur, elle fut une vitrine germanique face à la France disposant de quelques moyens que les autres régions allemandes n’obtinrent pas. La voilà désormais française. Allait elle jouer un rôle identique, en tout point symétrique, pour la France cette fois-ci ?</span><br />
<span style="text-decoration: underline;">Elle redevint donc française avec frénésie et connut l’ivresse du retour avant de connaitre la douleur du désenchantement. L’effusion tricolore ne dura pas. Les fiancés d’autrefois avaient vieilli. Ils avaient fait leur vie chacun de son côté et la vie les avait changés. L’une était devenue impériale, l’autre républicaine. La fusion ne pouvait être évidente. Elle ne le fut pas. S’installa très vite un malaise, surtout quand on voulut introduire les lois républicaines avec célérité, c’est ce qu’on appela le malaise alsacien, sorte de dépit amoureux et d’éloignement progressif du à une incompréhension mutuelle et à des différences spirituelles, religieuses et culturelles qui forgent les identités. L’identité régionale, forte de ses particularismes, avait du mal à se fondre dans une identité nationale dont la caractéristique principale était justement de les nier. </span><br />
<span style="text-decoration: underline;">La guerre n’était pas non plus tout à fait étrangère à ces incompréhensions mutuelles. 380 000 Alsaciens avaient été mobilisés dans l’armée impériale, 50 000 furent tués laissant 20 000 veuves et orphelins. Ils furent de l’avis de l’autorité allemande qui pourtant s’en méfia, de valeureux et loyaux soldats. Ils avaient été environ 20 000 qui servirent la France tout aussi courageusement. Fils d’optant ou engagés volontaires alsaciens de nationalité allemande. La victoire française de 1918 entraina, en outre, l’expulsion brutale de 220 000 Altdeutsche. Tous n’étaient pas de butés pangermanistes. L’Alsace y perdit quelques forces vives et la plupart de ses universitaires.</span><br />
<span style="text-decoration: underline;">Strasbourg a momentanément perdu son rôle de capitale politique. Le gouvernement de la République a décidé de départementaliser la gestion des affaires. C’est un haut commissaire qui est chargé de régler les affaires communes aux trois départements recouvrés. Un organe représentatif est mis en place, le conseil supérieur d’Alsace et de Lorraine qui deviendra, en 1920, le conseil consultatif d’Alsace et de Lorraine, avant de disparaître en 1924.</span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Une prospérité fragile mais réelle jusqu’en 1930</strong></em></span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Economiquement, la région, particulièrement prospère sous le Kaiserreich, continue sur sa lancée. Malgré le changement de régime, il y a une sorte de continuité dans l’essor que la crise de 1929 va interrompre brutalement. La paix de Versailles a déplacé la frontière des Vosges sur le Rhin. Strasbourg et l’Alsace bénéficient d’un régime douanier favorable. Le port de Strasbourg se développe, celui de Kehl lui est annexé jusqu’en 1928. En 1924, est créé le port autonome de Strasbourg. De nouveaux bassins sont creusés. Strasbourg figure parmi les places essentielles dans l’importation et l’exportation du charbon, notamment les minéraux de la Ruhr et de la Sarre. Le traité franco-allemand de 1928 fait de Strasbourg le passage obligatoire pour le charbon. Des sociétés de navigation, d’armement et de courtage s’implantent. Strasbourg est devenu le grand entrepôt de l’est de la France qui conduit à la création d’une bourse de commerce riche 500 membres en 1932. La ville compte également une industrie de production efficiente, dans le domaine de l’alimentaire notamment (minoterie, conserverie, chocolaterie, huilerie) et une industrie mécanique et électrique qui connait un grand essor jusqu’à la crise des années 30. (Usine automobile Mathis, entre autres. </span><br />
<span style="text-decoration: underline;">Plus généralement, l’Alsace s’inscrit dans cette prospérité relative qui voit, pour une décennie, la production du pétrole, de la potasse, de la betterave sucrière du houblon et du textile s’accroitre encore. Effet durable de la Grande Guerre et de l’épidémie de la grippe espagnole qui suivit, la population stagne. En 1936 l’Alsace comptait 1 218 000 habitants, elle en comptait autant en 1911. Quant à Strasbourg, qui avait plus que doublé sa population, passée de 86 000 habitants à 178 000 en 1910, elle avait 181 000 habitants en 1931. A peine plus, elle était même redescendue à 166 000 habitants en 1926.</span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>La langue comme enjeu</strong></em></span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Le retour à la France posa de façon essentielle la question de la langue qui redevint un enjeu politique, éducatif et culturel. Nationale, une et indivisible, la République ne saurait concevoir une autre langue que la langue française, ciment de l’identité nationale. Le recteur Charléty, de 1919 à 1927, va conduire une politique d’assimilation par la langue sans nuance, méprisant totalement l’héritage germanique et essayant de lui substituer la fameuse trilogie : savoir le français, parler le français, penser en français. Par les instructions du 19 octobre 1920, l’allemand n’est autorisé qu’à partir de la troisième année, en école primaire, à raison de trois heures hebdomadaires, auxquelles s’ajoute l’enseignement de la religion, en allemand ou dans le dialecte local, soit quatre heures, alors que «  pendant vingt et une heures, on donnera l’enseignement de la langue française et l’enseignement aura lieu exclusivement en français  ». Le personnel enseignant est déstabilisé. 30% du personnel autochtone ne possède pas le français. Pour ces enseignants, l’Umschulung, dans d’autres régions françaises, est traumatisant, humiliant et culpabilisant. Globalement, on assiste à une régression générale du niveau linguistique. Les jeunes élèves, les apprentis notamment maitrisent mal et le Français et l’Allemand. Sorti de l’école, on revient au dialecte que continuent de parler les parents dont l’éducation, en outre, s’était faite en allemand.</span><br />
<span style="text-decoration: underline;">La politique scolaire va provoquer des réactions vives où l’on mêle volontiers langue, enseignement religieux et statut confessionnel soit quelques ingrédients du mouvement autonomiste qui va éclore. L’église catholique, l’évêque Charles Ruch, la presse et le parti catholique de l’UPR revendiquent haut et fort l’instauration du bilinguisme, nécessité intellectuelle, sociale et économique selon eux. Il faudra attendre 1927 pour que le sénateur Helmer réussisse à convaincre le président Poincaré d’assouplir l’enseignement des langues en avançant l’enseignement de la langue allemande de 4 mois au 2e semestre de l’année scolaire, de l’inscrire comme épreuve obligatoire pour le CEP pour les dialectophones et de consentir à son enseignement à raison de sept heures hebdomadaires dont quatre d’enseignement religieux. Le recteur alsacien Pfister verra finalement dans l’enseignement de la langue allemande un intérêt religieux, économique, culturel, soit un enrichissement de l’esprit. Mais on a trop tardé, les résultats sont pour le moins mitigé. En 1931, le pourcentage des personnes parlant ou comprenant le français est de 52%. On maitrise mal la langue française et la qualité de la langue allemande s’est appauvrie, notamment dans les journaux, dont les Alsaciens restent de friands lecteurs.</span><br />
<span style="text-decoration: underline;"> Le fossé se creuse entre les élites qui possèdent la langue et même le monopole du patriotisme et la majorité. Pour les premiers, une université strasbourgeoise, richement dotée, désormais bastion de la culture française comme elle fut jadis celui de la culture germanique, dont les enseignants ou peu ou prou la même mission que leurs devanciers, franciser les esprits là ou eux avaient tenté de les germaniser. L’université est peu ouverte à la culture et à l’identité régionale. Ses effectifs sont cependant en augmentation par rapport à la période allemande passant de 2500 étudiants en 1921 à 3249 en 1934. </span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Le poids de l’autonomisme</strong></em></span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">En quelque mots, évoquons ce mouvement à la fois essentiel et singulier, qui aujourd’hui encore pose problème et nourrit le débat. Revenons à un peu de chronologie. Lors des élections législatives de 1924, le cartel de gauche l’emporte au niveau national. L’Alsace vote majoritairement pour le bloc national. A Paris, Edouard Herriot, radical socialiste, devient président du conseil. Dans une déclaration, restée fameuse, datée du 17 juin 1924, il annonce sa volonté d’achever rapidement l’assimilation de l’Alsace en y introduisant les lois de la République. La déclaration met le feu aux poudres. L’Alsace cléricale, mais relayée par la majorité de la population qu’elle encadre, se sent menacée. L’assimilation, pour elle, c’est la fin du concordat napoléonien que la IIIe République avait aboli en 1905, c’est la fin aussi de la loi Falloux, datée de 1850, si favorable à l’enseignement privé et notamment catholique. Les églises et leurs ouailles s’enflamment. L’église protestante épouse la cause catholique. L’Alsace est désormais dans la rue, elle résiste. Tout est bon pour éviter les lois laïques : pétitions, grèves, défilés et même un referendum scolaire. Le gouvernement Herriot finira par renoncer à son projet mais la suspicion sinon la méfiance s’installe.</span><br />
<span style="text-decoration: underline;"> En mai 1925, est créé  le journal Die Zukunft, qui défend le particularisme régional. Un an plus tard, le Heimatbund, ligue de la patrie publie un manifeste demandant l’autonomie dans le cadre de la France et le bilinguisme franco-allemand. Les partis politiques, qui risquent d’être débordés, s’ouvrent, les uns après les autres, aux idées de l’autonomisme. De quoi s’agit il sinon d’une notion complexe et nuancée qui distingue, avec un peu de recul, de séparatistes minoritaires encouragés par les intrigues allemandes jusqu’en 1939, futurs collaborateurs quand le régime nazi s’installera en Alsace en juin 1940, des autonomistes libéraux et pas seulement cléricaux qui veulent l’égalité des deux langues et le maintien du statut religieux et scolaire, des régionalistes majoritaires, partisans à la fois de la décentralisation administrative et du maintien des traditions alsaciennes si différentes de la culture laïque française.</span><br />
<span style="text-decoration: underline;">On se méfie les uns des autres. On se fait des procès d’intention avant de se livrer à un procès tout court, celui de Colmar en mai 1928. A la fin de l’année 1927, quinze responsables autonomistes sont arrêtés, jetés en prison, accusés de complot contre la sûreté de l’Etat, de menaces séditieuses, d’incitation des populations à la révolte armée. Le procès de cour d’assise fera pschitt, n’aboutissant par manque de preuves manifestes, qu’à des sanctions légères qui n’atténueront guère le divorce entre la région et Paris. Il y a des mauvais procès comme il y a des mauvaises idées ou des mauvaises histoires. Des procès qui ne devraient jamais se dérouler. Des procès ratés ou iniques qu’on aimerait oublier. Le procès de Colmar par exemple.. Drôle de procès qui est entré dans l’histoire sous l’appellation abusive de « procès de Colmar ». En réalité, ce fut le procès des autonomistes alsaciens, le Komplott Prozess comme titrait alors la presse régionale. Le procès du complot des autonomistes, la belle affaire. </span><br />
<span style="text-decoration: underline;">Dans le box des accusés, une quinzaine d’autonomistes alsaciens, des sincères comme des tordus, des régionalistes comme des séparatistes. Ils sont en réalité trente-deux mais certains sont en fuite. On les accuse de comploter contre l’État, d’intelligence avec l’ennemi, d’avoir des liens avec certains milieux allemands « nostalgiques », de toucher de l’argent d’officines germaniques revanchardes : des accusations graves qui justifient la parution devant la cour d’assises à Colmar, ou qui le justifieraient si on avait des preuves tangibles.</span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Le procès est de fait mal engagé, on suppute, on accuse, on a du mal à sortir les preuves. On accuse sans discrimination des régionalistes sincères, qui n’avaient jamais songé à voir l’Alsace coupée de la France, et d’authentiques mais minoritaires séparatistes, qui ne rêvaient que de cela et que l’on retrouvera plus tard, fieffés nazis et collaborateurs patentés. La confusion fut totale, surtout quand un zélé commissaire de police se fit fort d’arrêter bientôt ces redoutables conspirateurs et collaborateurs qu’étaient Albrecht Dürer et Erwin von Steinbach, évidemment tous deux hommes du Moyen Âge qu’il prenait pour des contemporains ! La faiblesse de l’accusation fut telle que le jugement fut cassé et que les accusés de Colmar furent renvoyés devant la cour de Besançon, qui les acquitta un an plus tard. Les partis politiques continuent cependant à se diviser. Et les autonomistes l’emporteront aux législatives d’avril 1928 grâce à leur alliance, entre autres, avec le parti communiste à l’intérieur du Volksfront. C’est ainsi que Strasbourg, la socialiste, longtemps administrée par Jacques Peirotes, s’offre un maire communiste, Charles Hueber, élu grâce aux voix des autonomistes et des communistes.</span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Clivages littéraires</strong></em></span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Cette atmosphère tendue, qui oscillait entre adhésion et rejet, entre continuité et rupture, ne pouvait laisser le monde culturel indifférent. En quoi fut-il affecté par cette tension entre, d’un côté, la tentation de l’assimilation, et de l’autre, la résistance à celle-ci par la défense des valeurs régionales et des traditions alsaciennes. La langue fut une fois encore un lieu de cristallisation qui affecta en priorité et de façon naturelle la littérature plus qu’elle ne concerna les autres modes d’expression culturelle, beaux-arts et musiques par exemple. La Revue d’Alsace, dans l’article consacré au 10e anniversaire de la Société savante d’Alsace-Lorraine avait, en 1937, parfaitement cerné le problème en écrivant : « Parmi les problèmes multiples et variés que le retour de nos personnes devait poser, l’un des plus délicats, sans doute, fut celui des chercheurs et des écrivains alsaciens-lorrains qui, de cœur français, mais de culture allemande, se voyaient brusquement arrêtés dans leur activité littéraire et scientifique », ce qu’avait confirmé, dans d’autre lieux, Albert Schweitzer, qui écrivit en novembre 1934, « Si l’on voulait comprendre dans certaine sphères qu’en puisant à pleine main dans les sources vivifiantes de la culture française, nous avons le droit et le devoir de ne pas laisser tarir pour notre pays celle dont notre langue maternelle nous assure l’accès. Mais nous sommes loin de cette compréhension.» Le constat datait de 1934, rien n’était donc réglé. Malentendus et incompréhensions perduraient.</span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">La littéraire d’expression allemande, représentée par le poète Louis Edouard Schaeffer, Camille Schneider, Henri Solveen, le dramaturge Claus Reinbolt, le romancier prolifique Paul Bertololy n’a plus accès à la scène allemande. La littérature d’expression française, à cause de l’autonomisme, connaît des problèmes de diffusion. Se rattachent à cette famille, Marcel Edmond Naegelen (Le Revenant), René Spaeth , chantre de l’Alsace transfigurée, Claude Odilé, auteur des Quatre minuscules en 1927 qui illustre le drame de la conscience alsacienne, Jacques Dieterlen (Le Roman de la cathédrale), Maurice Betz, par ailleurs traducteur de Rilke, auteur de Le Rouge et le Noir, qui évoque la résistance à la germanisation. Comme à l’époque du Reichsland, la littérature dialectale connait une extraordinaire floraison : le théâtre de Gustav Stoskopf, de Ferdinand Bastian, les contes de Noel de Georges Baumann, l’oeuvre poétique des frères Mathis qui se poursuit, celle des poètes sundgauviens Nathan Katz et Charles Zumstein qui nait et s’impose progressivement dans le paysage littéraire régional. A la frange, avec un pied en dedans et un autre en dehors, il y a enfin tous ces écrivains alsaciens qui refusent de se confiner à l’espace régional, dont le destin est ailleurs, transfrontalier, européen, universel : le dadaïste Hans Arp également peintre et sculpteur, les surréalistes Yvan Goll et Maxime Alexandre, l’européen René Schickele qui vit depuis 1918 à Badenweiler avant de s’exiler, une fois les nazis au pouvoir, dans le sud de la France et qui vient de publier sa trilogie romanesque Das Erbe am Rhein, infatigable héraut de la mission alsacienne de médiation entre la France et l’Allemagne, qui dans l’Allemagne de Weimar fut élu à l’Académie allemande en compagnie de Thomas et Heinrich Mann et de Hermann Hesse. N’oublions pas enfin de citer ces esprits universels, Alsaciens de langue allemande que sont le philosophe Ernest Barthel, le théologien Charles Pfleger et bien entendu l’universel, paradoxal et inclassable Albert Schweitzer.</span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>A la recherche d’un espace culturel autonome</strong></em></span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Reflet de cette diversité, les organismes artistiques et littéraires qui se mettent en place dont L’ARC, créée en 1924, qui revendique un rôle de médiateur pour le mouvement culturel alsacien entre la France et L’Allemagne. La crise autonomiste y raviva les antagonismes, certains ne surent résister à la tentation politique. Henri Solveen se retrouva sur le banc des accusés au procès autonomiste de Colmar, Louis Edouard Schaeffer passa du nationalisme initial de son recueil Bloj, wiss, rot à la revue Der Eiserne Mann à l’orientation résolument autonomiste. En réaction à cette politisation radicale, se constitue, en 1929, la Société des Ecrivains d’Alsace à l’initiative de Gustave Stoskopf, Marcel Edouard Naegelen et Camille Schneider. Son but est de créer en Alsace un espace culturel autonome par rapport à l’espace politique pour retrouver une critique dont les critères ne soient pas politiques afin d’éviter qu’une plume en langue allemande ou une autre en langue française, par le simple fait de s’exprimer, provoque des « feux de harcèlement de tous côtés » (Camille Schneider). La Société des Ecrivains alsaciens, qui encourage la culture du terroir sans enfermement, publie en 1931 une revue : Les Cahiers Alsaciens. Schickele, Schweitzer, Arp et Flake y participent. Preuve qu’elle répond à une nécessité, elle a réussi à réunir des écrivains de tous horizons. En 1933, parait dans la même perspective une anthologie sous la direction de Buchert, Nebelkuh. Mais l’ambiguïté demeure. Si l’initiative de la constitution de la Société des Ecrivains d’Alsace doit être comprise comme étant une tentative d’occuper le terrain dans une perspective nationale, d’autres ne voient pas les choses ainsi. Le culte du terroir est fortement teinté d’autonomisme pour eux. Les Strassburger Monatshefte, de Friedrich Spieser à la fin des années 1930, lèveront tout ambiguïté. Le terroir à cultiver est devenu exclusivement germanique, sinon national-socialiste. Pour l’heure, l’invitation à cultiver son terroir est relayée par les nombreuses sociétés d’histoire locale qui voient le jour ( Niederbronn, Sundgau, section historique et littéraire du club vosgien, Bouxwiller, Saverne, Trois Vallées) et qui se retrouvent à partir de 1935 dans une nouvelle Fédération des sociétés d’histoire d’Alsace.</span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Un repli territorial ?</strong></em></span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Le repli sur le terroir régional est une cause partagée par la recherche également. La revue d’Alsace s’ouvre de plus en plus aux universitaires. En 1920, Joseph Lefftz et Alfred Pfleger éditent la revue mensuelle Elsassland, ouverte au Folklore, à la littérature, à l’histoire et aux arts. Elle comptera 20 tomes en 1939. En 1926, l’abbé Joseph Brauner fonde la Gesellschaft für elsass. Kirchengeschichte où collaborent Médard Barth et Lucien Pfleger. L’année suivante, l’Elsass lothringische Wissenschaftliche Gesellschaft est portée sur les fonts baptismaux. L’histoire régionale est l’objet de toutes les attentions. L’archiviste colmarien </span><br />
<span style="text-decoration: underline;">Auguste Scherlen fait progresser l’histoire de sa ville, Robert Forrer dresse le bilan des fouilles préhistoriques, gallo-romaines et mérovingiennes à Strasbourg en 1927, son collègue Hatt s’empare de Strasbourg au XVe siècle. L’histoire religieuse voit J. Levy travailler sur les pèlerinages, Médard Barth sur la liturgie et le culte des saints, Lucien Pfleger sur les paroisses. Le pasteur Adam publie l’Histoire de l’église protestante de Strasbourg en 1922 et celle des autres territoires alsaciens en 1928. L’histoire de l’art trouve en Hans Haug sur les faïences, porcelaines et ferronneries et en A.Riff sur les étains d’excellents spécialistes.</span><br />
<span style="text-decoration: underline;">A l’université, Paul Lévy publie une très utile Histoire linguistique d’Alsace et de Lorraine (1929) alors qu’Alfred Schlagdenhaufen nous éclaire sur La langue des poètes strasbourgeois Albert et Adolphe Matthis. Fritz Kiener, professeur d’histoire d’Alsace, a créé une collection d’études sur l’histoire du droit et des institutions d’Alsace. Peu de temps avant sa mort, intervenue en 1924, Rodolphe Reuss a encore pu publier une Histoire de Strasbourg (1922) et surtout la Constitution civile du clergé et la crise religieuse en Alsace, 1790-1795, en deux volumes (1922). Les régionalistes ou autonomistes catholiques contribuent également à cette frénésie régionaliste par l’ouvrage collectif Das Elsass von 1870-1932, paru à Colmar en 1936-1938) en quatre volumes, à la mémoire de l’abbé Haegy.</span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Une forte curiosité outre-Rhin</strong></em></span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">L’Alsace décidément est l’objet de maintes attentions. L’outre-Rhin s’y montre sensible. Les émigrés de 1918 y pourvoient. En 1923 est fondé l’Elsass-Lothringen Heimatstimmen par Robert Ernst, Alsacien, fils de pasteur qui a volontairement choisi l’Allemagne en 1918, pour défendre la culture allemande en Alsace. La propagande politique est manifeste. L’intéressé, ainsi qu’Emile Scherer, prêtre de son état, ont distribué de 1925 à 1930, deux millions de marks fournis par l’Auswärtiges Amt avec le consentement du ministre Stresemann.</span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Ces réfugiés, dont certains ont eu des postes importants dans la vie culturelle de l’Alsace, terre d’Empire, ont créé un organisme de recherche sur l’Alsace-Lorraine, le Wissenchaftliches Institut der Elsass-Lothringer im Reich, installé à Francfort et présidé par deux universitaires alsaciens Albert Ehrard, puis Gustav Adolf Anrich. Le secrétariat étant confié à l’ancien responsable de la Bibliothèque universitaire et régionale Wolfram. Reconnaissons que cet institut a obtenu quelques remarquables résultats sur le plan de la recherche scientifique L’Atlas historique d’Alsace Lorraine de Werner Gley, en 1932, n’a jamais été dépassé et a reçu, en son temps, un accueil élogieux des historiens français. De même, Das Reichsland Elsass-Lothringen 1871-1918, en cinq volumes, parus de 1931 à 1938 reste une source précieuse pour qui veut s’intéresser à la période. Il est vrai que maints auteurs des articles furent des acteurs de cette période. L’institut a, en outre, édité les œuvres allemandes de l’humaniste Thomas Murner en neuf volumes (1924-1930) et achevé la correspondance politique de la ville de Strasbourg (1928-1933). Chaque année, il publie un annuaire l’Elsass-Lothringisches Jahrbuch (1922-1940).</span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Des Bibliothèques actives</strong></em></span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">La lecture publique et personnelle continue, elle aussi, sur sa lancée d’avant-guerre. On lit toujours autant en Alsace. Les lecteurs de journaux sont restés assidus et les journaux, pour l’essentiel, désireux de toucher un maximum de lecteurs, publient leurs éditions en langue allemande. Une incitation forte sinon agaçante à lire en langue française, transparait au lendemain de la guerre. Les autorités ont pris conscience du retard pris par la province retrouvée dans la maitrise de la langue nationale. Des dizaines de milliers d’ouvrages en langue française sont distribués par l’Alliance française.</span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Les bibliothèques publiques participent à l’effort mais comptent toujours énormément de livres en langue allemande dans leurs fonds. La Bibliothèque municipale de Strasbourg, riche de ses 177 000 ouvrages prête en 1931, 27 000 écrits français, des romans surtout, contre 33 000 ouvrages allemands. Trois ans auparavant, la bibliothèque de Mulhouse, qui possède plus de 65 000 volumes, dont 7000 Alsatiques, prête 20 300 en langue française contre 22 000 en langue allemande. Le réseau des bibliothèques des petites villes s’étend. Barr, Bischwiller, Haguenau, Illkirch, Guebwiller, Illzach, Munster, Ribeauvillé, Rouffach, Sainte-Marie aux Mines, Soultz et Thann disposent d’équipements auxquels il convient d’ajouter les nombreuses bibliothèques paroissiales, catholiques et protestantes qui ont leurs cercles de lecture. Des travaux de modernisation sont entrepris dans quelques bibliothèques locales qui se lancent aussi dans des travaux d’inventaire et de sauvegarde (catalogue de la Bibliothèque de Sélestat par l’abbé Walter). A l’autre bout de l’échelle, la Bibliothèque régionale obtient le statut de BNU en 1936. Elle est dépositaire du dépôt local, dispose de la personnalité civile et de l’autonomie financière. La BNUS est la deuxième bibliothèque de France par le nombre de volumes (1,5 millions). Son administrateur Ernest Wickersheim procède à un énorme travail de cotation. L’occasion de confronter deux traditions bibliographiques, le répertoire alphabétique d’un côté, reflet d’une pratique française, le catalogue systématique, de l’autre, expression d’une pratique germanique et anglo-saxonne.</span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Un théâtre dont on a rogné les ailes</strong></em></span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">La langue impose également son diktat à la production théâtrale. A Strasbourg, de 1918 à 1929, on ne joue que des pièces en langue française. Les classes moyennes, jadis avide de théâtre, rechignent à y mettre les pieds. Les maladresses officielles n’arrangent guère les choses. Une ordonnance préfectorale interdit les pièces en allemand même quand elles sont jouées par le Théâtre de Bâle, un habitué des scènes locales. En 1920, l’interdiction de la pièce de Schmidlin, Odilia, suscite de vives réactions. De l’autre côté, le recours, à Colmar, aux troupes de Fribourg et de Bâle n’est pas davantage apprécié. Il faudra attendre l’arrivée des autonomiste à la tête de quelques villes en 1929 pour revoir des salles combles à l’écoute de pièces allemandes qui deviendront de nouveau rares après 1933 et l’arrivée de Hitler au pouvoir. Contrairement à la période précédente, le théâtre alsacien ne bénéficie pas de la crise identitaire. Contesté par les partisans de l’unité nationale, il a perdu de son mordant chez les autres. La crise autonomiste le rendra encore davantage suspect et provoquera à Colmar notamment une véritable scission entre les membres. Paradoxalement, c’est une pièce dialectale, traduite en français, Bartholdi et son Vigneron, qui produite à Paris, connait un véritable triomphe. Il est vrai qu’elle est politiquement correcte, très francophile à l’image du Bartholdi historique qui le fut pleinement. En réalité, le bilan du théâtre alsacien demeure contrasté. Il fut particulièrement productif à Mulhouse où le TAM connait un authentique succès, jouant durant cette période plus de 70 pièces nouvelles.</span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Musique sans frontières</strong></em></span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mais la Langue musicale comme autrefois se joue des frontières. C’est qu elle n’est pas une langue comme les autres. Strasbourg est resté la capitale musicale de la région. Les talents y sont toujours aussi nombreux. Certains ont été formés dans et par le Reichsland. On pense à Fritz Munch, frère de Charles qui sera le grand patron de la vie musicale strasbourgeoise durant l’entre-deux-guerres. Un spécialiste de Bach d’abord, qui promeut aussi des compositeurs contemporains comme Arthur Honegger, et porte haut et loin le chœur de Saint-Guillaume. Strasbourg dispose de quelques institutions musicales de qualité : La Société de musique de chambre, l’orchestre de radio Strasbourg créé en 1930, la Société des amis de la musique de Strasbourg qui organise en 1933 le premier festival de Strasbourg, le premier festival en France qui accueille de prestigieuses formations dont l’orchestre philharmonique de Berlin avec Wilhelm Furtwängler et le Gewandhaus de Leipzig dirigé de Bruno Walter pour ne citer qu’eux. La musique d’église reste vivace, comme elle le fut durant la période de la terre d’Empire. Le Chanoine François Xavier Mathias poursuit une œuvre féconde, de chant grégorien et d’orgues. L’abbé Hoch fonde la chorale de la cathédrale qui se produit à Paris, Salzbourg et Vienne. Marie Joseph Erb, révélé avant-guerre, continue de composer. Sa messe Dona nobis pacem figure au programme de toutes les chorales catholiques d’Alsace. Il connait la consécration à travers un festival qui lui rend hommage en 1934.</span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">D<em><strong>es artistes au talent solide, rarement novateurs</strong></em></span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Les beaux-arts comme autrefois sont pratiqués par des artistes au talent solide, rarement novateurs. Ils suivent plus qu’ils ne précèdent ne créent ni ne constituent une avant-garde, défricheuse de voies nouvelles. Arp est une brillante exception qui fait carrière ailleurs qu’en Alsace. Difficile de désigner un courant architectural ni même une architecture qui marque l’entre-deux-guerre. Dans le domaine de la peinture, quelques anciens continuent à faire l’affiche, rejoints par quelques jeunes qui s’agrègent à eux sans les bousculer : Gustave Stoskopf, toujours là, est un excellent portraitiste, Paul Braunagel un fin observateur des mœurs locales, Jacques Gachot un excellent fauve, René Kuder un spécialiste des paysages et des scènes de vie religieuse, René Allenbach un parfait connaisseur de Strasbourg, Louis Philippe Kamm, un avisé peintre du terroir, Charles Walsch un habitué des couleurs crues, Paul Iske, un expressionniste fauve, et Richard Brunk de Freundeck, un graveur dont le talent est incontestable. Les sculpteurs que le Reichsland consacra ont survécu à la grande guerre, Rupert Carabin et Alfred Martzolff notamment, mais aussi Anna Baas et René Hetzel.</span><br />
<span style="text-decoration: underline;">Emergent quelques regroupements d’artistes désireux à la fois de vivre une aventure collective et de progresser : le groupe de mai, fondé en 1919, prêt à s’ouvrir aux influences parisiennes, le groupe de l’ARC déjà cité qui s’élargit aux écrivains pour amorcer un dialogue franco-allemand et le mouvement de la Barque.</span><br />
<span style="text-decoration: underline;">L’Alsace serait-elle davantage un pays de musée que de créateurs ? Les musées connaissent tous un développement sensible : Mulhouse, Colmar grâce à Hansi, conservateur très professionnel du musée d’Unterlinden à partir de 1921, Strasbourg enfin par l’intermédiaire de Hans Haug qui achète des œuvres d’artistes modernes, développe les collections d’art déco et contribue à l’ouverture du musée de l’œuvre ND. Il organise de nombreuses expositions grâce à la Société des Amis des Arts qu’il préside.</span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Radio Strasbourg</strong></em></span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Comme avant-guerre, la culture s’élargit. L’Alsace n’est pas restée à l’écart de la culture de masse qui voit le cinéma continuer de rallier les suffrages, surtout quand il passera au parlant en 1929, le football s’imposer comme sport de masse et distraction essentiellement masculine, la pratique du cyclisme comme de la promenade à pied se répandre, notamment dans les Vosges, celle du ski continuer à se démocratiser, et la gymnastique porter haut et fort les couleurs du confessionnalisme sportif. Rien de bien neuf par rapport au début du siècle ? Si, quand même, l’intrusion de la radio qui progressivement va équiper les familles, les unes après les autres. Radio Strasbourg est créée en 1930. Il était temps. Radio Stuttgart émettait depuis des années…des émissions alsaciennes ! Radio Strasbourg est une émanation de l’administration des postes et des télégraphes. Elle est destinée à être une radio de propagande nationale. Elle s’émancipe rapidement de la tutelle parisienne, pratiquera le bilinguisme, multipliera les émissions régionalistes et surtout sera un exceptionnel outil de démocratisation musicale grâce notamment à l’orchestre de radio Strasbourg, créée en 1932.</span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Pour en  savoir plus :</strong></em></span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Gabriel Braeuner, <em>L&rsquo;Alsace au temps du Reichslkand</em>,<em> un âge d&rsquo;or culturel</em> ? Editions du Belvédère, 2013</span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Bernard Vogler, Histoire culturelle de l&rsquo;Alsace, Strasbourg, 1993</span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Gabriel Braeuner , texte de conférence, octobre 2015</strong></em></span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong> </strong></em></span></h4>
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		<title>Hommage à Francis Rapp</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Mar 2020 08:46:22 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[XXe]]></category>
		<category><![CDATA[Francis Rapp]]></category>
		<category><![CDATA[histoire d'Alsace]]></category>
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		<description><![CDATA[Il a été un de grands médiévistes. Spécialiste de l’histoire du Saint empire Romain germanique , de l’humanisme, de la Réforme et de l’histoire religieuse plus généralement. Membre de  l’Académie des Inscriptions et Belles lettres( 1993), un de ces enseignants &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/hommage-a-francis-rapp/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><del><span style="color: #888888;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/hommage-a-francis-rapp/download/" rel="attachment wp-att-679"><img class="alignleft size-full wp-image-679" alt="download" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2020/03/download.jpg" width="194" height="259" /></a></span></del></p>
<p style="text-align: justify;">Il a été un de grands médiévistes. Spécialiste de l’histoire du Saint empire Romain germanique , de l’humanisme, de la Réforme et de l’histoire religieuse plus généralement. Membre de  l’Académie des Inscriptions et Belles lettres( 1993), un de ces enseignants qui vous marquent à vie. Ceux rares qui méritent le nom de maître. Maître de vie même, car Francis Rapp qui vient de succomber (hier) au coronavirus n’était pas qu’un remarquable pédagogue mais un homme courtois, probe, affable et ouvert aux autres, chrétien fervent qui avait fait de l’amour du prochain une maxime de vie. Je lui avais dédié mon ouvrage « Au cœur de l’Europe humaniste « et lui avais remis en main propre à l’automne 2018, cinquante ans après avoir été son élève ! Il vient de m’écrire, une dernière fois, le 18 février, il y a à peine un mois. Toujours aussi attentif et humain. Francis Rapp ne s’était jamais remis du départ de son épouse Marie-Rose, décédée en juillet 2018, qui était aussi sa collaboratrice. Ils se sont enfin retrouvés. L’Humanisme a perdu un de ses meilleurs spécialistes. Et l’humanisme chrétien un de ses représentants les plus éminents.</p>
<p style="text-align: justify;">Gabriel Braeuner, 30 mars 2021</p>
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		<title>Cinquante dates pour un anniversaire  : Chronologie de Sélestat 1966-2016</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Jan 2017 14:49:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[histoire d'Alsace]]></category>

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		<description><![CDATA[À l’aune de la longue histoire de notre ville que sont cinquante ans ? Presque rien ou si peu ! Rapportée à notre histoire personnelle, la perception du temps n’est plus la même. Cinquante ans, c’est un demi-siècle ! Cela change la donne, &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/cinquante-dates-pour-un-anniversaire-chronologie-de-selestat-1966-2016/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.histoires-alsace.com/cinquante-dates-pour-un-anniversaire-chronologie-de-selestat-1966-2016/th-3/" rel="attachment wp-att-647"><img class="alignleft size-full wp-image-647" alt="th" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2017/01/th2.jpg" width="300" height="199" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>À l’aune de la longue histoire de notre ville que sont cinquante ans ? Presque rien ou si peu ! Rapportée à notre histoire personnelle, la perception du temps n’est plus la même. Cinquante ans, c’est un demi-siècle ! Cela change la donne, cela change un homme, cela change même une ville. Depuis que Sélestat et Waldkirch sont devenues des villes sœurs par la grâce d’un jumelage vieux d’un demi-siècle, elles ont changé, elles ont grandi. Nous avons retenu cinquante dates, parmi une multitude, pour accompagner cet épanouissement. Toutes n’y sont pas et pour cause. Il n’est pas question ici d’un rapport d’activité ou d’un bilan municipal de fin de mandat. Le choix fut nécessairement subjectif mais il dit finalement assez éloquemment « qu’il s’en est passé des choses dans notre commune en cinquante ans ! »</em></p>
<p style="text-align: justify;">1965-1983<br />
<em>Maurice Kubler est maire de Sélestat.</em><br />
1966<br />
Le 22 mai, Sélestat signe un pacte de jumelage avec la ville de Waldkirch en Forêt- Noire.<br />
1968-1969<br />
Le Centre de secours principal pour le corps des sapeurs pompiers de Sélestat, ensemble vaste et fonctionnel permettant des interventions rapides, est réalisé entre la rue d’Iéna et la rue des Capucins, en bordure du quai des Pêcheurs.<br />
1971<br />
Le Collège Mentel, au sud du Muhlbach, ouvre ses portes de même que la cité scolaire Schwilgé qui deviendra un lycée plus tard dans le cadre naturel d’un espace situé à proximité des remparts et du lac de canotage.<br />
1976<br />
Association à but non lucratif, l’Agence culturelle d’Alsace voit le jour en juin 1976 lors de la signature de la première Charte culturelle régionale de France visant à l’accès du plus grand nombre à la culture. Elle accompagne par son expertise les collectivités publiques, créateurs, diffuseurs et associations dans les domaines des politiques culturelles, de l’art contemporain, du spectacle vivant, du cinéma et de l’image animée.<br />
1981<br />
Construction sur le site du lac de canotage d’un complexe sportif évolutif couvert (COSEC) qui accueille les sports collectifs et de combats, l’escalade, l’escrime et le tennis de table.<br />
1982<br />
Crée au sein de l’Agence culturelle d’Alsace à Sélestat, le Fonds régional d’art contemporain (Frac Alsace) développe trois missions principales : le soutien à la création artistique contemporaine, sa diffusion et la sensibilisation des publics.</p>
<p style="text-align: justify;">1983-1987<br />
<em>François Kretz est maire de Sélestat.</em></p>
<p style="text-align: justify;">1983<br />
Une première zone piétonne est introduite au cœur historique de la ville.<br />
1984<br />
Pour promouvoir la jeune création contemporaine, l’exposition Sélest’Art est lancée.<br />
1985<br />
À l’initiative de Lucienne Schmitt, professeur de philosophie, s’ouvre en ville le Centre des droits de l’homme.<br />
1987<br />
Création à Sélestat du Centre de formation des musiciens intervenants à l’école qui dépend de l’Université des Sciences humaines de Strasbourg.</p>
<p style="text-align: justify;">1988-1989<br />
<em>Roland Weber est maire de Sélestat.</em></p>
<p style="text-align: justify;">1989-1996<br />
<em>Gilbert Estève est maire de Sélestat.</em><br />
1989<br />
L’ancienne caserne Schweissguth rénovée accueille un nouveau lycée professionnel et le CFA (septembre.<br />
1 990<br />
14 et 15 février, le Giessen connaît une crue exceptionnelle qui affecte les quartiers nord. Une cinquantaine de cadavres d’animaux sont retirés de l’Illwald (Chevreuils, sangliers et marcassins).<br />
Création de l’Harmonie 90<br />
Sélest’Art qui en est à sa septième édition, s’ouvre sur le Grand Est et accueille 10 000 visiteurs en trois semaines d’exposition.<br />
1991<br />
Pour la première fois, le Corso fleuri est gratuit pour les Sélestadiens. Ils seront plus de 6000 à retirer leurs souches.<br />
Sélestat est classé en Station de tourisme (6 septembre).<br />
500e anniversaire de la naissance de Martin Bucer à Sélestat. Expositions à la Bibliothèque humaniste et à Strasbourg.<br />
Le 5 novembre, Brice Lalonde, ministre de l’environnement remet au maire Gilbert Estève le 1er trophée d’Eco-maires récompensant la politique d’environnement de la ville.</p>
<p style="text-align: justify;">1992</p>
<p style="text-align: justify;">Ouverture de l&rsquo;antenne locale des Restaurants du coeur  de Coluche à l&rsquo;initiative d&rsquo;Aïcha  Moussonni (  Aïcha Rennane).</p>
<p style="text-align: justify;">1993<br />
Une commande publique, Le rêve de Sarkis est installée sur le Rempart sud édifié par Jacques Tarade entre 1675 et 1681.<br />
Sélest’Art devient une biennale d’art contemporain.<br />
1994<br />
L’orchestre de Chambre de Sélestat voit le jour.</p>
<p style="text-align: justify;">1996-2001<br />
<em>Pierre Giersch est maire de Sélestat.</em><br />
1996<br />
Le nouveau bâtiment de l’ACTA est inauguré en 1996. François Kieffer, Ante Josip Von Kostelac et Pierre Kimmenauer sont les trois architectes qui ont réalisé l’ensemble qui s’ouvre sur l’Ill par sa façade vitrée et se prolonge vers la route de Marckolsheim.<br />
1997<br />
Réalisée par les architectes Christian Schouvey et Jacques Orth, la Médiathèque intercommunale ouvre ses portes sur le front de l’Ill.<br />
1998<br />
Dans le triangle formé par les églises Sainte-Foy, Saint-Georges et la Bibliothèque humaniste est mis en place La lame de Marc Couturier, deuxième commande publique de la ville.<br />
Création de Zone 51, association de promotion et de diffusion de musiques nouvelles<br />
1999<br />
Daniel Buren habille la Bibliothèque humaniste à travers l’opération « Nuits et jours : couleurs ! » dans le cadre de Sélest’Art.<br />
2000<br />
L’Illwald rejoint le réseau des sites NATURA 2000.</p>
<p style="text-align: justify;">2001<br />
<em>Marcel Bauer est maire de Sélestat</em><br />
La Maison du pain est ouverte à côté de l’Hôtel d’Ebersmunster. Hommage au savoir faire d’une corporation liée à l’histoire de la ville, l’établissement a également une vocation touristique.<br />
2002<br />
La mairie annexe du quartier du Heyden est ouverte.<br />
2004<br />
La place de la République est réaménagée.<br />
2005<br />
Le 8 mai est inaugurée la stèle dédiée aux victimes civiles de 1944-1945.<br />
Inauguration en octobre de la Maison de la Solidarité qui accueille les associations Paprika et l’Atelier au service des plus démunis.</p>
<p style="text-align: justify;">2006<br />
Le 7 avril est signé l’acte officiel de jumelage entre Sélestat et la ville de Dornbirn, capitale du Voralberg en Autriche, une pimpante commune touristique de 44 000 habitants.<br />
2007<br />
En janvier, l’ancienne maison du gardien de la Banque de France de Sélestat est occupée par le pôle économique, soit un regroupement de compétences réunissant le Service économique de la Ville, la chambre des Métiers d’Alsace et Alsace Centrale Initiatives.<br />
Le Pole archéologique interdépartemental rhénan est inauguré par le Ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres.<br />
L’association Zone 51 grandit encore et créée un Centre de ressources des musiques actuelles.<br />
2008<br />
Début du Festival Charivari, un événement culturel qui mêle culture et handicap sur fond de spectacles musicaux et théâtraux par l’ESAT l’Evasion de Sélestat (Établissement et Service d’aide par le Travail).<br />
2009<br />
À la rentrée, une partie de l’ancien couvent de Sylo, rue de l’Hôpital, devient maison de la citoyenneté et de la police municipale.<br />
Achèvement de la nouvelle piscine des remparts – une réalisation intercommunale — qui ouvre ses portes en juillet 2009.<br />
Un nouveau concept voit le jour à Sélestat, rue des Canards. Des logements adaptés aux personnes à mobilité réduites et une structure d’auxiliaire de vie accueillent les premiers locataires à l’automne.<br />
2010<br />
Après presque deux ans de travaux, le Centre sportif intercommunal, extension du COSEC Eugène Griesmar est inauguré les 23 et 24 janvier. Au total la superficie de l’équipement atteint les 9 800 m2 et compte 3300 places assises en tribunes.<br />
Le 3 juin, Sélestat devient la ville la plus sportive de France (communes de moins de 20 000 habitants) pour la deuxième fois de son histoire. Le prix est attribué par le quotidien national du sport l’Équipe.<br />
2011<br />
Le 26 mai, La Bibliothèque de Beatus Rhenanus est officiellement inscrite au Registre Mémoire du Monde de l’UNESCO.<br />
2013<br />
Sur les traces du géant Sletto et du lion de la ville, un nouveau parcours de visite de patrimoine avec découverte des principaux édifices historiques de Sélestat est mis en place à partir du 15 septembre alors que de nouveaux espaces pavés pour la zone piétonne sont aménagés au cœur de la vieille ville.<br />
2 014<br />
Nous ne la reverrons plus telle que le XIXe siècle nous l’a léguée, la Bibliothèque humaniste ferme ses portes le 25 janvier en attendant de connaître une nouvelle jeunesse. Le 11 septembre, le choix du jury, chargé de choisir le projet architectural de la Nouvelle Bibliothèque Humaniste, se porte sur le projet  De Mathieu &amp; Bard, associé à l’architecte Rudy Ricciotti, l’auteur du MUCEM à Marseille… et des Tanzmatten à Sélestat !<br />
Le 12 mars est ouvert le sentier d’interprétation de l’Illwald. À la même période, le Jardin Hortus Beatus de l’espace Martel Catala (Jardin de l’ancienne Banque de France) est ouvert au public.<br />
2015<br />
De février en mai, la rue du Marteau est réaménagée afin d’assurer un espace accessible et convivial aux commerçants et à leurs clients les jours de marché.<br />
2016<br />
Le 28 février, Sélestat obtient le label prestigieux de Ville d’Art et d’Histoire.<br />
Le 29 avril est posée la première pierre de la Nouvelle Bibliothèque humaniste de Sélestat dont l’ouverture est prévue en 2018.</p>
<p style="text-align: justify;">Gabriel Braeuner, été 2016, article paru dans l&rsquo;<em>Annuaire des Amis de la Bibliothèque humaniste</em> 2016</p>
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		<title>Il y a vingt ans décédait Edmond Gerrer, maire de Colmar</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Jan 2017 09:32:39 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/edmond-gerrer-un-maire-humaniste/gerrer-edmond/" rel="attachment wp-att-230"><img class="alignleft size-full wp-image-230" alt="Gerrer Edmond" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2012/12/Gerrer-Edmond.jpg" width="464" height="303" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a vingt ans, le 26 mai 1996, décédait Edmond Gerrer, maire de Colmar de 1977 à 1995. Quelques semaines après Marcel Rudloff, maire de Strasbourg, qui avait été son ami. Quelques jours avant Gilbert Estève maire de Sélestat, plus jeune que lui, appartenant à une autre famille politique, mais proche intellectuellement et spirituellement.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme toute une génération de jeunes nés au lendemain de la Grande Guerre, Edmond Gerrer s’était engagé en politique tout de suite après la Seconde Guerre mondiale, au sein d’une Europe à reconstruire et d’une difficile mais exaltante réconciliation franco-allemande à entreprendre. Vous avez bien entendu « engagé » comme tout homme de conviction pour qui les œuvres sont le prolongement naturel de la foi. Engagé au sens d’Albert Schweitzer qui proclamait : « j<em>e crois dans la mesure où j’agis</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Avant d’être maire, Edmond Gerrer depuis 1956 &#8211; il était entré au conseil municipal de Colmar en 1953 &#8211; avait été l’adjoint de Joseph Rey qui présida aux destinées de la ville de 1947 à 1977. Il avait ainsi participé et contribué à l’essor de Colmar, durant les Trente Glorieuses, qui avait vu la ville croître et se moderniser, s’étendant massivement à l’ouest, se dotant, au nord, d’une vaste zone industrielle et entreprenant une politique de rénovation urbaine et de restauration architecturale destinée à assurer un bel avenir à son riche passé.</p>
<p style="text-align: justify;">Si le philosophe, élève, un temps, de Heidegger à Fribourg, avait rêvé de « la cité idéale », le pédagogue &#8211; il enseigna à l’École normale de Colmar, de 1947 à 1979 &#8211; savait que la voie serait étroite et le chemin difficile. Quand il devint maire, le monde connaissait la crise économique et amorçait une récession qui obligea les responsables à réduire leurs projets et investissements. Si Colmar fut elle aussi contrainte, elle put, sous ses mandats rigoureux, se préserver du déclin. Elle continua à accueillir les investisseurs (Ricoh, 1987), réalisa enfin le contournement autoroutier tant attendu (1995) et mit tout son poids dans l’enseignement (Lycée Camille Sée, 1991), la recherche et l’université faisant de Colmar le deuxième pôle de l’Université de Haute-Alsace. En 1993, les I.U.T colmariens, alors au nombre de quatre, avaient acquis leur autonomie par rapport à Mulhouse.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet investissement économique et pédagogique ne se départit jamais d’un questionnement social constant et naturel. Souvenons-nous de l’écoute et du parfait climat entretenu avec l’association Espoir dont il fut toujours proche. Cette relation étroite permit à l’association de réaliser le Foyer Tjibaou en 1979, la Clausmatt, en 1986, ainsi que, la même année, les bâtiments de la rue Ampère.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce fils de charpentier, né à Lautenbach dans la vallée de Guebwiller en 1919, avait lancé les chantiers lourds de la restauration des églises colmariennes historiques : La collégiale Saint-Martin (1972-1985), qui lui tint particulièrement à cœur, les Dominicains (1980-1993) et les Franciscains, aujourd’hui église Saint-Matthieu (1982-1997).</p>
<p style="text-align: justify;">L’homme cultivé, lecteur exigeant des anciens comme des modernes, s’était nourri aux sources de notre patrimoine littéraire européen. Comme tout bon Alsacien, il savait combien notre double héritage culturel français et allemand  était fécond et contribuait à l’enrichissement de notre identité.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce grand lecteur de Goethe et de Rilke, qui possédait parfaitement la langue allemande, n’avait pas oublié le dialecte de son enfance, partagé avec l’écrivain Jean Egen, l’inoubliable auteur des Tilleuls de Lautenbach, leur village natal.  je fus le témoin d’échanges savoureux, parfois même emprunts de gravité, avec Germain Muller qui, chaque année pendant des décennies, prenait le chemin de Colmar pour y présenter sa nouvelle revue du Barabli. Une amitié forte liait les deux hommes.</p>
<p style="text-align: justify;">Son mandat de maire  fut fortement marqué par ses convictions culturelles. Il avait su donner une impulsion nouvelle à la vie culturelle de la cité, la dotant d’un Festival de musique au rayonnement international (1989) et d’un ambitieux Salon du livre (1989). L’Atelier du Rhin trouva enfin résidence à la manufacture des tabacs (1990) tout comme la maison des associations (1985). L’École maîtrisienne prit son envol (1985) pour devenir une des premières maîtrises de France. La ville s’ouvrit au vaste monde en se jumelant avec Princeton, joyau des universités américaines (1987), Eisenstadt, en Autriche (1983), la ville de Haydn, et Györ, en Hongrie (1993), à proximité de l’abbaye de Pannonhalma, haut lieu, depuis l’an mil, de la spiritualité de l’Europe centrale.</p>
<p style="text-align: justify;">Au terme de son dernier mandat, Edmond Gerrer se retira en 1995. Il devait décéder, un an plus tard, vaincu par une implacable maladie qu’il avait supportée avec courage.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que les termes « humanisme et humanistes » sont aujourd’hui galvaudés, c’est  pourtant  ce qualificatif qui sied le mieux à Edmond Gerrer qui, à sa place  de maire de Colmar, émule d’Érasme et d’Albert Schweitzer, fut un homme selon la définition qu’en donna Goethe :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>À toi-même soit fidèle et fidèle à autrui</em><br />
<em>Et que la peine que tu donnes soit de l’amour</em><br />
<em>Et que la vie que tu mènes soit action.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Gabriel Braeuner<br />
printemps 2016, article publié dans la Revue Espoir, 3e trimestre 2016 et dans le Programme 2016-2017 du Théâtre alsacien de Colmar.</p>
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		<title>La coopération des sociétés d’histoire de part et d’autre du Rhin : un essai à  transformer!</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Jan 2017 19:27:51 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Qui connaît le réseau des sociétés d’histoire du Rhin supérieur (Netzwerk Geschichtsvereine am Oberrhein) qui a vu le jour, le 16 juin 2012 à Lucelle, dans ce qui reste de l’ancien monastère cistercien ? Quatre ans  après ce pittoresque baptême, où &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/la-cooperation-des-societes-dhistoire-de-part-et-dautre-du-rhin-un-essai-a-transformer/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/la-cooperation-des-societes-dhistoire-de-part-et-dautre-du-rhin-un-essai-a-transformer/th/" rel="attachment wp-att-623"><img class="alignleft size-full wp-image-623" alt="th" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2017/01/th.jpg" width="300" height="103" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Qui connaît le réseau des sociétés d’histoire du Rhin supérieur (<em>Netzwerk Geschichtsvereine am Oberrhein)</em> qui a vu le jour, le 16 juin 2012 à Lucelle, dans ce qui reste de l’ancien monastère cistercien ? Quatre ans  après ce pittoresque baptême, où en sommes-nous ? Ouvert à toutes les sociétés d’histoire de la région du Rhin supérieur, le réseau était censé développer les contacts transfrontaliers entre les uns et les autres à travers une structure souple et partager une information régulièrement actualisée. Est-il devenu ce lien incontournable du dialogue transfrontalier pour l’histoire régionale ou, au contraire, est-il venu grossir le rang de l’organigramme transfrontalier déjà abondamment fourni ?<br />
Evitons d’emblée tout malentendu. Les sociétés d’histoire dont il est question ici ne sont pas à confondre avec les sociétés savantes pour qui la rencontre transfrontalière et les compte rendus des travaux de recherche font partie des attributions naturelles ? Dans ce domaine, la <em>Zeitschrift für die Geschichte des Oberheins</em> (Z.G.O) et la Revue d’Alsace font un travail admirable depuis des décennies. Non, les sociétés d’histoire dont nous parlons sont celles de tous ces passionnés d’histoire, amateurs au sens premier du terme, plus de cent vingt rien qu’en Alsace, regroupées dans la très entreprenante Fédération des sociétés d’histoire et d’Archéologie d’Alsace, nettement moins nombreuses de l’autre côté du Rhin mais non moins valeureuses. Elles constituent toutes une part de notre identité régionale, au même titre que nos sociétés de gymnastique et de chant choral autrefois. Les plus anciens de ces sociétés d’histoire locale remontent au temps du <em>Reichsland</em>.<br />
La souplesse de son organisation est un atout indéniable du réseau. A sa tête, un comité trinational élu pour un mandat de deux ans, constitué d’un représentant français, allemand et suisse, assisté par un suppléant chacun. Aucune hiérarchie dans leurs rapports, pas de président mais une assemblée plénière tous les deux ans pour renouveler le comité et fixer les grandes lignes du programme à mener. Les six se réunissent en général tous les semestres et disposent d’un siège symbolique au <em>Dreiländermuseum</em> de Lörrach qui leur offre un site internet, comptabilise les sociétés membres et publie, trois fois par, an un bulletin d’information que nos amis allemands s’évertuent à appeler Newsletter, où figurent la plupart des informations transfontalières susceptibles d’intéresser ses membres.<br />
L’organisation, tous les deux ans, d’un colloque d’histoire transfrontalière accentue sa visibilité. Il en est aujourd’hui à sa troisième édition et se déroulera l’année prochaine à Offenburg, après Strasbourg (2013) et Liestal(2015). Six chercheurs, deux par pays, présentent leurs travaux de recherche ou évoquent un point d’histoire transfrontalière au cours d’une journée en général bien fréquentée. Plus de quatre vingt personnes avaient ainsi participé au colloque de Strasbourg, en octobre 2013, à la Maison de la région Alsace, la moitié provenant d’Allemagne et de Suisse. Constat réjouissant, les organisateurs n’ont jamais été en panne de sujets ou d’intervenants, preuve indirecte que les thèmes traités sont mobilisateurs et que le Rhin supérieur ne connait pas de frontière, du moins dans ce domaine-là.<br />
Autre atout non négligeable, la publication régulière de la lettre d’information publiée sur la toile et relayée, pour la partie alsacienne, par le Bulletin de liaison trimestriel de la Fédération des sociétés d’histoire et d’archéologie d’Alsace.<br />
Tout serait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, celui de l’Oberrhein, en l’occurrence ? Voilà un réseau qui fonctionne depuis quatre ans, sans anicroche aucune. La cohésion voire l’amitié régnant entre les membres du comité fait plaisir à voir. L’auteur de ces lignes peut en témoigner.<br />
Mais qui aime bien, châtie bien selon le vieil adage. Les militants de la cause transfrontalière, aux têtes désormais chenues, restent un peu sur leur faim. Probablement, dans l’ambiance bucolique de Lucelle, espéraient-ils davantage ? Mais pouvait-on mieux faire que d’assurer ce service minimum qui a le mérite d’exister à défaut d’enthousiasmer ? Ce sentiment d’appartenance au Rhin supérieur, pour généreux qu’il soit, ne se heurte-t-il pas toujours et encore à quelques disparités juridiques et administratives, sinon culturelles et politiques dont, entre autres, l’obstacle de la langue. On a beau en faire une incantation, vouloir apprendre la langue du voisin, et pire, compte tenu de l’âge des participants, se piquer de la connaître, la réalité est désespérante : On se précipite sur les écouteurs et les traductions simultanées quand on organise un colloque transfrontalier. Les revues d’histoire ignorent dans leur écrasante majorité la langue du voisin. Quant aux sociétés d’histoire locale, reconnaissons, qu’à de rares exceptions près, la préoccupation transfrontalière reste secondaire quand elle n’est pas inexistante. On garde le regard rivé sur l’horizon de son territoire, qu’il soit urbain ou rural. On dépasse rarement le ban communal et si l’intercommunalité est administrativement de mise, on se gardera cependant de franchir le Rhin. Autre monde, autres mœurs ? On a assez à faire avec l’histoire de sa petite <em>Heimet</em>, sa petite patrie. Il n’est pas certain que le réseau répondait pour la majorité des sociétés d’histoire à une véritable attente. Elles étaient, et sont toujours, apparemment heureuses dans le cadre étroit de leur périmètre.<br />
Plus de cent vingt sociétés d’histoire pour un territoire aussi petit que L’Alsace, voilà une situation originale qui n’a pas d’équivalent dans le reste de la France, pas davantage en Allemagne et en Suisse. C’est à la fois réjouissant et inquiétant. Réjouissant, car le phénomène témoigne d’un bel attachement au patrimoine local, inquiétant, parce que cet émiettement, caractéristique de l’Alsace, contribue à renforcer le sentiment qu’on ne s’intéresse qu’à son petit territoire et qu’en dehors, comme disait Montaigne, c’est déjà l’étranger. On ne peut manquer d’être frappé par la difficulté que rencontre la lettre d’information à chaque parution pour collecter des informations qui soient vraiment transfrontalières.<br />
Compte-tenu du nombre de nos sociétés d’histoire en Alsace, une structure centralisée comme la Fédération s’impose. Elle permet à ses membres de parler, de temps en temps, d’une seule voix et se montre fort utile et efficace quand il s’agit d’organiser une manifestation d’envergure, comme un colloque d’histoire transfrontalière par exemple. La mobilisation est rapide, l’information partagée et les négociations avec les pouvoirs publics facilitées dans le mesure où ces derniers n’ont qu’un seul interlocuteur qui parle au nom d’une centaine d’autres. Rien de tout cela n’existe chez nos partenaires de proximité qui envient notre organisation  et notre efficacité. Bel et paradoxal éloge de la centralisation par des praticiens, de longue date, de la décentralisation On en rougirait presque mais on se refusera de bouder notre plaisir.<br />
Ainsi fonctionne notre réseau entre le souhaitable et le possible. Cela fait quelques années que cela dure et il y a des projets pour quelques années encore. Le pragmatisme et la flexibilité sont les atouts majeurs du réseau. Ce dernier n’est qu’une pierre qui aide à bâtir l’édifice de la coopération transfrontalière. Non pas essentielle mais à sa place. Comme toutes les initiatives transfrontalières qui s’évertuent à démontrer, jour après jour que le Rhin est autant porte que pont, <em>Tür und Brücke</em>.<br />
Gabriel Braeuner<br />
article publié par la Revue <em>Land un Sproch/ Les cahiers du bilinguisme n</em>° 199, septembre 2016.</p>
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		<title>Qu’est-ce être Alsacien aujourd’hui ?</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Jan 2017 19:19:39 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#160; Dans ma quête identitaire, ce n’est pas à Clio, à qui je rends un culte empressé tous les jours depuis des décennies, que je me référerai d’abord, mais à sa sœur Calliope qui de la poésie épique fut la &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/quest-ce-etre-alsacien-aujourdhui/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
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<p style="text-align: justify;">Dans ma quête identitaire, ce n’est pas à Clio, à qui je rends un culte empressé tous les jours depuis des décennies, que je me référerai d’abord, mais à sa sœur Calliope qui de la poésie épique fut la muse.<br />
Je ne connais pas définition plus vraie de l’Alsace que celle du poète alsacien de langue française, Jean–Paul de Dadelsen (1913-1957), qui dans l’admirable Goethe en Alsace, poème posthume, nous présentait ainsi  notre région :<br />
« <em>Pays du milieu, pays façonné par le légionnaire romain et le moine missionnaire irlandais, pays où les Bibles familiales gardent la trace d’aïeules ukrainiennes, polonaises, souabes, grisonnes, piémontaises, franc-comtoises, flamandes, pays qui se souvient des grands-ducs d’Occident et de Napoléon, pays qui a semé de jeunes morts la Palestine et les Allemagnes, l’Egypte et le Mexique, l’Indochine et toutes les Russies. Pays du général Rapp, aide de camp de l’Empereur. Pays de Kléber. Pays d’Albert Schweitzer. Par sa vitalité, sa solidité, sa lourdeur, ses lits à hauts édredons rouges, carrefour de tous les rangs d’Europe, pays fait pour durer.</em> »<br />
J’en ai fait mon hymne, le texte par lequel je commence toutes mes présentations sur l’Alsace. C’est ma prière quotidienne. Je la chanterai volontiers si elle avait été mise en musique. Pour moi, être Alsacien aujourd’hui c’est professer ce que Dadelsen, en tant que poète, énonça si clairement.<br />
Pays du milieu… dont la géographie détermine l’histoire, l’économie et même son identité politique et culturelle : celle de la via media comme du corridor.<br />
Pays façonné par le légionnaire romain… et tous ceux qui suivirent. Façonné, c&rsquo;est-à-dire construit lentement et laborieusement, dans la douleur le plus souvent. Dont l’identité ne s’est pas faite en un jour mais qui fut forgée pas à pas. Une identité ouverte, constituée de l’apport des uns et des autres, de l’héritage germanique comme de l’héritage français et non pas réductible à l’un ou à l’autre. Il faut se référer, à ce propos, à l’admirable texte de Werner Wittich, universitaire allemand, sur la <em>Deutsche und französiche Kultur im Elsass</em> parue… en 1900 dans la Revue Alsacienne Illustrée.<br />
Pays ou les bibles familiales gardent la trace d’aïeules ukrainiennes …flamandes, soit un mélange aussi incertain que réjouissant qui devrait nous préserver à tout jamais de la tentation du nombrilisme, de l’ethnicité et de l’égarement raciste.« Dans ce pays, il n’y a pas qu’une seule ethnie, mais toutes sortes de gens &#8211; observait au milieu du XVIe siècle, le Bâlois d’adoption Sébastien Münster dans sa Cosmographie, ils accourent du pays souabe, de la Bavière, de la Bourgogne et de la Lorraine et ne repartent que rarement. »<br />
Pays qui se souvient des grands-ducs d’Occident et de Napoléon… Soit un pays de la mémoire, des châteaux, de la cathédrale, des églises, des stèles et des cimetières, des monuments aux morts, des musées et des champs de bataille : nos lieux de mémoire ! Par son paysage et ses monuments, l’Alsace demeure un livre d’histoire perpétuellement ouvert.<br />
Pays qui a semé de jeunes morts… le monde entier ! Qui dit mieux que le poète le destin de tous ces jeunes Alsaciens partis à la guerre, de tout  temps, et qui ont laissé leur vie dans des conflits qui les dépassaient ?<br />
<em>Wo sin die vun Namur un Narwick ?</em><br />
<em>Die vun Moskau bis zum Schwarzen Meer</em><br />
<em>Die vun Italie, die vun Afrik</em><br />
<em>Un beau jour, Ils sont partis à la guerre…</em><br />
<em>Do sin se… mini Kumbel vum Cuntad</em><br />
(Germain Muller, extrait de la revue du Barabli, <em>D’Litt han kaan Geld</em>, 1948)<br />
Pays de Kléber et d’Albert Schweitzer… De l’homme de guerre comme de l’homme de paix. Le monde était leur l’horizon et pour le dernier, l’humanisme son credo, l’altérité sa mission, et le respect de la vie, de toutes les vies, la philosophie !<br />
Voilà pour la profession de foi. À partir de là découlent quelques pratiques, je n’ose écrire une liturgie, que bien modestement j’ai essayé de suivre depuis quelques décennies. J’ai bricolé dans mon coin une façon d’être Alsacien. Égoïste mais pas seul, convaincu qu’une conversion avant d’être collective est d’abord individuelle. Que me chaut de sauter sur ma chaise comme un cabri en disant « Alsace, Alsace », si je ne la vis pas d’abord au quotidien et sur la durée. «<em> Je crois dans la mesure où j’agis </em>» disait Albert Schweitzer qui continue de m’inspirer.<br />
Cela fait 25 ans, que je regarde chaque jour un journal télévisé français et son équivalent allemand, que je lis un journal français et un journal allemand, ou à défaut, l’éditorial d’un des grands journaux de part et d’autre du Rhin. Malgré notre position frontalière, nous connaissons mal la réalité politique culturelle, économique et sociale contemporaine de nos voisins allemands. La réciproque est tout aussi vraie en Pays de Bade. Je suis effaré par la permanence des clichés qui subsistent ici et ailleurs. Comme en toute bonne pédagogie Il y a, au préalable, des connaissances à acquérir .<br />
Je reste persuadé de la nécessité de continuer à privilégier la langue du voisin et n’ai pas le sentiment qu’on y tende actuellement. Ni en Alsace ni chez nos voisins malgré l’urgence économique. Je suis prêt à me battre pour que l’histoire d’Alsace soit enseignée à l’école. Elle n’est pas seulement méconnue  à l’extérieur, mais également en Alsace et particulièrement par ceux qui s’en revendiquent.<br />
J’ai longtemps cru que le dialecte était un constituant identitaire essentiel. Je continue de le pratiquer avec délectation basculant de plus en plus dans une «triphonie weckmanienne ».  Mais J’ai épousé une fille de l’intérieur et mes enfants ne parlent pas un traître mot de mon dialecte mais se sentent pourtant tout aussi Alsacien que moi. Il y a donc autre chose, d’autres valeurs, d’autres références qui nous caractérisent. Et c’est tant mieux.<br />
Il s’appelle Sébastien Bizotto, il est d’origine italienne et habite le Haut-Rhin. Il a écrit une superbe pièce de théâtre sur Germain Muller qui s’appelle La chère main de Germain. Il ne parle ni l’allemand ni l’Alsacien, Pourtant, il a tout compris. Comme quoi… et comme lui, il y  a d’autres des milliers de jeunes d’origine étrangère qui sont nés ici, feront souche et pour qui se posera immanquablement la question de leur appartenance identitaire. Selon le principe vérifié de l’acculturation, leur culture s’enrichira de la nôtre et réciproquement.<br />
Quand Érasme est venu en Alsace au XVIe siècle, c’est parce qu’on excellait dans le latin et les belles lettres, l’imprimerie et l’histoire, une certaine idée de la paix et de la pédagogie, une ouverture sur l’Europe et le monde, une foi engagée. L’humanisme quoi ! Voyez Schweitzer, la seule personnalité comparable à Érasme, qui partageait toutes les qualités précitées en y ajoutant une autre : celle de continuer à parler… le dialecte jusqu’au soir de sa vie !<br />
Fort de ce qui précède, la réforme territoriale qui nous intègre désormais dans un Grand Est nébuleux ne me fait ni chaud ni froid. Elle ne change rien à l’affirmation de mon identité. Si je la dénonce ce n’est pas parce qu’elle aurait supprimé L’Alsace, ce qui est une ineptie, mais parce que c’est une mauvaise réforme mal pensée, mal préparée, mal expliquée, mal rédigée, sans moyens matériels et financiers, en un mot inutile.<br />
Pourquoi voulez vous que je m’inquiète, je reste convaincu comme le poète que «  l’Alsace est le carrefour de tous les sangs d’Europe, pays fait pour durer »/ K<em>rizung vun àlla Blüater vo Europa, Land wo gemacht isch fer za düra</em> ( Gérard Leser).</p>
<p>Gabriel Braeuner<br />
Article paru dans la revue <em>Land un Sproch</em>/ les cahiers du bilinguisme, n° 199, Septembre 2016</p>
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		<title>Faut-il rééditer Mein Kampf ?</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Dec 2015 16:29:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Hitler]]></category>
		<category><![CDATA[Mein Kampf]]></category>

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		<description><![CDATA[L’intention fait débat. Elle aurait même tendance à affoler la toile. Le sujet n’est pas seulement sensible depuis les attentats du 13 novembre, il l’était déjà avant les tragiques événements.  C’est  une réaction vive et hostile de Jean-Luc Mélanchon qui &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/faut-il-reediter-mein-kampf/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/faut-il-reediter-mein-kampf/mein-kampf-couverture/" rel="attachment wp-att-610"><img class="alignleft size-full wp-image-610" alt="Mein-Kampf-couverture" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2015/12/Mein-Kampf-couverture.jpg" width="624" height="468" /></a></p>
<p>L’intention fait débat. Elle aurait même tendance à affoler la toile. Le sujet n’est pas seulement sensible depuis les attentats du 13 novembre, il l’était déjà avant les tragiques événements.  C’est  une réaction vive et hostile de Jean-Luc Mélanchon qui attisa le feu. On savait depuis quelque temps que les éditions Fayard annonçaient une réédition de Mein Kampf, assortie de commentaires d’historiens, envisagée pour la  fin de l’année 2016. Il faut reconnaitre au leader du Front de gauche quelques qualités pour prendre la pose, sinon la posture, et dire solennellement : «  Non pas Mein Kampf quand il y a déjà Le Pen. J’observe une chose, partout où il a été édité, il a eu un succès de librairie exactement parallèle à la montée des courants politiques racistes et ethnicistes. Faut pas raconter d’histoire : éditer c’est diffuser, diffuser c’est commencer à convaincre parce que Hitler a écrit ce livre pour convaincre. Et ma foi, il y est quand même arrivé dans son propre pays. »</p>
<p style="text-align: justify;">La forme comme souvent dans ce type de jugement, prime sur le fond. Ces prises de position  sont censées faire le buzz sur la toile, et auprès des médias dont l’intéressé,  comme  ses pairs ou concurrents, connait les rouages. L’ami Melanchon  s’est pris une volée de bois verts par  de nombreux historiens qui lui ont rappelé d’abord une belle évidence : il suffisait de deux clics sur internet pour lire le brûlot d’Hitler, largement accessible et sans aucune précaution éditoriale ou critique. Sait-il et sait-on, en outre, qu’à la différence de l’Allemagne et des Pays-Bas, la version française continue à être publiée, année après année, par les Nouvelles Editions latines (NEL). 2500 exemplaires seraient ainsi vendus annuellement, en toute légalité, dans notre pays. Cela fait plus de 80 ans que cela dure. La même maison d’édition, alors proche de l’Action française de Maurras, l’avait édité une première fois en 1934. Depuis 1979, ce livre qui n’a pas le droit d’être exposé dans une vitrine de librairie (mais qui est autorisé à être vendu) est obligatoirement précédé d’un avertissement de huit pages qui rappelle l’incompatibilité totale entre les thèses qu’il développe et les valeurs de la République. Le livre pamphlet connait toujours un équivoque succès en Amérique latine, dans les pays arabes au Proche Orient et en Afrique du nord. Il fut même un bestseller en Turquie, il y a une dizaine d’années.</p>
<p style="text-align: justify;">Rappelons que Mein Kampf est un livre d’environ 800 pages, écrit par Adolphe Hitler, en prison à Landsberg  en Bavière, publié en deux tomes en 1925 et 1926. Il énonce les bases idéologiques du programme nazi, après avoir raconté sa vie, une vie rêvée, truffée de mensonges où il se présente en héros. Il développe ensuite la théorie  de l’espace vital, la théorie de la supériorité de la race aryenne et enfin celle de l’élimination de la menace judéo-bolchévique.  Il propage, entre autres délires, un discours antisémite virulent, en proie au délire « complotiste » où les Juifs sont accusés de tout contrôler. En 1945, on estimait à 12 millions, le nombre d’exemplaires qui avaient été écoulés, assurant la fortune d’Hitler. Avec les droits perçus, il put même refuser son traitement de chancelier. Offert en cadeau à tous les mariés, il n’échappait pas  à l’obligation d’achat pour les institutions et fonctionnaires. Mais ce mauvais livre, lourd et très mal écrit avait connu un tiède succès dans la république de Weimar. Il fallut qu’Hitler accédât au pouvoir pour que subitement on lui reconnût du talent…</p>
<p style="text-align: justify;">Mein Kampf est il aujourd’hui dangereux? Maintenant qu’il est du domaine public. Il le sera à partir de 1er janvier 2016. Sa réédition fut et demeure un sujet de controverse. Elle dépasse le cadre hexagonal. Elle concerna d’abord la Bavière, propriétaire des droits depuis 1945, à l’initiative des alliés. Longtemps réticent à l’idée de le rééditer, l’Etat bavarois s’opposa, dans un premier temps, en 2012,  à l’initiative de l’Institut  d’histoire contemporaine de Munic de travailler à une version commentée de l’ouvrage avant de changer d’attitude, le 20 février dernier. Il est vrai que le projet des historiens allemands avait de quoi le rassurer. Il recensait 5000 commentaires soit 2000 pages de texte supplémentaires pour déconstruire et démystifier l’objet du scandale et faire ainsi œuvre pédagogique. En Allemagne même, d’autres voix s’élevaient pour qu’on ne ravive pas les vieilles blessures en tournant définitivement la page.  La communauté juive, elle-même était partagée. Alors que le président israélien Shimon Perez, en visite en Bavière en 2013, faisait part au président du Land de sa vive opposition, le Conseil central des Juifs d’Allemagne, une entité fédérale, soutenait la mouture critique des universitaires allemands. Ces derniers, dans une Allemagne qui continue à se reconstruire,  sont formels : il ne s’agit pas d’oublier les horreurs perpétrées sous le régime nazi, il s’agit, au contraire d’en faire œuvre de mémoire pour que tout soit fait afin qu’elles ne se renouvellent pas :  « Nous avons cherché, dans un premier temps à décoder les mensonges d’Hitler, explique Christian Hartmann, historien à l’Institut d’histoire contemporaine de Munich, mais aussi à décoder toutes ces idéologies pour rendre l’histoire plus compréhensible aujourd’hui. »</p>
<p style="text-align: justify;">En France, la réédition prévue chez Fayard, répond à la même logique pédagogique : le texte traduit sera doté d’une forte armature critique. Les historiens estiment que leur rôle est justement  de prendre en charge  les ouvrages qui tombent dans le domaine public. Echaudé par le rôle instrumentalisé  que les politiques aimeraient parfois leur faire jouer dans la mise en œuvre du roman national, ils les renvoient à leur véritable fonction : «  Les historiens écrit l’un d’eux, sont là pour écrire des livres et parler du passé ; les hommes politiques du futur».Les clivages existent aussi en France. Outre le parti de gauche, le parti communiste français, La Ligue des Droits de l’homme, et le CRIF se montrent réticents à cette réédition. Ce dernier souhaite que la Fondation pour la mémoire de la Shoah puisse être associée au travail de réédition du livre. La Licra estime, pour sa part, que la prohibition du mal ne stoppe pas le mal.  « Cet ouvrage existe, estime son président. S’il doit être republié &#8211; la réédition est inéluctable pour des raisons juridiques – il faut le faire pour des raisons pédagogiques, pour expliquer le mal que ce livre a produit «</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Q</strong><strong>u’en pense Clio, fille de Mnémosyne</strong></em> ? Elle donne volontiers la parole à Christian Ingrao, chercheur au CNRS, qui répliquait ainsi à Jean-Luc Mélanchon dans le Journal Libération : «  Il faut s’adresser à des lecteurs comme vous, Monsieur, pour les conduire à cesser de rejeter Hitler et Mein Kampf dans le pathologique et la démonologie, pour les conduire à penser en termes historiens et politiques simplement. Il faut arrêter de croire  que Mein Kampf  nazifierait les égarés qui tomberaient dessus par accident. C’est un livre qui ne peut convaincre que les convertis. Les cinquante dernières années du labeur acharné des historiens ont montré que le Troisième Reich ne fut pas la réalisation d’un programme écrit dans l’ennuyeux livre du futur dictateur, mais bien que le génocide  constitua l’aboutissement de politiques incohérentes, obsessionnelles, portées à l’incandescence homicide par un mélange de considérations  idéologiques , logistiques, économiques et guerrières.  Ni les usines de la mort,  ni les groupes mobiles de tuerie ne sont annoncés  dans Mein  Kampf et il est tout simplement faux de penser accéder à la réalité du nazisme et du génocide par la seule lecture du piètre pamphlet du prisonnier autrichien. »</p>
<p style="text-align: justify;">Gabriel Braeuner, novembre 2015, article rédigé pour la revue Espoir</p>
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		<title>L&#8217;exposition Bernard Plossu à Sélestat</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Nov 2015 18:04:35 +0000</pubDate>
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<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.histoires-alsace.com/lexposition-bernard-plossu-a-selestat/avt_bernard-plossu_1728/" rel="attachment wp-att-593"><img class="alignleft size-full wp-image-593" alt="AVT_Bernard-Plossu_1728" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2015/11/AVT_Bernard-Plossu_1728.jpg" width="358" height="480" /></a><br />
Je vois un symbole particulièrement riche dans le fait que la Médiathèque  intercommunale de Sélestat accueille dans ses murs cette exposition des photographies de Bernard Plossu consacrée aux pages de mémoires de feue la bibliothèque humaniste de Sélestat. Car au-delà de ce quelle fut, ou qu’elle sera à nouveau, dans, espérons le, peu de temps, telle qu’en elle-même mais transfigurée, notre bibliothèque humaniste, celle de l’école latine et cette de Beatus Rhenanus fut aussi  la bibliothèque municipale qu’à partir de 1997 l’actuelle médiathèque  intercommunale prolongea si efficacement. Vous êtes, chers amis  toujours  et encore dans la plus belle médiathèque d’Alsace et je continue à le proclamer, les visitant les unes après les autres. Il n’y avait donc pas plus bel écrin ni endroit plus justifié que notre médiathèque  pour accueillir  l’exposition photographique de Bernard  Plossu.<br />
Mais il n’y avait pas de photographe plus approprié que Bernard Plossu pour retrouver sans avoir l’air d’y toucher le génie particulier de ce lieu, cette ambiance et cette atmosphère uniques et délicieusement désuète. Les photographes n’on pas besoin qu’on les cite, leur art consiste à donner à voir et dans ce domaine Bernard Plossu est inégalable. Vous trouverez dans les livres, les catalogues, et même sur la toile tous les éloges qu’il mérite. Vous y trouverez aussi  l’illustration  de cette manie bien contemporaine à vouloir le classer dans une catégorie bien déterminée de photographe de voyage, d’adepte exclusif du noir et blanc, de conservateur à jamais fidèle au vieux Nikormatt à l’ouverture définitivement figée à 50. Tout cela est un peu vrai mais pas seulement. Il convient de nuancer. Ne le répétez-pas ce photographe, est un poète, amoureux des visages, des lieux et des mots. Un amoureux des livres  qui ne pouvait que s’arrêter un jour dans notre Bibliothèque humaniste comme s’arrêta naguère Alberto Manguel que d’admirables textes relient  aux lumineuses photographies de Bernard Plossu dans le livre que l’association des Amis de la Bibliothèque vient d’éditer il y a quelques semaines. Oui, Bernard Plossu, ce voyageur migrateur tel qu’il se définit parfois, a trouvé le chemin de Sélestat, non pas seulement grâce à la médiation amicale et persuasive de Philippe Lutz mais parce, que je le cite « La photographie c’est une disponibilité au hasard et le hasard ne vous arrive pas par miracle, le hasard… on a le hasard presque qu’on mérite, au bout de pas mal de temp  d’aller partout. Il vous arrive des choses et c’est pour cela que j’aime bien dire qu’on ne prend pas de photos mais que les photos vous prennent. » Qu’est ce qu’un hasard  qu’on mérite, si ce n’est la bibliothèque humaniste. Beaucoup disent la connaitre mais qui la connait vraiment ?<br />
Comme pour la cène ou la communion, on s’y prépare longuement, humblement. On se dépouille du superficiel pour ne garder que l’essentiel, on s’allège du superflu, on est tel le myste qui entre dans le mystère, on fait silence, on s’ouvre. Et on accède, comme Bernard Plossu, non pas au temps arrêté mais au non temps. « Comme les brefs moments de silence – je le cite encore- que l’on trouve dans la musique du Moyen-Orient » Car que nous donne à voir Bernard Plossu de cette Bibliothèque à laquelle nous fûmes tant attachés ? Non pas un moment de son histoire, mais un écho qui continue à faire résonance. Merci à lui et à son immense talent pour avoir su susciter en nous, une fois encore,  les vibrations immobiles et silencieuses de la Bibliothèque humaniste de Sélestat. Dût il encore en rougir, je le citerai une dernière fois : «  On ne prend pas une photographie, on la voit et on la partage avec les autres. » C’est à ce partage, chers amis, que je vous convie maintenant.</p>
<p style="text-align: justify;">Gabriel Braeuner, 6 novembre 2015</p>
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		<title>Laudatio Nicolas Mengus à l&#8217;Académie d&#8217;Alsace (  17 octobre 2015)</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Oct 2015 08:42:54 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Si Nicolas Mengus était un numéro, ce qu’à Dieu ne plaise, il serait pour un temps furtif le numéro 426, soit le nombre de ses écrits depuis 1989 où il dessinait pour l’Inquisiteur qu’éditait alors l’association des étudiants en histoire &#8230; <a href="https://www.histoires-alsace.com/laudatio-nicolas-mengus-a-lacademie-dalsace-17-octobre-2015/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.histoires-alsace.com/laudatio-nicolas-mengus-a-lacademie-dalsace-17-octobre-2015/mengus/" rel="attachment wp-att-583"><img class="alignleft size-full wp-image-583" alt="mengus" src="http://www.histoires-alsace.com/wp-content/uploads/2015/10/mengus.jpg" width="540" height="381" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Si Nicolas Mengus était un numéro, ce qu’à Dieu ne plaise, il serait pour un temps furtif le numéro 426, soit le nombre de ses écrits depuis 1989 où il dessinait pour l’Inquisiteur qu’éditait alors l’association des étudiants en histoire de l’université de Strasbourg. Mais au moment où je rédige ce texte, il aura certainement déjà changé de numéro. Il suffit, semaine après semaine, de le suivre dans l’Ami Hebdo dont il est le collaborateur depuis 2002 et le très fécond journaliste depuis lors, spécialiste reconnu, non seulement des châteaux-forts mais aussi des Malgré-Nous et de toutes les questions relatives à l’incorporation de force et des drames qu’elle entraina.<br />
Ce brillant médiéviste avait soutenu une thèse d’histoire en 1998 sur les sires d’Andlau au Moyen Age et était devenu très tôt un de nos excellents spécialistes  des châteaux forts, publiant dès 1994, entre autres, un article avec Jean-Michel  Rudrauf sur le château d’Andlau  -c’est-dire si ces deux se connaissent ! Qui ne se souvient parmi les historiens du très compétent et efficace secrétaire correcteur de la Fédération des Sociétés d’histoire pour le N.D.B.A  de 1994 à 2002 ? L’Ami hebdo lui confia en 2002 un dossier sur les Malgré-Nous, soit un domaine radicalement différent de celui dans lequel il excellait jusque-là. Le dossier fut excellent, l’Ami hebdo sut le retenir, il y est toujours. Ce journal est devenu, grâce à Nicolas,  incontournable sur cette page douloureuse de notre histoire. Lui-même s’est fait un nom sur le sujet. Nous connaissons le site qu’il anime sur ce thème, son dossier magazine en 2005 intitulé Comprendre … l’incorporation de force (magazine plus cd rom), les ouvrages publiés avec André Hugel, en 2007 et 2008 sur Les incorporés Alsaciens dans la  Waffen SS , et en 2010 ce livre connu de tous : Malgré nous ! Les Alsaciens et les Mosellans dans l’enfer de l’incorporation de force. Ce second pole d’intérêt n’a pas effacé le premier. Nicolas est toujours l’un de nos meilleurs spécialistes des châteaux forts en Alsace. L’Académie d’Alsace ne lui a-t-elle pas remis, ainsi qu’à son alter ego Rudrauf, le prix de la décapole, pour leur ouvrage à deux mains, sur les châteaux forts en Alsace en 2014 ?<br />
Mais bon sang ne sautait mentir, Nicolas est aussi un illustrateur, reprenant ainsi un flambeau familial où les artistes dessinateurs et peintres sont nombreux. Est-ce pour cela que nous l’avons vu collaborer, il y a quelques années, sur le château du Haut Koenigsbourg,  avec l’illustre Jacques Martin, l’équivalent d’Hergé et d’Edgar P. Jacobs, le père d’Alix et de Lefrang, celui de la Grande Menace, et de l’élégante mais inquiétante figure du mal, Axel Borg, suédois d’origine, surgi un jour de 1952, d’un manoir proche du Haut-Koenigsbourg, que Georges Bischoff et moi-même continuons, depuis des décennies de vénérer avec un zèle constant. Qui veut d’ailleurs saisir l’histoire antique et médiévale trouvera dans le dessin précis et surtout documenté de Jacques Martin un guide précieux et fiable. D’ailleurs, je vois apparaître de plus en plus d’articles signés Nicolas Mengus sur l’antiquité.  Il s’est placé sous de favorables auspices. Cette amplitude large dans laquelle il installe ses recherches, de l’antiquité à nos jours en passant par un vivant Moyen Age, ne pouvait échapper à notre académie. Il était temps qu’il nous rejoignît, bouclant ainsi une boucle, entamée il y a quelques années déjà, en 2000, quand sa thèse, sous la direction de Francis Rapp et de Georges Bischoff, Les sires d’Andlau au Moyen-Age fut publiée par la Société savante d’Alsace et primée par notre belle académie. Cher Nicolas Mengus, vous êtes ici chez vous !</p>
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